jeudi 7 octobre 2010

Anne Delaflotte Mehdevi - Fugue

Editeur : Gaïa - Date  de parution : 28/08/2010 - 327 pages

Un jour de rentrée particulier pour Clothilde, tous ses enfants sont maintenant scolarisés. A 33 ans, diplômée en musique, elle réfléchit à ce qu’elle va pouvoir faire ou entreprendre. Mais l’école téléphone, Madeleine une de ses filles a fugué. Affolée, Clothilde la cherche  dans la campagne en criant son nom. Madeleine est  retrouvée saine et sauve  mais Clothilde y  a laissé sa voix. Elle consulte des spécialistes mais refuse le traitement d’injection de toxine botulique. Clothile se heurte à l’incompréhension de son mari, de son père et sa meilleure amie. Contre toute attente, elle arrive à chanter et Clothilde se découvre une passion pour le chant.
Voilà un très beau livre  que j’ai aimé !
Clothilde a une vie confortable : des enfants, un mari pilote de ligne jusqu’au jour où elle perd sa voix.  Clothilde est  la déclinaison de la femme sous tous ses aspects : mère, épouse et celle de femme qui veut vivre aussi pour elle. La perte de sa voix va lui permettre de s’investir dans le chant et d’y trouver du plaisir. Evidemment  son mari ne comprend pas sa décision : pourquoi s’invertir dans le chant au lieu de tout faire pour retrouver sa voix ?  Mais Clothilde  a décidé  de donner un autre sens à sa vie et le chant se révèle salvateur. Au fil des mois, Clothilde change et  s’affirme d’avantage. En arrière plan de ce livre, la musique est  omiprésente et j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre Clothide. Il s’agit d’un livre qui a  trouvé de nombreux échos en moi.  A travers les questions de Clothilde ce sont les interrogations qu’une femme peut se poser à un moment donné de sa vie.
Forcément, j’ai été touchée par Clothilde. Et l'histoire se  déroule dans une ambiance qui apporte  une forme de sérénité au lecteur.
Une très belle  découverte !
Merci à l’ami BOB et aux éditions Gaïa pour ce livre.

dimanche 3 octobre 2010

Nicole Versailles - Les dessous de table

Editeur : Memory Press- Date de parution : septembre 2010 - 159 pages

Nicole  Versailles a le sens de l’observation et une écriture bien trempée, c’est le moins que l’on puisse dire !
A travers ces  dix-huit nouvelles, elle enlève les masques d’apparat, elle  gratte le vernis  et nous dévoile la nature de ses personnages. Les dessous de table, un titre qui colle parfaitement à ce que l'on chache: la main d’une épouse qui  irait se poser sur le genou de son voisin et amant, des pieds qui se cherchent, une sandale enlevée dévoilant  un bas sale et troué…
Des textes courts, nets et précis où sous les gentils sourires, les regards bienveillants se cachent  des défauts, des envies … la nature humaine sous ses aspects les plus vils.
Pas de fioriture,  Nicole Versailles  joue avec les mots et dépeint l’arc en ciel des sentiments. Des nouvelles de qualité, un style vif… bref, du bonheur !
Nicole Versailles c’est également Coumarine et un blog petites paroles de Coumarine qui fêtera demain ses 6 ans d’existence !  

L'avis d'Antigone

Fragments poétiques

J'ai peiné aujourd'hui à l'atelier d'écriture de Gwen.

Elle nous a proposé un texte de Philippe Jacottet, extrait du recueil « Leçons »:
Une stupeur
commençait dans ses yeux : que cela fût
possible. Une tristesse aussi
vaste comme ce qui venait sur lui
qui brisait les barrières de sa vie
vertes, pleines d’oiseaux
lui qui avait toujours aimé son clos, ses murs
lui qui gardait les clefs de la maison

Avec comme consigne :  Imaginez que c’est un morceau de papier que vous avez trouvé par terre. Des fragments ont disparus, des lignes intercalaires ont été effacées. Amusez-vous alors à reconstituer le texte dans son entier. Vous avez le droit de prolonger les vers, d’ajouter des lignes entre celles qui existent, mais par contre, vous devez garder la structure du poème et les vers doivent rester disposés tels qu’ils sont là. C’est à vos mots de s’adapter à ce cadre.

La poésie n'est pas mon fort, je vous laisse juger du résultat :


Une stupeur le frappait. Un coup violent s’enfonça dans sa poitrine le laissant abasourdi. Le panorama des images de sa vie commençait dans ses yeux : que cela fût réalisé aussi vite le rendait furieux. Le dégoût l’assiégeait à la vue de ce qui avait été avant sa maison. Un foyer  qui était imprégné de souvenirs  De ses mains, il y avait posé chaque pierre. Autant de soirées et de week-end-end passés à monter des cloisons, à faire la plomberie,  Il en était fier et dans les yeux de sa femme, il trouvait réconfort et admiration. Ils auraient pu être heureux, la maison se serait remplie de rires d’enfants, elle aurait résonnée de bonheur.  Le jour où son entreprise congédia du personnel, son nom était inscrit  dans le  lot de ceux qui se retrouvent sans lendemain. Il fit son possible. Même si l’emploi ne courait pas les rues dans la région, il répondait aux quelques offres avec espoir.  Puis, lentement et sournoisement, la mélancolie fit son effet. Le matin, il se levait avec  peine, le regard vide. Une tristesse aussi apparue car leurs économies  étaient au plus bas. Ce fut les huissiers et leur pouvoir vaste comme ce qui venait sur lui qui brisait les barrières de sa vie vertes, pleines d’oiseaux lui qui avait toujours aimé son clos, ses murs lui qui gardait les clefs de la maison. A présent, il regardait  sa maison occupée par d’autres personnes. Une balançoire dans le jardin, de nouveaux rideaux aux fenêtres, des rosiers fraîchement mis en terre, tous  ces éléments étaient la preuve que ce n’était plus sa demeure. Immobile sur le trottoir d’en face, il comprenait qu’une page de sa vie venait de se tourner.
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