lundi 10 janvier 2011

Ian McEwan - Délire d'amour

Éditeur : Gallimard - Date de parution : 05/01/2001 - 395 pages longues, très longues...

Joe et sa compagne Clarissa sont témoins d’un accident de montgolfière alors qu’ils s’apprêtaient à pique-niquer. Joe aidés d’autres personnes va tenter de mettre fin à la course folle de l’engin. Malheureusement, l’accident sera mortel. Il fait la connaissance de  Parry présent lors du drame. Ce dernier lui voue sur-le-champ un amour irraisonné qui tournera très vite à l’obsession.
Changement d’année mais pas changement de résolution : « je ne fais pas des tartines quand je n’ai pas aimé ». Après Sur la plage de Chesil, cette lecture été une douche froide ! Autant le dire tout de suite, je n’ai pas aimé , je me suis ennuyée et  j’ai même failli abandonner      
Joe est un  scientifique dans l’âme et par son métier.  Au moment de l’accident, Parry lui dit qu’il pourrait prier pour encaisser ce choc. Mais surtout, Parry se prend d’un amour obsessionnel pour lui.  Il le surveille, l’observe, lui écrit. Harcelé, Joe met Clarissa au courant. Mais elle ne le croit guère. Joe doute, s’interroge sur bon nombre de questions. Et  voilà comment je me suis retrouvée noyée par une quantité monstre et faramineuse de détails, par des considérations et réflexions à caractère scientifique. Je me suis demandée où j’allais à part à un désintérêt total. Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages. Joe et Clarissa se révèlent assez indifférents l’un à l’autre. Je pensais qu’il y aurait des révélations sur le passé de Parry qui expliqueraient peut-être cette folie. Eh bien non…Même si ce livre traite  de sujets  qui m’intéressent, l’ensemble s’est retrouvé englouti dans les longueurs et les digressions de Joe. Avec beaucoup de soupirs,  je suis quand même parvenue à la fin de ce livre. Bref, une déception !
C'était une lecture commune avec Canel  et Mara. Et, miracle ! Ce livre rentre dans le cadre du challenge voisins-voisines ( ouf!)

dimanche 9 janvier 2011

Les loukoums de mémé

Ah, Philippe Delerm et ses textes délicieux ! Gwen  a détourné quelques titres du recueil  "la première gorgée de bière et autres plaisirs  minuscules". A nous de composer …
Je repartais de chez ma mémé avec le poids  de mon mensonge. Puis, je ressortais de ma poche mon malabar tout durci que je mâchais allègrement pour oublier ma culpabilité.
Mon enfance est liée aux  parties de foot avec les copains et aux malabars. Mais, le mercredi après-midi, après avoir couru vaillamment derrière le ballon en me prenant pour Michel Platini,  je passais voir ma mémé. Rituel du mercredi invariable. Mémé m’attendait. A peine avais je sonné, qu’elle m’ouvrait la porte : « Ah, mon petit, dépêche-toi, rentre vite ». Elle me serrait contre elle et le nez enfoui dans jupe, je profitais de ses rondeurs si réconfortantes. Mémé me relevait le menton et détectait à coups sûr l’odeur du malabar. Pourtant, je prenais soin avant de le cracher dans son papier d’emballage  et de le fourrer dans ma poche.
-Oh toi, tu as encore mangé de ces cochonneries ! Je t’ai déjà dit que c’était fait avec les boyaux des animaux ? Non ?!
Eh oui, Mémé, tu me le serinais mais je n’en avais cure.
-Viens-ici, regarde ce que j’ai acheté. Des loukoums ! Et  des vrais qui viennent de chez Monsieur Ali en  bas.
Je regardais mémé en m’efforçant de sourire.  Monsieur Ali était l’épicier du coin où les loukoums trônaient devant la caisse enregistreuse. Alors, quand Monsieur Ali était occupé à peser trois oranges, on passait un doigt sur les loukoums pour récolter la fine pellicule sucrée.
Mémé attendait que je me serve.  Je revoyais tous ces doigts, sales ou qui avaient trainé dans les nez de mes camarades s’échouer sur les loukoums.
J’aimais ma mémé et  la gorge serrée, j’en prenais un. Je me forçais à le manger pour lui faire plaisir. Elle m’observait fière et remplie d’amour.
-Tu es un bon petit, toi ! Allez reprends en un autre, tu es tout maigrichon, va !
-Tu sais, mémé que maman ne serra  pas contente si j’en mange un autre car tout à l’heure je n’aurai pas faim pour le dîner.
-Ah, tu as raison…
Je mentais à ma mémé car un de mes copains m’avait confié un secret. Son grand-frère léchait avec sa langue les loukoums de Monsieur Ali ! D’imaginer cette langue remplie de salive provoquait une réaction de haut le cœur de la part de mon estomac.

Rengaine de saison

28/12
Un homme sort du bureau de tabac. En grande conversation, il parle de mètres de fils en élargissant les bras. Il est sur son petit nuage, un sourire de satisfaction à ses lèvres. Son interlocuteur l’écoute. Dubitatif. De quoi peut-il donc parler ? Des guirlandes installées sur sa maison et dans son jardin. Mais attention, ni dix ni trente ampoules. C’est Monsieur B. dont on parle dans le journal local et au mieux à la télé au journal régional. La consécration. Pour Noël, il transforme l’extérieur de sa maison en Las Vegas miniature. Ca clignote de partout. Vert, rouge, bleu… attention, on s’en prend plein la vue. Il y a même des gens qui se déplacent chaque année pour admirer et prendre en photo son décor lumineux. Alors oui, il est fier Monsieur B.. Noël c’est son heure de gloire. Une préparation entreprise des mois avant. Consciencieux,  il met un point d’honneur à varier ses décorations d’une année sur l’autre. Dans l’article qui lui est consacré dans le journal, il dira qu’au départ c’était pour faire  plaisir à ses enfants. Et qu’au  fil du temps, c’est devenu une passion. Si l’on veut,  pour terminer en beauté, on rajoutera  que c’est sa façon de remplacer les noëls qu’il n’a pas eu. Par contre, motus et bouche cousue sur sa femme qui  ne supporte plus de l’entendre parler de ses guirlandes.  Pareil pour ses enfants qui ont grandi et qui trouvent ça ridicule. Mais bon, l’important c’est de se faire plaisir. C’est ce qu’on dit…

05/01
Bonne année, meilleurs vœux…Rengaine de saison. C’est la période, on en distribue et  on reçoit à la pelle. Gratuitement et même de personnes qu’on ne connait pas. Dans un commerce où j’ai mis les pieds pour la première fois, la vendeuse a ajouté à son au revoir traditionnel  « et bonne année ! ». Elle y a mis du cœur et elle souriait. Alors, oui, je les prends ces vœux même s‘ils ne sont pas pensés ou authentiques.  Parce que si je ne les entendais pas ces mots,  qu'est ce que je ferais?  Eh oui, je bougonnerais le cœur serré.  Tronqués ou sincères, je préfère les entendre finalement. Et tant pi si l’employée de la boulangerie me propose pour la cinquième fois le calendrier.
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