mercredi 10 novembre 2010

Ian McEwan - Sur la plage de Chesil

Éditeur : Gallimard/Collection Folio - Date de parution : 21/01/2010 - 178 pages sublimes...

Angleterre, 1962, Edward et  Florence se retrouvent seuls après leur mariage célébré le jour même. Dès le dîner, les peurs de Florence remontent à la surface. Violoniste promue à une grande carrière, elle redoute le moment de la nuit de noces. Edward  pressé de découvrir enfin le corps de sa belle  accumule les maladresses.
Si j’ai lu ce livre c’est grâce à Canel et je l’en remercie ! Il s’agit d’un coup de cœur, d’un livre magnifique! Nous sommes au début des années 1960, Edward et Florence sont deux jeunes gens instruit et pourvus d’une éducation stricte.  Le mouvement de libéralisme sexuel qui commence juste à naître leur est  inconnu. Ils arrivent tous  les  deux vierges et sans expérience pour leur nuit de noces. En une année, ils ont juste échangé  quelques baisers timides. Florence éprouve une répulsion, un dégoût des contacts physiques avec Edward. Elle repousse le moment où ils vont devoir se retrouver dans leur chambre à coucher. Edward est impatient mais il a peur de décevoir sa jeune femme. Le malaise est palpable. Tout le récit est jalonné de leurs souvenirs.  Présent  et passé alternent  avec brio. On découvre qu’ils viennent de deux classes sociales différentes, on suit  leur enfance, leur première rencontre, la demande en mariage. Bien qu’Edward ait tenté des approches physiques, Florence a toujours fui. Et l’on se rend compte qu’ils se connaissent très peu .Florence ne sait que peu de choses sur les relations sexuelles. Elle est tétanisée par la peur. Edward se montre tendre puis plus insistant. La tension monte en crescendo. J’ai retenu mon souffle tout au long de ce récit me demandant comment aller se passer leur nuit de noces.  Elle sera écourtée … je n’en dis pas plus.
J’ai été frappée par le manque de petits gestes de tendresse, de gaité, de passion qui généralement enflamment les amoureux. Ian Mc Ewan nous révèle tout de ces deux jeunes gens et l’on se rend compte que l’absence de communication entre eux a été un frein invisible.
L’écriture est sublime, ciselée, un vrai régal ! Un sans faute sur toute la ligne!
Les billets de Manu et de Canel ( tentatrice).
Edit de 10h15 : plein d'autres billets et d'avis différents chez l'ami BOB : Keisha, BelleSahi, Kathel, Brize, ...
Qu’est ce qui les arrêtait donc ? Leur personnalité et  leur passé,  leur ignorance et leur peur, leur timidité, leur pruderie, leur manque d’aisance, d’expérience ou de naturel, vestiges des interdits religieux, leur anglicité, leur classe sociale, et même le poids de l’Histoire. Trois fois rien.

mardi 9 novembre 2010

Tag des 15 auteurs

Sabbio m’a proposé ce tag : 15 auteurs qui me tiennent à cœur.
Adolescente, j’ai lu Agatha Christie et Colette. Deux femmes admirables à mes yeux. Il y 9 ans, la maladie a fait son apparition. 4 ans après, c'était  la mise en invalidité et le sentiment d’être sur la touche. La lecture est devenue ma bouée. J’aime Anna Gavalda pour ses livres et pour nos échanges. Jean-Louis Fournier m’a fait comprendre qu’on pouvait rire de l’handicap pour mieux le vivre. Je l’en remercie. J’aime me plonger dans les univers de Sylvie Germain et de Dominique Mainard. Les écritures de Marie Sizun et de Jeanne Benameur me coupent le souffle. Même si nous ne sommes pas de la même génération, je trouve beaucoup d’échos dans les livres d’Annie Ernaux . Lire et  relire, pour le plaisir et la saveur des mots,   les instants croqués de Philippe Delerm. Guillaume de Fonclare a écrit ce livre sur  la maladie où je me suis retrouvée. Bouleversant de vérité et si juste. Philippe Claudel et Olivier Adam sont deux incontournables à mes yeux. Maupassant, toujours et encore, avec ses nouvelles qui n’ont pas pris une ride. Et pour terminer une femme. Fatou Diome  avec son phrasé musical. Une femme engagée par ses écrits et d’une humanité, d’un partage sincère qui vient du cœur…Et zut, j'oubliais Delphine de Vigan, ça fait 16!
Je ne désigne personne … ce tag étant sur tous les blogs ! Qui veut y répondre prend la relève.

Cynan Jones - Longue sécheresse

Éditeur : Joelle Losfeld - Date  de parution : 14/10/2010 - 131 pages

Avertissement : ô toi le lecteur qui affiche un air de dégoût à la simple évocation  d’une bouse de vache (oh mon dieu, quelle horreur), passe ton chemin…
Quand Gareth se lève, il s’aperçoit qu’une des vaches  a disparu. Gareth est fermier et sa famille vit dans l’ancienne maison de son père. Il part à travers champ à la recherche de la vache et c’est un tout un panel de réflexions, de souvenirs qui lui viennent à l’esprit.
Ce livre aurait pu s’intituler une journée à la campagne... Pas la campagne bucolique et de jolies filles aux  robes fleuries assises à l’ombre d’un pommier. Non, ici c’est l’autre côté du décor : la ferme, les animaux et les contraintes. Gareth se pose des questions sur l’avenir et le présent, remontant  le fil de la mémoire. La vie de son père et ses choix lui  viennent régulièrement à l’esprit. Il est préoccupé : sa femme Kate s’éloigne de lui, son fils montre peu d’intérêt pour la ferme. Il  y a sa fille, Emmy, une enfant douce et attachante. Pour Kate, il s’agit de l‘heure des remises en question sur sa vie de femme. Le tout regorge de descriptions sur les animaux, la nature. Pour avoir passé du temps dans les fermes quand j’étais enfant, ce sont autant de souvenirs qui ont ressurgi. Je me suis attachée  aux questions que se pose Gareth  sur l’avenir. Ce sont des questions que j’ai déjà  entendues, des préoccupations que connaissent beaucoup de fermiers. Tout n’est pas rose …
Une lecture qui sent les meules de foin, la terre  labourée et qui, vous le comprendrez,  a trouvé des échos en ma personne …
J’ai aimé suivre Gareth et  Kate. Un livre où l’humilité envers la nature est omiprésente.
Il pense aux souvenirs de son père  qu’il lit le soir pour s’aider à s’endormir. Pour introduire des sons dans le calme. Et combien c’est long et difficile à comprendre, parfois ; le dictionnaire n’a  pas les mots qu’il ne connait pas : il doit jeter des passerelles de sens, ça et là. Comme s’il descendait une rivière en marchant sur des pierres. Il préfère les appeler des souvenirs, car « mémoires » est trop majestueux, trop factice.
Merci à l’ami BOB et aux éditions Joëlle Losfeld pour ce livre.
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