dimanche 26 décembre 2010

Fabrice Colin - La vie extraordinaire des gens ordinaires

Éditeur : Flammarion - Date de parution : 02/09/2010 - 328 pages

Vingt et une nouvelles et un fil conducteur, le narrateur. Vingt et une tranches de vies peu courantes de personnes rencontrées aux quatre coins du globe par un homme qui a voyagé. Cet homme et sa rencontre avec l’auteur forme elle aussi une nouvelle car en fait, rien n’est banal.
En préface, Fabrice Colin nous explique qui a écrit ce livre. Ce n’est pas lui mais un homme hospitalisé, malade qui se savait condamné. Cet homme a bourlingué pour  chercher à rencontrer des gens qui ont vécu des choses extraordinaires. Il a écrit chacune de ces histoires et à demander à Fabrice Colin d’en faire un livre.  Le premier récit où il est question d’un chasseur de nuages m’a un peu désarçonnée. Eh oui, car le fantastique, le surnaturel ou l’irrationnel rentrent en compte dans la vie de certains de ces personnes. Et puis, il y a ceux et celles dont l’existence a été modifié ou qui ont changé leur perception de la vie. Une jeune fille qui a perdu son ticket de loto gagnant, un surfeur  âgé qui attend la vague, celle qu’il voit en rêves depuis des années.  Chaque rencontre est différente, une surprise en  soi !
J’en ai aimé plus que d’autres, certaines m’ont fait sourire comme l’homme qui est roi d’un mini-royaume, d’autres m’ont émue. Libre à chacun d’y croire ou non.  
Toutes ces personnes nous délivrent un message sur la vie et on ne peut être que réceptif ...
Etre heureux, ça s’apprend sans réfléchir.

jeudi 23 décembre 2010

Fausser la réalité

21/12
Rendez-vous chez le coiffeur.  Je n’ai pas de salon de coiffure  attitré. J’aime changer pour ne pas prendre des habitudes et rester une cliente quelconque. La jeune femme me demande « vous êtes en vacances ? ». Nos regards se croisent  par le jeu du miroir. Avec cette question, elle m’offre  la possibilité sans le savoir de m’inventer une autre vie le temps de quelques minutes.  Je peux dire ce que je veux. Mentir, fausser la réalité. Une question simple qui prend l’allure d’une perche tendue vers d’autres existences.  Je réponds « oui » mais je ne soutiens plus son regard. J’ai baissé les yeux…Fin de la conversation.

22/12
Comme chaque année, le marché de Noël occupe la place de la liberté. Baraques en bois et vendeurs de barbe à papa et autres douceurs sucrées. Des chapelets de famille sur trois générations, des grappes d’ado parsèment la  place dans le grincement métallique des manèges. On y vient pour croquer des pommes d’amour, bouches rouges et poisseuses, ou tout simplement pour flâner. Mais les enfants sont là pour le père Noël. Juste avant de gagner mon arrêt de bus, j’observe un couple et son petit garçon qui s’y rendent. Avant de s’enfoncer dans cette masse joyeuse, le petit garçon s’arrête. Il glisse sa main de celle de son père et court vers le père Noël. Un père Noël en bon uniforme et qui de surcroit joue de l’accordéon. L’enfant le regarde, admiratif. Le père arrive et lui dit « non, ce n’est pas le vrai père Noël ». Les mains continuent de jouer des notes qui s’envolent dans le ciel. L’enfant ne semble pas comprendre. Le père insiste « regarde, le père Noël  est là bas ». Tous les trois  rejoignent le marché de Noël. Prendre une photo de son enfant devant ce père Noël ? Non mais, n’y pensez- pas ! Un père Noel qui flotte dans son costume. Pas de ventre rebondi ou de joues rouges mais des pommettes saillantes et  un regard perdu dans le vague.  Hors de question ! Sans compter la coupelle en fer usée où quelques pièces de monnaie gisent….Ca ferait désordre dans l’album de famille.

Annie Ernaux - Les années

Éditeur : Gallimard - Date de parution : 14/01/2010 - 254 pages

Extrait de la quatrième de couverture :Au travers de photos et de souvenirs laissés par les événements, les mots et les choses, Annie Ernaux nous fait ressentir le passage des années, de l'après-guerre à aujourd'hui. En même temps, elle inscrit l'existence dans une forme nouvelle d'autobiographie, impersonnelle et collective.
Je crois que cet extrait de la quatrième de couverture résume on ne peut mieux ce livre. Et quel livre ! A partir d’une première photo sépia qui représente un bébé en 1941 à  des photos de famille qui jalonnent sa vie, Annie Ernaux nous livre une chronique sociale et culturelle de notre pays. La facilité  aurait été de s’en tenir  à des faits historiques et  politiques. Elle va beaucoup plus loin étayant ce récit d’une multitude de détails. La France après guerre, les classes moyennes, le changement des mentalités, la soif de consommation et surtout la place de la femme. Des femmes ayant accès aux études, qui travaillent et qui ont des enfants mais aussi le droit à l’avortement. Son parcours n’est plus personnel, le « je » s’efface et fait place  à  « on », « nous ».  Une narration représentant le chemin de  femmes et  d’une génération.  L’histoire personnelle de l’auteure se glisse à travers les années.  Cette lecture ouvre les portes de notre mémoire et des souvenirs que je croyais oubliés ont surgi… L’écriture percute, on revit  tous ces changements si nombreux effectués en quelques dizaines d’années.
Une fois de plus et bien qu’en étant plus jeune qu’Annie Ernaux, je me suis retrouvée dans ce livre sur bien des points. Un livre indispensable qui m’a fait vibrer … Je pense que ce livre s’adresse à tout le monde car  il s’agit d’une autobiographie collective.
Le progrès était dans l’horizon des existences. Il signifiait le bien-être, la santé des enfants, le savoir, tout ce qui tournait le dos aux choses noires de la campagne et à la guerre. Il était dans le plastique et le Formica, les antibiotiques et les indemnités de la sécurité sociale, l’eau courante sur l’évier et le tout- à-l’égout, les colonies de vacances, la continuation des études et l’atome. Il faut être de son temps, disait-on à l’envi, comme une preuve d’intelligence et d’ouverture d’esprit.
Merci à Canel qui m’a offert ce livre, il y a bien des mois. J’ai attendu de le lire mais j’ai profité de chaque mot de ce livre….. et un de moins dans ma PAL ! Alors qu'est ce qu'on dit Antigone?
De nombreux avis chez l'ami BOB

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