dimanche 31 octobre 2010

Nathalie de Broc - La tête en arrière

Éditeur : Diabase - Date de parution : 20/05/2009 - 89 pages

Une enfant est confiée en  pension à Tantine. Sa mère Thérèse vient la voir le dimanche. Une mère absente, difficile à cerner et aux amours tumultueux. L’enfant grandit avec  ce désir d’être plus proche de Thérèse et la quête  de connaître son père.  
Dès que j’ai commencé  ce livre, la femme de l’allemand de Marie Sizun m’est  revenue en mémoire. Impossible d'ailleurs de ne pas penser à cette auteure car on retrouve cette même écriture. Un style ciselé, des mots tout en pudeur. Ici, les thèmes sont à peu près identiques : une mère fantasque et une enfant qui cherche à connaître la vérité. Le personnage de la Tantine m’a touchée. Elle s’occupe avec amour de la petite mais celle-ci le dimanche fait tout pour intéresser Thérèse.  Mais, Thérèse dort généralement.  En grandissant, la fille discerne mieux la personnalité de sa mère mais elle n’a toujours pas de nom pour son père. 
Mon bémol : la fin m'est apparue un peu précipitée..
Je pense que j'aurai apprécié davantage ce livre si je n’avais pas déjà  lu la femme de l’allemand. Dommage.
L’écriture  de Nathalie de Broc est belle, sensible et touchante…Une jolie découverte !
Merci à Fransoaz pour ce livre voyageur, le billet d’Yvon.
Tantine se levait en tirebouchonnant se serviette, elle si soigneuse de son repassage, retournait dans la cuisine. Un jour, je l’y avais suivie après la même scène et l’avais retrouvée, immobile devant un faitout, les deux mains appuyées à la cuisinière, ses larmes tombant dans le pot-au-feu. J’avais eu honte de ma cruauté.

samedi 30 octobre 2010

Sylvia Tabet - l'Atelier rouge

Éditeur : Editions-dialogues - Date de parution : 28/10/2010 - 128 pages

New-York, une nuit de novembre. Un  homme caché dans un coin d’une pièce peinte en rouge observe une scène. Le peintre Markus Rothko vient de se suicider  à ses côtés  se trouve Nicolas de Staël. L’homme tapi n’est autre que Romain Gary  qui va raconter l’échange improbable de ces deux hommes.
Un huis clos entre fiction et réalité baigné dans les confidences et mettant en scène trois personnages importants. La rencontre  de ces deux peintres Mark Rothko et Nicolas de Staël et un observateur Romain Gary qui revient sur sa vie. Les deux hommes Mark Rothko et Nicolas de Staël parlent peinture, bien entendu, mais surtout ce qu’ils veulent faire passer à travers leurs toiles. La conversation  tourne aussi au désaccord mais s’engage sur des terrains plus intimes : des enfances fracassées, la mère patrie la Russie. Ils ne sont pas forcément d’accord sur les Maitres mais Matisse les réunit.
Romain Gary parle de  son remords de n’avoir été  qu’un aviateur médiocre « Un jour à Londres, Le Général m’a dit quelque chose du genre : «  ne vous inquiétez pas Gary, vous savez bien que ce sont toujours les meilleurs qui partent ». Ma médiocrité ainsi posée, je ne risquais pas, à l’avenir, d’être fier de mes activités d’aviateur. Sans rire : grâce à mon héros le Général de Gaulle (…) toute fierté m’était désormais  interdite ». Une souffrance pour cet écrivain qui évoque certains de ses livres : « comme ce père, dans Les enchanteurs, ce père rêvé qui me prenait dan ses bras la nuit lorsque, enfant, j’avais peur. » L'écrivain se dévoile et c’est un homme avec ses blessures et ses peines qui apparaît.
J’ai beaucoup aimé l’introspection de Romain Gary. On sent un travail de l’auteure pour  s’approprier ce personnage. Bien que ma culture en Art est limité (oui, je le dis) , cet échange entre ces deux peintres est beau. On comprend que la peinture vient du plus profond de leurs entrailles. L’écriture possède une musicalité qui accentue l’atmosphère des confidences.  J’ai lu, j’ai écouté ces hommes qui se mettent à nu.  
Une agréable  découverte que je dois aux Editions Dialogues (et à Charles Kermarec qui m’a convaincue de le lire).

vendredi 29 octobre 2010

Annie Lemoine - Amusez-vous

Editeur : FLAMMARION - Date de parution : 17/10/2010 - 127 pages et 28 pages de photos

Claire, presque quarante ans. Un divorce. Deux enfants. Une escapade au bord de la mer en solitaire qui prend une couleur imprévisible et bouleverse sa vie.
Cette quatrième de couverture m’a attirée. Un thème prometteur, un portait de femme … tout ce j’aime ! Mais non, cette histoire m’est apparue un peu surfaite comme si l’auteure  était restée en surface des personnages, des sentiments.  J’ai essayé de trouver un point d’ancrage mais non…Une histoire qui ne m’a rien apportée, un sentiment de déjà vu et je suis restée sur ma faim. Les rencontres de Claire lors de son week-end me sont apparues peu crédibles comme la fin.
Un livre trop court et l’envie de dire à l’auteur « creusez, n’ayez pas peur de fouiller au plus profond de vos personnages  ».
L’écriture est agréable mais je suis restée insensible à cette lecture.
Ce livre comporte des photos d’hôtels illustrées par quelques lignes. C’est ce que j’ai préféré, ces photos où  le fictif peut tresser  des histoires…
L’avis beaucoup plus  enthousiaste de Stephie
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