jeudi 20 janvier 2011

Valérie Zenatti - Les âmes sœurs

Éditeur : Points - Date de parution : 13/01/2011 - 157 pages

S’offrir ou plutôt voler une journée pour souffler. C’est ce que fait Emmanuelle. Une mère de trois enfants qui jongle entre les horaires d’école, la crèche, les tâches ménagères  et son travail.  Prise par la lecture de son roman, elle décide de faire une pause le temps d’une journée. Rien que pour elle.
Emmanuelle est une femme comme tant d’autres, surmenée et surchargée qui a l’impression de ne pas voir le bout du tunnel par moment. Un matin au lieu de se rendre à son bureau, elle téléphone  et prétexte qu’un des enfants est malade. Elle a devant elle plusieurs heures  avant de récupérer les enfants. Une coupure pour souffler, du temps pour flâner comme bon lui semble dans les rues de Paris et lire. Emmanuelle est très touchée par l’histoire de Lila Kovner, une jeune photographe à qui la mort  a arraché l’homme qu’elle aimait. Et, le livre s’intercale dans le récit. Lila Kovner se raconte dans un roman très intimiste. Enfance, jeunesse, les  relations avec ses parents et son métier qui l’a conduite dans des villes où les guerres font rage. Cette lecture lui remémore son amie Héloïse décédée à la suite d’un cancer et le vide qu’elle a laissé. Ce vide s’ajoute à celui qui l’habite depuis son enfance. L’absence d’une mère décédée trop jeune. Entre lecture, réflexions et rêveries, Emmanuelle fait en quelque sorte le point sur sa vie. Et, sa lecture va lui permettre d’avancer, de reconsidérer son bonheur. Quand Emmanuelle évoque ce qu’elle ressent, il y a des passages qui m’ont fait vibrer ! L’amitié, la complicité d’Emmanuelle et d’Héloïse sont tout simplement belles. Et, la fin est inattendue.
J’ai trouvé que certains points étaient survolés, que tout ne s’emboîtait pas forcément à la perfection. Comme s’il manquait quelque chose ou que l’histoire de Lila Kovner était en trop. Mais, les thèmes abordés et l’écriture de Valérie Zenatti  remplie de sensibilité m’ont touchée. Même si je  ne crie pas au coup de cœur, c'est une lecture que je conseille.
L’heure était venue de cesser de lutter, et d’accepter d’aller dormir quelques heures avant que le réveil la somme d’entamer une nouvelle journée, parce qu’elle n’avait pas le choix, on la poussait dans le dos, tous les jours, pour qu’elle avance sans y penser, pour qu’elle mène les siens en mer, puis à bon port. Chaque matin. Chaque soir.

mardi 18 janvier 2011

Dan Chaon - Cette vie ou une autre

Éditeur : Albin michel - Date de parution : 05/01/2011 - 403 pages

Par amour, Lucy, 18 ans, quitte le lycée pour suivre un professeur. Ryan part également  de chez lui pour s’installer chez son oncle Ray. Et enfin, Miles recherche son frère jumeau, schizophrène, disparu depuis 10 ans. Trois personnages qui ne se connaissant pas, totalement étranger les uns des autres. Mais leurs routes sont liées. Inextricablement.
Après avoir lu des avis très différents sur ce livre, j’ai eu envie de me faire ma propre opinion. Au début de ma lecture, j’ai eu un peu de mal à prendre mes marques. Trois personnages et trois récits non linéaires qui finiront par être un seul et un même. Evidemment, on se questionne, on se demande quel peut être le point commun entre Lucy, Ryan et Miles. Lucy part  avec son ancien professeur d’histoire George Orson. Amoureuse, elle s’en remet à lui mais quand il commence à se montrer plus mystérieux, la jeune fille perd ses repères. Ryan quitte ses parents et rejoint un oncle Jay dont il ne connait pas grand ‘chose. Ray lui révèle qu’il est son père. Ryan rompt définitivement les ponts avec son ancienne vie. Malgré les actes de folie dont son jumeau Hayden peut  être capable, Miles  est à sa recherche. Hayden  semble s’échapper des mailles du filet avec un facilité déconcertante. L’auteur distille au compte-goutte des informations et ça fonctionne. La curiosité est aiguisée et l’on veut en savoir davantage. Les personnalités se dessinent très lentement et on échafaude des théories. Et tel est  pris qui croyait prendre …Qui manipule qui et qui est qui ? Les pièces du puzzle s’emboîtent et les véritable  identités apparaissent au grand’ jour. Le point fort de ce roman  est la psychologie des personnages. Une psychologie  étoffée  et dont la densité prend toute son ampleur au fil des pages.
Hélas, j’ai trouvé qu’il y avait de nombreuses longueurs et que l'ensemble mettait du temps à prendre forme. Mon engouement a été freiné même si j’ai été menée en bateau.

Les avis très ( mais vraiment très) variés de l'accro des livres, Griotte,la livrophile,  MarieSandrine et Ys.

samedi 15 janvier 2011

Grégoire Delacourt - L'écrivain de la famille

Éditeur : JC Lattes - Date de parution : 12/01/2011 - 265 pages

À sept ans, Edouard écrit son premier poème. Quatre rimes qui se battent en duel mais la gloire vient de frapper.  C’est officiel ! Pour sa famille, il est écrivain. Deux ans plus tard, les mots ne viennent plus. Les années passent, sa famille s’effiloche et  son grand roman ne voit pas le jour. Edouard n’a peut être pas un talent d’écrivain mais les portes du monde de la publicité s’ouvrent à lui.  Celui qui était destiné à devenir un grand de la littérature porte son échec et écrit l’histoire des siens.
Plongeon dans les années 1970,  on respire la fumée des gitanes tandis qu'Edouard, 7 ans,  écrit un poème naïf. Quatre rimes bien pauvres lui valent d’être affublé du titre d’écrivain de la famille. Mais deux ans plus tard l'inspiration l'a déserté. Lui qui aime jouer avec les mots ne trouve plus de rime. Les disputes des parents sont fréquentes, son père côtoie la dépression depuis son retour de la guerre d'Algérie.  La vie continue malgré tout. Son père a refait sa vie,  son frère  emmuré dans son monde est placé dans un institut  et Edouard a toujours cette épée de Damoclès au-dessus de la tête.  Hélas, sans talent, il est bien difficile de devenir écrivain. Même si son "grand" roman n'est pas édité, Edouard réussit à se faire une belle place en tant que publicitaire.  
Le ton du récit change,  les jeux de mots et l’humour font place à plus de sensibilité. La famille d'Edouard se disloque un peu plus. Et lui, il essaie d'avancer malgré son mariage bancal et le poids de l'échec.La culpabilité de n'avoir pas été à la hauteur aux yeux de ses parents le ronge. Je n'en dis pas plus...

Une écriture limpide, entraînante  pour parler de ce qui fait mal et l'histoire de cette famille m'a "parlée" !  Le parcours d'Edouard est entaché de quelques erreurs et nous rappelle que nous en faisons tous. Seul petit bémol mais je titille,  j'ai trouvé qu'il  y avait trop de vrais slogans publicitaires ...

En conclusion, il s'agit d'un premier roman drôle mais surtout sensible et émouvant ! Un auteur à suivre de près ...
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