jeudi 30 décembre 2010

Louise Erdrich - La chorale des maîtres bouchers

Éditeur : Livre de poche - Date de parution : 16/05/2007 - 568 pages

1918, Allemagne. De retour du front, Fidelis, jeune soldat, décide de partir s’installer en Amérique. Il possède un peu d’argent mais surtout une valise remplie de couteaux de bouchers et de saucisses car dans sa famille, on est boucher de père en fils. Il se pose à Argus, dans le Dakota du Nord. A force de travail, il parvient à monter sa propre affaire et à faire venir sa femme et son fils d’Allemagne.

Voilà comment débute ce roman riche et foisonnant. Car l’histoire de Fidelis, de sa femme Eva et ses quatre garçons se poursuit jusqu’en 1950. Loin d’être uniquement centrée sur cette famille, il y également Delphine et Cyprian qui présentent des numéros de cirque, sillonnant le pays. En revenant à Argus où le père de Delphine vit toujours, ils y resteront. Delphine va s’occuper de son père Roy, alcoolique notoire, et nouera une amitié forte avec Eva. Le couple qu’elle forme avec Cyprian est atypique. Delphine est avec Fidelis un pivot central de ce roman. La boucherie de Fidelis prospèrera mais Argus n’échappera pas à la Grande Dépression. Puis, la Seconde Guerre Mondiale alors que deux des fils de Fidelis sont retournés en Allemagne. Tout au long du livre, les blessures et les plaies morales de la Première Guerre Mondiale hantent Fidelis et jalonnent le récit. Il y a autant de personnages secondaires comme Tante, femme aigrie venue d’Allemagne, Clarisse, l’amie d’enfance de Delphine qui travaille dans les pompes funèbres, Un-Pas-et-Demi la clocharde un peu inquiétante qui font la diversité et la richesse de ce roman. Bien plus qu’une saga familiale inscrite dans la Grande Histoire, c’est l’histoire de toute une communauté et j'ai vécu un immersion totale ! J’ai été emballée, conquise et j’avais presque envie de dire voilà un vrai bon roman ! Sauf que les cent cinquante dernières pages me sont apparues un peu trop rapides et moins étoffées que le reste. Dommage...il n’empêche que j’ai passé un superbe moment de lecture !

Merci à Sylire de m’avoir offert ce livre,  je vais aller lire le billet de Théo (du blog Blogoculture) avec qui nous en avons fait une lecture commune.

mardi 28 décembre 2010

Jeanne Benameur - Laver les ombres

Éditeur : Actes sud - Date de parution : 15/08/2010 - 157 pages sublimes...

Léa, 38 ans est chorégraphe et  danseuse. La danse c’est sa vie et le moyen pour elle de maintenir un équilibre. Mais, quelque chose au plus profond d’elle même l’empêche de s’investir dans sa relation avec Bruno. Sa mère l’appelle, dit qu’elle aura quelque chose à lui dire. Malgré la  tempête qui s’annonce, Léa rejoint Romilda dans sa maison près de la mer.
Après Les Demeurées et Les mains libres , quel bonheur de retrouver l’écriture d’orfèvre de Jeanne Benameur ! Des phrases courtes, concises, des mots portés à leur apogée par cette écriture ciselée. Onze tableaux pour partager, découvrir Léa, sa mère et Bruno. Léa se sert de son corps comme créateur d’émotions par la danse. Maîtrise absolue des mouvements pour atteindre la perfection. Mais, Léa craint de vivre pleinement son amour avec Bruno. Lui qui  fixe dans l’immobilité de la peinture les expressions.  Quand il lui demande de poser pour lui, Léa s’enfuit. En parallèle, entre passé et présent,  l’histoire de Romilda apparait. La honte qu’elle éprouve est un fardeau. Elle a décidé de tout raconter à Léa. Mère et  fille vont se retrouver, elles qui sont distantes et si liées. Romilda va confier son lourd secret à sa fille et lui dévoiler l’autre facette de son père.
Je n’en dirai pas plus… Les mots au cœur de la tempête vont trouver leur place et permettre à Léa de comprendre. Admirable…
Une fois de plus, j’ai vibré à la lecture de ce roman. J’ai relu certains passages par pur plaisir …Un coup de cœur !
D’autres avis chez l’ami BOB.
Danser c’est se trouver, seule, à croisée du vertical et de l’horizontal. C’est la seule place qu’elle, Léa, sait tenir.
Elle imagine. De toute sa force, elle imagine. Dans le corps de sa mère, elle pénètre, elle se lève. Elle insuffle la danse. Parce que la danse, c’est ça. C’est toujours ça, des corps qui se relèvent.

lundi 27 décembre 2010

Georges Perros- Papiers collés

Éditeur : Gallimard - Date de parution : 02/08/1999 - 216 pages

Quatrième de couverture :
Volontairement, paresseusement, éperdument, Georges Perros note. Bribes et morceaux ; fulgurations, colères, angoisse, apaisement, selon l'humeur, la lecture, le lieu, bref comme tout le monde vit : par moments, par éclairs, par éclats.
«... Pour ne rien perdre de cette incessante lecture, tout m'est bon - bouts de papier, souvent hygiénique, tickets de métro, boîtes d'allumettes, pages de livre. J'en suis couvert.» D'où aujourd'hui ces papiers distribués, collés, un livre - la chambre de l'esprit, mais à travers laquelle passe cet air de fête ou ce vent fou qui les a fait se détacher de la vie.
Comment et pourquoi  avoir lu cet auteur? Parce que mon chanteur chouchou ( c'est à dire Miossec... pour ceux et celles qui l'ignorent encore) s’en inspire pour écrire certaines de ses chansons. Lors de ses concerts, il fait souvent référence à cet auteur venu s’installer  à Douarnenez. Papiers collés ce sont  ce sont autant de réflexions, de pensées sur l’homme, l’amour, la vie… Autant vous  dire tout de suite que j’ai aimé ! Cette écriture m’a séduite et le contenu m’a comblée!
Saisir l’instant présent  et l’écrire, Georges Perros l’a fait avec brio. Ce qui donne cette  précision dans la concision des mots.  J'ai picoré ces petites phrases couchées au gré des humeurs, alchimie qui donne toute une originalité à ce livre.  Du sérieux au gai, de l’ironie à l’amour. On y réfléchit à ces mots griffonnés qui interpellent ou qui font sourire ! Que demander de plus ? Le deuxième et le troisième volume de ces papiers collés…tout simplement.
Le bonheur est un devoir, etc. Et  puis quoi, encore ?
Aucun peintre n’a pris la mer.
L’ écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. De là sa magie, sa divine hérédité. Au comble du malheur de n’être plus aimé, sans qu’il y ait faute de part et d’autre, le seul acte d’ écrire qu’on n’est plus aimé soulage un peu (…)
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