lundi 6 décembre 2010

Rebecca Miller - Les vies privées de Pippa Lee

Éditeur : Points - Date de parution : 25/11/2010 - 305 pages


Pippa, une femme sans histoire agée de cinquante ans,  et son mari Herb, un célèbre éditeur de trente ans son aîné, s’installent  dans une résidence de luxe pour retraités.  Leurs amis ont du mal à comprendre ce choix. Pippa rencontre son voisinage où elle fait figure de jeunette. Peu après leur arrivée, Pippa est prise de somnambulisme.  La voilà qui se lève la nuit pour faire des choses insensées. C’est l’occasion pour elle de faire un point sur sa vie… et quelle vie ! La surface propre et lisse se fissure et éclate. C’est une autre  Pippa, bien loin du  cliché conforme, qui apparaît...
Il s’est passé quelque chose d’inattendu avec ce livre. Au début, je n’étais pas emballée. J’ai eu l’impression d’avoir à faire à un personnage de feuilleton ou de série américaine. La résidence, les voisins, Pippa qui prépare les repas …. Une écriture trop délayée à mon goût allant jusqu’à donner  la composition des menus. J’avoue avoir failli abandonner ma lecture !

Sauf qu’il y a eu le déclic lorsque Pippa remonte le cours de sa vie. Et là, un vrai tourbillon, j’ai tourné les pages avec enthousiasme ! Car pour devenir une femme attentionnée, quasi-parfaite, Pippa a mis en  sourdine son passé. A entasser les souvenirs, le volcan  s’est réveillé. Et tout surgit : une mère shootée aux amphétamines, des relations mère-fille houleuses, difficiles qui se transmettent d’une génération à l’autre. Et Pippa qui a tenté de briser ce cercle avec sa fille. Evidemment, je ne raconte pas tout sinon il n'y a plus d'intérêt...
C’est vif ! L’écriture se fait  plus  concise comme pour mieux frapper le lecteur.  On est surpris de découvrir Pippa sous un autre jour. Et, bonus, jusqu’à la dernière page, les rebondissements surgissent.
Une lecture  qui s’est révélée finalement  agréable et juteuse même s’il m’a manqué ce petit plus au niveau de l’écriture.
Les avis de Cathulu et d'Antigone qui ont aimé. Pour l’Or des chambres, c’est un abandon.

dimanche 5 décembre 2010

La vie rêvée

Aujourd'hui chez Gwen, nous faisons place à nos rêves d'enfant. Ou plus exactement à la vie que nous rêvions d'avoir. Danseuse, bergère, hôtesse de l'air.. tout est permis!

Je m'en suis tenue à que je voulais faire étant enfant...

Sur les bancs de la fac de médecine, j’étais en  décalage à côté de ceux qui rêvaient de faire une spécialité comme chirurgie plastique pour le salaire.  Qu’importe, mon diplôme en  poche, j’allais enfin sauver le monde.  Je m’étais préparer à voir la misère mais quand  je l’ai vu de mes propres yeux, je n’y croyais pas. Des campements de fortune, des familles n’ayant plus rien ou presque. L’odeur, les pleurs des enfants,  des hommes et des femmes  fatigués. Las, exténués. Il fallait soigner  ceux qui pouvaient l’être avec les moyens du bord. Et le plus dur, voir la faim et la malnutrition. Autant de ventres et d’esprits tenaillés par la faim du matin au soir. Le premier soir, j’ai pleuré. J’ai hurlé de désespoir. Comment allais- je faire ?  Je puisais des forces à la vue d'un enfant  avalant une ration ou dans les yeux de leurs mères qui exprimaient la reconnaissance. Je me suis souvent sentie démunie. Avec l’impression de vider à la petite cuillère l’océan ou comme si mon travail était vain.  Mais j’ai continué. Je n’ai pas eu à voyager dans d’autres pays pour être médecin dans l’humanitaire. Non, j'ai exercé en France.

Milena Agus - Quand le requin dort

 Audiolib - 21 avril 2010- Lu par Audray D'Hulstère

La famille Sevilla-Mendoza est Sarde. Une famille bien loin des portraits lisses sur papier glacé. Le père n’est presque jamais présent, il passe son temps à courir par monts et vaux à  aider les plus démunis de la planète. Une mère  mélancolique, mal à l’aise dans sa vie qui peint. Un frère qui se réfugie dans la musique. Et la  narratrice, jeune fille adolescente. Elle a une relation avec un homme marié. Un homme qui lui fait exécuter tous ses fantasmes sadiqueset à qui elle elle obéit.
Les clichés de la famille traditionnelle éclatent en mille morceaux avec Milena Agus ! Et c’est le moins que l’on puisse dire… Si vous cherchez de la guimauve, juste un conseil : passez votre chemin.
Une famille non "conforme" où le père semble plus préoccupé par le sort des autres que par sa femme et ses deux enfants. La mère est si fragile que l'on dirait qu'elle est perdue dans la vie. La narratrice nous confie ses pensées, ses espoirs et ses déceptions. C’est dur, violent quand elle aborde sa relation sado-masochiste. Une jeune fille qui se cherche, un peu naïve, mais qui rêve du  vrai bonheur. On aurait pu avoir un livre très sombre du début à la fin. Mais non. Car y a aussi des éclaircies, des joies simples mêmes fugaces qui apparaissent.  
Et, je me suis prise des paquets d’émotions en  pleine figure. L’écriture de Milena Agus possède une poésie qui me transporte à chaque fois. Des  personnages fracassés ou qui vivent la tête dans les étoiles mais  qui sont toujours très attachants.
J’ai trouvé ce livre plus troublant que Mal de pierre ou que Battement d’ailes.
C’est la deuxième fois que j’écoute un livre et quel plaisir ! J’ai ressenti cette lecture comme si les mots s’engouffraient dans mon corps et en prenaient possession. L’écoute donne une puissance supplémentaire aux émotions…
Un grand merci à Audiolib !
Les billets de Leiloona,Mango, Stephie, Lancellau, Gambadou 

J’écris des histoires, parce que quand le monde ne me plaît pas, je me transporte dans le mien et je suis bien.
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