mercredi 29 septembre 2010

Rosa Montero - Instructions pour sauver le monde


Editeur : METAILIE - Date  de parution : 21/01/2010 -270 pages terribles...

Quatre personnages qui vont se croiser, se rencontrer et  se découvrir. Quatre personnages avec leurs maux et leurs souffrances… Matias, le chauffeur de taxi vient d’enterrer  sa femme emportée  par un cancer. Daniel, médecin urgentiste a perdu depuis  bien longtemps  la foi en son métier et en son couple qui n’en est plus qu’un  que par les apparences.  Il s’est inventé une vie différente  dans un jeu vidéo auquel il consacre tout son temps. Cerveau, l’ancienne professeure de renom se noie dans l’alcool dans un bar près de l’autoroute et Fatma, la beauté africaine,  vend son corps pour de l’argent.
J’ai tellement aimé ce livre qu’il m’est  difficile d’en parler!  Avec de tels personnages, on pourrait penser à une histoire basée sur les bons sentiments. Eh bien non,  ici la noirceur côtoie  le sublime et même si les personnages ressemblent plus à des gueules cassées  qu’à des héros,  l’espoir et la lumière  sont omniprésents en filigrane.  
Comment aller de l’avant ou plutôt comment ne pas reculer ?  Telle pourrait être la question que chacun des personnages se pose. Quatre personnages, quatre vies qui vont se heurter ou s’aider au hasard de la vie. Mais chacun garde le choix de sa destinée comme pour nous rappeler que nos tenons dans nos paumes les dés de nos vies…Vous racontez comment ils vont se rencontrer ou quelle sera la fin ?  non,  lisez- le livre....
Rosa Montero déroule une histoire  si prenante que j’ai eu du mal à lâcher ce livre.  Une histoire sombre, dure mais il en ressort un tel optimisme qu’au final on en  est imprégné !
Merci à Keisha pour ce livre voyageur vraiment terrible… Des liens vers d’autres billets sur le blog de Theoma.
Nous portons tous à l’intérieur de nous une ombre d’atrocité et une aspiratien à la beauté, et certaines personnes marchent sur le bord même du précipice sans savoir de quel côté elles finiront par tomber.

lundi 27 septembre 2010

Angélique Villeneuve - Grand Paradis

Editeur : Phébus - Date de parution : 19/08/2010 - 167 pages

À presque cinquante ans, Dominique, employée d’une fleuriste a l’impression de passer à côté de sa vie.  Elle qui s’est sentie  toujours différente découvre plusieurs photos   dans les affaires de sa mère décédée plusieurs années auparavant. Les  photos  représentent une certaine Léontine et l’un  des clichés la montre en pleine  crise d’hystérie. Il s’agit d’une photo  prise par le photographe Albert Londe qui travaillait avec le professeur Charcot à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Pour Dominique, Léontine n’est  autre  que son arrière grand-mère. En faisant des recherches aux archives de la Salpêtrière, elle veut comprendre et découvrir  ce qui a pu arriver à son aïeule.  
La quête de soi passe souvent par celle de sa famille surtout quand on hérite d’une maladie ou de la sensation d’être différent. Remonter le fil de la généalogie pour mieux se comprendre soi-même.  Dominique va immédiatement se sentir proche et surtout liée  à cette aïeule. Ce livre a trouvé de nombreux échos en moi. Car bien entendu, j’ai moi-même effectué cette quête dans le passé.  Des aïeuls, des maladies et des interrogations car bien souvent, la maladie n’avait pas d’étiquette. Les rapports  des archives décrits pas Dominique prennent à la gorge.
Devant ces  femmes malades soumises à des expériences médicales, j’ai eu la gorge nouée. Avec Léontine, les souvenirs de Dominique remontent : un père parti brusquement pour l’Amérique alors qu’elle n’était qu’une enfant. Un départ  que sa sœur aînée Marie lui a toujours imputé «  c’est à cause de toi, tu étais différente ».  De cette quête, Dominique sortira apaisée et  grandie…
L’écriture d' Dominique ( lapsus révalateur)  Angélique Villeneuve nous entraîne dans le monde intérieur de Dominique et dans ses jardins secrets.  C’est  beau et fort...
Une lecture qui m’a beaucoup touchée par le thème et l’écriture.
L’avis de Cathulu.
Et puis, il aurait existé une explication à l’écart, que je sentais réel, entre les autres et moi. J’étais différente, c’était une chose indiscutable. Sans doute, tous les enfants, à un moment de leur vie, se croient seuls de leur espèce. Pour moi, le moment c’était bien longuement étiré.

dimanche 26 septembre 2010

Alain Emery - Les petits devants

Editeur : du DOUAYEUL - Date de parution 2006 - 35 pages

Avec ce recueil de quatre nouvelles primées, Alain Emery  confirme qu’il est un grand nouvelliste. Ces nouvelles portent  sur des thèmes comme la vieillesse, les non –dits. Quatre nouvelles d’exception et  une écriture superbe !
Les chutes travaillées nous laissent le goût de nos faiblesses  ou nous font réfléchir. Difficile de rester indifférent à la lecture de la nouvelle les petits devants. Un homme  découvre d’où provient  la richesse de sa famille, une richesse au prix la dénonciation pendant la seconde guerre mondiale. Quelle sera sa réaction finale ?
Des nouvelles qui amènent  à se poser  bien des questions...
Un petit recueil et quatre pépites...

Mon grand-père est entré dans le grand monde en portant le dos, en plus de son fourbi d’orfèvre, une croix dont l’ombre le condamnait. Il lui a suffi de fuir les regards pour esquiver sa conscience. Piquer du nez sur ses  cailloux, travailler d’arrache-pied et laisser le labeur le patiner. Le temps a fait son œuvre. C’est devenu la faute de l’époque. Celle à pas de chance. Lui-même a fini par ne plus se souvenir. Les autres non plus. L’oubli est un cercueil capitonné.
Hélas, ce  recueil  a été édité  en un nombre  d’exemplaires limité, du même auteur, je vous conseille (fortement) de lire  Divines Antilopes.


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