mercredi 3 novembre 2010

Qui veut gagner des places de ciné?

Qui veut gagner des places de ciné pour aller voir le film « L’homme qui voulait vivre sa vie » ? »
On remercie WayToBlue qui  met en jeu 4 places pour deux personnes. Donc 4 gagnants qui pourront aller au ciné avec la personne de leur choix (conjoint, voisin, amant, amie…). C’est pas beau la vie ?
Non, on ne crie pas « moi, moi »  derrière son écran, il faut répondre à quelques questions( faciles) par commentaire.
1-      Qui est l’auteur du livre dont est tiré le film ?

A- Douglas Kennedy

B- Guillaume Musso

C- Bibi…

2-      Qui est l’interprète masculin ?

A-  Gérard Depardieu

B-  Un anonyme croisé dans la rue

C-  Romain Duris

3-      Vers quel métier va se tourner  l’homme qui voulait vivre sa vie ?
A-  Peintre
B-  Photographe
C-  Marin-pêcheur

Le tirage  au sort  aura lieu  vendredi soir à 20h00, les places sont valables uniquement en France. 


Jeanne Benameur - Les mains libres

Éditeur : Gallimard - Date Parution : 12/01/2006 - 157 pages

Mme Lure est une femme que l’on ne remarque pas. Veuve, elle vit dan son appartement où chaque chose est sa place. Prisonnière de ce qui l’entoure. Elle rêve, elle voyage par procuration grâce aux brochures touristiques. Un jour, au supermarché, elle remarque un jeune homme qui vole. Elle le suit. Lui c’est Vargas, un homme qui vit dans un campement de fortune. Un des  hommes que l’on appelle gitan.  
Après  les demeurées,  ce livre a été lui aussi une grande claque ! Un livre d’une beauté rare et magnifique ! Mme Lure s’est mariée comme on dit « oui » à quelqu’un qui demande un service. Elle dépoussière les livres de son défunt mari sans jamais les ouvrir. Les affaires de Monsieur Lure étaient à lui. Elle garde une distance vis-à-vis de ces objets, souvenirs de sa vie à lui. Elle n’en est pas propriétaire. Son plaisir est de voyager, découvrir des pays dans les brochures. Une photo et elle s’évade, elle rêve.  Sa rencontre avec Vargas est le début du changement de sa vie. Elle décide de laisser la poussière se déposer, elle a désormais les mains libres.  Elle a rompu ses liens invisibles. Vargas lui aussi va donner une autre orientation à sa vie grâce à cette rencontre. Malgré la barrière de la langue, ils se comprendront, s’aideront à travers des gestes et des silences aussi puissants que les mots.
Jeanne Benameur sait donner toute leur quintessence aux mots. Sous sa plume, ils deviennent plus forts, donnent leur vrai sens. Son écriture ciselée se boit, une écriture où l’économie des mots donne une force au texte. Je suis sortie de cette lecture  comme « habitée » de   ces mots…
Un coup de cœur !
L’avis de Géraldine toute aussi subjuguée…
Si l’appartement de monsieur Lure l’a si bien gardée ; si l’espace relié, organisé, a si bien joué son rôle ; si elle a été, elle, ce point ordonné, seul mobile parmi les autres ; elle sait qu’elle n’a rien tissé. Jamais. C’est l’évidence. Elle a juste retenu. Quoi ?Les mains de madame Lure sont ouvertes sur ses genoux. La lumière a baissé. On ne peut pas dire que ses mains reposent. Non. Elles sont ouvertes, simplement. Deux tortues sur le dos. La paume nue, fragile désormais parce qu’elle a caressé. Des mains qu’on ne peut plus refermer. Ces mains là qui ont pris, rangé, serré ces mains-là ne pourront jamais plus rien faire comme avant.

Dino Buzzati - Un amour

Éditeur : Robert laffont - Date de parution : 07/10/2010 - 372 pages

Antonio Dorigo, quinquagénaire et architecte  distingué de Milan se rend à son habitude chez Mme Ermelina. Mme Ermelina est tenancière d’un bordel. Elle lui propose une nouvelle fille prénommée Laïde. Elle est une prostituée et il en tombe amoureux fou. Laïde joue avec lui comme une marionnette. Bien  qu’il en ait conscience, il tombe dans les affres et les turpitudes de l’amour aveugle.
Ah, Dino Buzzati, j’ai découvert cet auteur avec ses nouvelles « le K », inutile de chercher le billet,  je l’ai bien lu avant mon blog et ce livre avait été un coup de cœur.
Antonio se rend chez Mme Ermelina, partagé  entre ses principes et la facilité de l'amour :  "quelle chose merveilleuse que la prostitution, pensait Dorigo. Cruelle, impitoyable, dévoreuse de filles. Et pourtant combien merveilleuse. On hésitait à croire que des possibilités de cette sorte pussent exister dans le monde d’aujourd’hui, tellement réglé, policé, fade. Un rêve devenu réalité, d’un coup de baguette magique, pour vingt mille lires."
Jamais, il n’aurait pensé tomber amoureux d’une prostituée. C’est contre ses principes. Mais, Laïde l’a comme envoûté. Antonio subit cet  amour passionnel. Il est jaloux,  exclusif. Tourmenté, il tente de se défaire de cet amour qui le ronge. Elle le manipule, il est sa chose.  Il essaie de ne plus la voir. Il sait qu’il est mené par le bout du nez mais Laïde l’obsède : "prisonnier d’un amour fou et trompeur, le cerveau ne lui appartenant plus, Laïde y avait pénétré et lui desséchait le lui mangeait."
On suit  Antonio se débattre comme une abeille au fond d’un pot de confiture. Il s’embourbe, ne vit  que pour Laïde. Elle s’amuse et fait des caprices, il cède, ne sait pas refuser et l’entretient. A la différence d’un livre sur un amour passionnel impossible, ici le thème de la  prostitution est omniprésent en filigrane.  Certaines pointent  à l’usine, Laïde fait commerce de son corps.
Antonio trouvera-t'il la paix ? Je ne vous le dirai pas…
J’aime l’écriture de Dino Buzzati qui une fois de plus  a fait mouche.  Dans ce livre, l’amour y est décrit sous sa forme la plus forte, la plus violente et  sous son aspect lucratif. La prostitution  aurait pu être sale, dégoûtante, rien de tel ici.
Un livre à la fois troublant et  beau !
Merci à l’ami BOB et aux éditions Robert Laffont pour ce livre.
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