mardi 9 novembre 2010

Tag des 15 auteurs

Sabbio m’a proposé ce tag : 15 auteurs qui me tiennent à cœur.
Adolescente, j’ai lu Agatha Christie et Colette. Deux femmes admirables à mes yeux. Il y 9 ans, la maladie a fait son apparition. 4 ans après, c'était  la mise en invalidité et le sentiment d’être sur la touche. La lecture est devenue ma bouée. J’aime Anna Gavalda pour ses livres et pour nos échanges. Jean-Louis Fournier m’a fait comprendre qu’on pouvait rire de l’handicap pour mieux le vivre. Je l’en remercie. J’aime me plonger dans les univers de Sylvie Germain et de Dominique Mainard. Les écritures de Marie Sizun et de Jeanne Benameur me coupent le souffle. Même si nous ne sommes pas de la même génération, je trouve beaucoup d’échos dans les livres d’Annie Ernaux . Lire et  relire, pour le plaisir et la saveur des mots,   les instants croqués de Philippe Delerm. Guillaume de Fonclare a écrit ce livre sur  la maladie où je me suis retrouvée. Bouleversant de vérité et si juste. Philippe Claudel et Olivier Adam sont deux incontournables à mes yeux. Maupassant, toujours et encore, avec ses nouvelles qui n’ont pas pris une ride. Et pour terminer une femme. Fatou Diome  avec son phrasé musical. Une femme engagée par ses écrits et d’une humanité, d’un partage sincère qui vient du cœur…Et zut, j'oubliais Delphine de Vigan, ça fait 16!
Je ne désigne personne … ce tag étant sur tous les blogs ! Qui veut y répondre prend la relève.

Cynan Jones - Longue sécheresse

Éditeur : Joelle Losfeld - Date  de parution : 14/10/2010 - 131 pages

Avertissement : ô toi le lecteur qui affiche un air de dégoût à la simple évocation  d’une bouse de vache (oh mon dieu, quelle horreur), passe ton chemin…
Quand Gareth se lève, il s’aperçoit qu’une des vaches  a disparu. Gareth est fermier et sa famille vit dans l’ancienne maison de son père. Il part à travers champ à la recherche de la vache et c’est un tout un panel de réflexions, de souvenirs qui lui viennent à l’esprit.
Ce livre aurait pu s’intituler une journée à la campagne... Pas la campagne bucolique et de jolies filles aux  robes fleuries assises à l’ombre d’un pommier. Non, ici c’est l’autre côté du décor : la ferme, les animaux et les contraintes. Gareth se pose des questions sur l’avenir et le présent, remontant  le fil de la mémoire. La vie de son père et ses choix lui  viennent régulièrement à l’esprit. Il est préoccupé : sa femme Kate s’éloigne de lui, son fils montre peu d’intérêt pour la ferme. Il  y a sa fille, Emmy, une enfant douce et attachante. Pour Kate, il s’agit de l‘heure des remises en question sur sa vie de femme. Le tout regorge de descriptions sur les animaux, la nature. Pour avoir passé du temps dans les fermes quand j’étais enfant, ce sont autant de souvenirs qui ont ressurgi. Je me suis attachée  aux questions que se pose Gareth  sur l’avenir. Ce sont des questions que j’ai déjà  entendues, des préoccupations que connaissent beaucoup de fermiers. Tout n’est pas rose …
Une lecture qui sent les meules de foin, la terre  labourée et qui, vous le comprendrez,  a trouvé des échos en ma personne …
J’ai aimé suivre Gareth et  Kate. Un livre où l’humilité envers la nature est omiprésente.
Il pense aux souvenirs de son père  qu’il lit le soir pour s’aider à s’endormir. Pour introduire des sons dans le calme. Et combien c’est long et difficile à comprendre, parfois ; le dictionnaire n’a  pas les mots qu’il ne connait pas : il doit jeter des passerelles de sens, ça et là. Comme s’il descendait une rivière en marchant sur des pierres. Il préfère les appeler des souvenirs, car « mémoires » est trop majestueux, trop factice.
Merci à l’ami BOB et aux éditions Joëlle Losfeld pour ce livre.

lundi 8 novembre 2010

Claire Castillon - Je prends racine

Éditeur : Livre de poche - Date de parution : 2003 - 189 pages

Cécile Valette  est secrétaire de direction. L’employée modèle  qui fait ses heures, qui ne distille pas de vils commentaires sur les autres. Le soir, après sa journée de travail, elle retrouve son chat et sa télé. Précision : Cécile Valette est ce que l’on appelle "une vieille fille" (terme qui me déplait d’ailleurs). Elle cherche et elle veut  le grand amour. Et même si ses parents  lui téléphonent  tous les jours, les coups de blues arrivent fréquemment  compensés par  des allers-retours  au  frigo.  Cécile est  trop "pas assez" : pas assez belle, pas assez entreprenante…
Vous verriez mes yeux, vous comprendriez que j’ai  adoré ce livre ! Car si Cécile ne froisse jamais personne et  ne commère pas, ses pensées vagabondent  de la gentillesse à la méchanceté.  Elle qui adore les animaux, se montre aigre, douce, maladroite,  jalouse  (mais sans l’avouer), attachante  et une  éternelle fleur bleue. Sauf qu’à prendre ses rêves pour la réalité, Cécile  fantasme et pas qu’un peu. Alors oui, c’est piquant de vérité et on oscille entre rire, sourire et désillusions.  Je n’ai pas lu ce livre, je l’ai dévoré !
La quatrième de couverture indique "Dans ce roman pathétique et drôle, on retrouve le style si particulier de Claire Castillon, intense, poétique, plein de folie et de fureur douce". Et c’est vrai ! Car au fond de nous, on voudrait que sa quête au  bonheur voit le jour. Claire Castillon nous fait danser une gigue sans temps mort, la tête tourne, on est étourdi, on s’amuse et … on tombe. Pas de happy end...mais une fin qui fait très mal.
Un coup de cœur ! Après insecte, il s'agit encore d'un sans faute !
Ah oui, à déconseiller aux grincheux qui trouveront prétexte à dire que personne ne peut avoir l'avoir l'idée ou l'envie d’envoyer tout valdinguer (les parents compris ).
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