mercredi 24 novembre 2010

Jean-Marie Gourio - Les nouvelles brèves de comptoir

Éditeur : Points- Date de parution : 12/11/2010 - 406 pages

Que ce soit le café du coin, l’estaminet ou le bar, on discute au comptoir. Pourquoi va-t’on prendre son café au zinc? C’est pour parler ! Accoudés au comptoir, on discute du temps, de la politique ou de l’actualité. On défait le monde et le refait. Devant un café  ou un verre, les langues se délient. Et vous, vous en pensez quoi ? Chacun donne son point de vue, phrases spontanées ou réfléchies.
Des citations pleines de sens,  de contre-sens ou de non sens,  des phrases qui viennent droit du cœur,  des pensées intimes ou des mots drôles. On sourit, on rigole ! Car oui, le  zinc  est un lieu social d’échanges ! Et, j'aime ses paroles, ses conversations de monsieur ou de madame-tout-le-monde attrapées en plein vol.
Autant de perles qui font travailler les zygomatiques ou qui prêtent à la réflexion. Un très bon moment de détente !
Pour tirer les élèves vers le haut, le mieux, c’est les cheveux !
Quand on est incinéré, on peut plus se retourner dans sa tombe.
Quand on bosse de nuit, c’est le jour qui tombe et la nuit qui se lève.
Le ciel y a des nuages et c’est tout, c’est du désert…
Le Ricard, c’est plein d’oméga 3.
Je regarde la Messe à la télé, et pour la communion, je prends un Tuc.
Les médailles d’or, ça vaut plus rien, on en donne même aux camemberts.
Et une dernière :
Les cafés, ça devrait être classé  réserves naturelles ! ( et je dis oui!)

Je remercie les éditions Points pour ce livre.

mardi 23 novembre 2010

Kettly Mars - Saisons sauvages

Éditeur : Mercure de france - Date de parution : 04/02/2010 - 295 pages

Haïti, les années 1960 : c’est l’heure du règne de Duvalier et de ses tontons macoutes. Un dictateur qui élimine ceux et celles qui se mettent en travers de son chemin. Daniel Leroy, rédacteur en chef du principal journal d’opposition et communiste est arrêté. Sa femme Nirvah cherche des informations sur son mari. Elle obtient  un rendez-vous avec le secrétaire d’Etat à la Sécurité publique : Raoul Vincent. Celui-ci tombe sous son charme. Fort de sa position, il obtient d’elle qu’elle devienne sa maitresse. Nirvah ne veut que protéger son mari et ses enfants… mais à quel prix ?
Ce livre s’ouvre sur le rendez-vous entre Nirvah et de Raoul Vincent. Un bref entretien pour que celui-ci intervienne auprès de Duvalier en faveur de son mari. Le personnage de Raoul Vincent est tout ce qu’il y a de plus abject. Un homme odieux qui jouit de son pouvoir pour posséder ce qui lui fait envie. Nirvah est une belle femme à la peau presque blanche. Le secrétaire d’Etat subjugué met en place un chantage. Qu’elle devienne sa maîtresse et il verra ce qu’il peut faire pour son mari. Nirvah accepte.  Son but est de protéger ses  deux enfants Marie et Nicolas, jeunes adolescents et obtenir la clémence pour son mari. Mais avec cet homme, elle prend un plaisir inattendu dans leurs relations sexuelles. Il y a le regard des autres, les sous-entendus, elle doit aussi se battre contre cela. Nirvah n’oublie pas son mari, loin de là. Ce sacrifice de son corps est pour lui. En découvrant le journal intime de son  mari, elle va de surprise en surprise. Raoul Vincent veut plus, il s’immisce dans la vie de famille de Nirvah. Il veut être proche de ses enfants et les "avoir " physiquement. On prend une gifle magistrale…
Tenue en haleine,  j’ai  même osé espérer une issue favorable. J’ai suivi Nirvah la gorge serrée d’émotions. J’ai compris cette femme et ses choix. Une femme qui se sert de son corps comme moyen d’échange. Raoul Vincent et le pouvoir qu’il incarne sont sordides et répugnants.
Kettly Mars ose briser bien des silences avec ce roman sur la condition des femmes dans un régime totalitaire.
Un livre dur, bouleversant mais magnifique ! Une lecture dont on ne sort pas indemne… vous êtes prévenus.
J'ai rejoint le club de maîtresses de macoutes, de celles qui jouissent de privilèges évidents mais qui connaissent aussi la précarité de leur position dans cette Haïti où le pouvoir joue sans cesse à une macabre chaise musicale. Après être  passée par de douloureuses phases de détresse, jai arrêté d'avoir honte, de fuir le regard des autres, de me torturer, de me condamner.

lundi 22 novembre 2010

Sylvain Tesson - Une vie à coucher dehors

Éditeur : Folio- Date de parution : 14/10/2010 - 206 pages

15 nouvelles dépaysantes ! Sibérie, glens écossais, Mer d’Egée, Géorgie, Pays de Galles  ou la pointe Finistère (un peu moins dépaysant, je vous l’accorde), voilà les lieux où se jouent ces scènes de vie. On passe de la mer aux montagnes, on se promène également dans l’Histoire.
Avant de lire ce recueil, j’ai juste envie de vous dire : prenez votre sac de couchage et en route !  
Des nouvelles au goût de voyage, étonnantes  non par la chute mais par le contenu. Des textes où la nature est présente. Si bien décrite qu’on s’y croirait ! On entend le vent souffler, on imagine la mer démontée, les naufrages, les grandes plaines…. Et pour compléter (ou gâcher) le tableau, l’Homme. L’Homme souvent vaniteux, fat ou qui se croit  supérieur. Il arrive qu’il fasse repentance comme dans Les porcs ou alors que la Nature donne la leçon.  La première nouvelle L’asphalte donne le ton de ce recueil.  J’ai enchaîné ces textes avec plaisir et avidité ! Car l’écriture est belle, elle possède  un  style qui fait penser aux récits d’aventure. Et puis, il y a ces phrases relevées ou qui en disent tant : « l‘enfer, ce n’est pas les autres, c’est quand ils vivent trop près ». Une mention spéciale pour La statuette et  Le bug qui plairont, j’en suis certaine,  à tous les hommes qui ont tendance à sous estimer les femmes…
Du bonheur à consommer sans modération ! S’en priver serait un péché…
Un grand merci à Livraddict et à Folio pour ce partenariat !
L’odeur du goudron brûlant macéré dans les seaux de bois le galvanisait. Le fumet du progrès avait un goût de chair brûlée.
En Russie, la société mettait quarante ans à passer l’éponge sur vos crimes. C’était long, mais ensuite, c’était plus rentable que l’absolution des péchés sous les bulbes orthodoxes.
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