Éditeur : Albin michel- Date de parution : 18/08/2010 - 480 pages
Dakota du Nord, Pluto, une petite ville bâtie fin du XIX siècle très près d’une réserve indienne. Des familles s’y sont installées, les Hommes blancs sont venus avec leur religion et lorgnent sur les terres indiennes. 1911 : une famille entière de fermiers est tuée sauf le bébé. Les différences entre les deux communautés seront les plus fortes, les têtes de trois indiens se balanceront au nœud d’une corde. Seul Mooshum n’a pas été pendu. Pourquoi ? Les habitants et leurs descendants doivent vivre avec ce drame. Les questions, les mensonges drapés de secrets enveloppe cette tragédie sans que le vrai coupable ait été trouvé.
Roman polyphonique par excellence, le livre s’ouvre sur l’année 1966. Evelina aime écouter les histoires de son grand-père Mooshum. Tour à tour, plusieurs personnes de différentes familles prennent la parole. Astucieusement construit, on suit des personnes au début de la naissance de Pluto et leurs descendances. Un prédicateur illuminé et sa femme Marn, un juge, un médecin, une équipe de géomètres partis en reconnaissance… Tous sont liés par le sang ou par des secrets. Le récit n’est pas linéaire, on remonte le fil du temps puis on revient à Evelina qui découvrira la vérité. Au fil des années, le brassage de communautés aura lieu car il y est question également d’amour, de trahisons et de remords.
Il s’agit d’un livre dense, foisonnant sur le poids de la culpabilité des générations, des différences entre deux communautés et la peur de l’autre qui amène à la folie.
J’ai lu ce livre en apnée totale… Une fois commencé, je n’ai pas pu le lâcher. L’écriture est limpide et Louise Erdrich dirige magistralement ses personnages comme un chef d’orchestre. Un roman magnifique!
Les billets de Kathel et de Keisha qui renvoient à d’autres chroniques.
Je remercie les éditions Albin Michel pour ce livre.
Ce livre peut voyager jusqu'à chez vous ... inscription par commentaire ou par mail.
jeudi 4 novembre 2010
mercredi 3 novembre 2010
Qui veut gagner des places de ciné?
Qui veut gagner des places de ciné pour aller voir le film « L’homme qui voulait vivre sa vie » ? »
On remercie WayToBlue qui met en jeu 4 places pour deux personnes. Donc 4 gagnants qui pourront aller au ciné avec la personne de leur choix (conjoint, voisin, amant, amie…). C’est pas beau la vie ?
Non, on ne crie pas « moi, moi » derrière son écran, il faut répondre à quelques questions( faciles) par commentaire.
1- Qui est l’auteur du livre dont est tiré le film ?
A- Douglas Kennedy
B- Guillaume Musso
C- Bibi…
2- Qui est l’interprète masculin ?
A- Gérard Depardieu
B- Un anonyme croisé dans la rue
C- Romain Duris
3- Vers quel métier va se tourner l’homme qui voulait vivre sa vie ?
A- Peintre
B- Photographe
C- Marin-pêcheur
Le tirage au sort aura lieu vendredi soir à 20h00, les places sont valables uniquement en France.
Jeanne Benameur - Les mains libres
Éditeur : Gallimard - Date Parution : 12/01/2006 - 157 pages
Mme Lure est une femme que l’on ne remarque pas. Veuve, elle vit dan son appartement où chaque chose est sa place. Prisonnière de ce qui l’entoure. Elle rêve, elle voyage par procuration grâce aux brochures touristiques. Un jour, au supermarché, elle remarque un jeune homme qui vole. Elle le suit. Lui c’est Vargas, un homme qui vit dans un campement de fortune. Un des hommes que l’on appelle gitan.
Après les demeurées, ce livre a été lui aussi une grande claque ! Un livre d’une beauté rare et magnifique ! Mme Lure s’est mariée comme on dit « oui » à quelqu’un qui demande un service. Elle dépoussière les livres de son défunt mari sans jamais les ouvrir. Les affaires de Monsieur Lure étaient à lui. Elle garde une distance vis-à-vis de ces objets, souvenirs de sa vie à lui. Elle n’en est pas propriétaire. Son plaisir est de voyager, découvrir des pays dans les brochures. Une photo et elle s’évade, elle rêve. Sa rencontre avec Vargas est le début du changement de sa vie. Elle décide de laisser la poussière se déposer, elle a désormais les mains libres. Elle a rompu ses liens invisibles. Vargas lui aussi va donner une autre orientation à sa vie grâce à cette rencontre. Malgré la barrière de la langue, ils se comprendront, s’aideront à travers des gestes et des silences aussi puissants que les mots.
Jeanne Benameur sait donner toute leur quintessence aux mots. Sous sa plume, ils deviennent plus forts, donnent leur vrai sens. Son écriture ciselée se boit, une écriture où l’économie des mots donne une force au texte. Je suis sortie de cette lecture comme « habitée » de ces mots…
Un coup de cœur !
L’avis de Géraldine toute aussi subjuguée…
Si l’appartement de monsieur Lure l’a si bien gardée ; si l’espace relié, organisé, a si bien joué son rôle ; si elle a été, elle, ce point ordonné, seul mobile parmi les autres ; elle sait qu’elle n’a rien tissé. Jamais. C’est l’évidence. Elle a juste retenu. Quoi ?Les mains de madame Lure sont ouvertes sur ses genoux. La lumière a baissé. On ne peut pas dire que ses mains reposent. Non. Elles sont ouvertes, simplement. Deux tortues sur le dos. La paume nue, fragile désormais parce qu’elle a caressé. Des mains qu’on ne peut plus refermer. Ces mains là qui ont pris, rangé, serré ces mains-là ne pourront jamais plus rien faire comme avant.
Inscription à :
Articles (Atom)

