vendredi 28 janvier 2011

Sophie Bassignac - Dos à dos

Éditeur : JC Lattes - Date de parution : 12/01/2011- 233 pages

Fin août, une nuit du côté de Saint-Tropez. Dans la Villa des Roses, tout le monde dort lorsqu'Arnaud débarque sans prévenir chez ses parents qu'il n'a pas vus depuis longtemps. Arnaud, un beau gosse qui commet des vols. Quand ses parents, Gabriel et Esther,  l’apprennent, chacun réagit différemment. Esther, comme d’habitude, en protégeant son fils. Et Gabriel tourmenté mais aussi furieux, cherche à comprendre pourquoi.
On pourrait penser aux premiers abords que le personnage central est Arnaud. D’une certaine façon, oui et l’histoire gravite autour de lui. Arnaud est un fils de bonne famille : le père, Gabriel,  romancier de son état a décidé de ne plus écrire mais sa mère Esther et ses livres de cuisine assurent une tranquillité financière.  Cette dernière est  flanquée en permanence de son amie Pamela, une veuve qui noie sa solitude dans l’alcool. Mais quand Arnaud  commet des vols et s’attire la police sur le dos,  la crise éclate. Esther, mère protectrice, cherche à aider son fils alors que Gabriel se lance à sa poursuite. Arnaud est un peu gentleman cambrioleur,  insouciant en apparence. En voulant savoir qui est son fils,  ce sera l'heure des doutes et des remises en question pour Gabriel. Aurait-il délaissé sa famille pour ses livres? La fin est dure mais apparaît comme inévitable.

Les réflexions de Gabriel sur l’écriture  émoustillent d'abord l’esprit. Puis, on y réfléchit à ces phrases percutantes et justes. J’ai trouvé qu’il y avait certains clichés : le détective qui voudrait écrire, les "méchants" Russes.  Beaucoup de  personnages secondaires avec des histoires propres et  j'ai eu l'impression que ce roman s’essoufflait. Mais l'écriture de Sophie Bassignac m'a accrochée ! Un style vif, une précision des mots, un sens de la formulation qui ne m'ont pas laissée indifférente.

Le billet de Cathulu

jeudi 27 janvier 2011

Francis Dannemark - Du train où vont les choses à la fin d'un long hiver

Éditeur : Robert Laffont - Date de parution : 13/01/2011- 92 pages

Pour moi, il y a une erreur sur la qualification de ce  livre. Il s’agit d’une longue nouvelle mais pas d’un roman : 92 pages petit format sans compter une numérotation qui commence par une page 11  (je vous laisse calculer) et  une typographie très grande … .Mais venons-en à l’histoire.
Présentation de l’éditeur :
En pleine crise de lassitude au cœur de la crise économique, Christopher, opérateur culturel belge de cinquante ans au bord de la faillite, souhaite ralentir et se recentrer sur des valeurs plus justes. Parce que « la vie rappelle de temps en temps que le monde est tout petit », il décide de s'arrêter et de partir. Ce sera pour le Portugal, en train. Alors que le ciel additionne les nuages, Christopher croise sur le quai de la gare une inconnue, Emma, qu'il va découvrir le temps d'un voyage entre Bruxelles et Lisbonne, au cours d'une longue et belle conversation, à la fois tendre, émouvante, et toujours sincère .
Ok, alors oui, Christopher et Emma discutent au départ de leur travail. Christopher a  accumulé une expérience professionnelle et porte un regard désabusé sur l’économie, la crise. Emma vend des produits divers : thés indiens, poésie persane, des stages de cuisine libanaise pour le compte d’une patronne ouverte aux autres. Deux mondes différents mais l’un et l’autre s’écoutent avec  beaucoup d’intérêt. Leur conversation ressemble à celle que l’on pourrait avoir avec quelqu’un d’inconnu et avec qui on va partager de longues heures dans un train. Sauf que tous les deux vont dériver sur leur vie personnelle. En parlant à Emma,  Chistopher fait le point sur sa vie familiale : divorce, enfants. Ils arrivent à destination et se disent au revoir. Et là, j’avoue que je n’ai pas compris. Voilà, c’est fini! Déjà ? Et oui !
Les thèmes abordés auraient mérité d’être approfondis… dommage. Vite lu et vite oublié pour moi.
Merci cependant à Babelio 

Francesca Kay - Saison de lumière

Éditeur : Plon - Date de parution : 06/01/2011 - 241 pages magnifiques...

Je suis poète de formation et le poète, tel le peintre, touche à l’allusion. Il apparaîtra clairement au lecteur que j’ai imaginé les pensées et les émotions de Mallow quand elles m’étaient inconnues. A ma décharge, je plaiderai simplement que je n’avais pas le choix, si je souhaitais brosser un portrait de Jennet Mallow riche, intense, resplendissant de couleur et non une simple esquisse.
Et c’est avec une écriture riche, intense, resplendissante de couleur que la vie de Jennet Mallow nous est racontée. Jennet  née en 1924 est attirée très tôt  par le dessin.  Lors de ses études à Londres, elle rencontre David, jeune peintre séduisant, talentueux mais qui aime l’alcool. Le couple part vivre en Espagne. C’est là bas que Jennet commence à peindre. Passionnée, elle peint sur tout ce qu’elle trouve : des bouts de bois rejetés par la mer, des cartons. Elle peint avec  toujours cette quête et cette exigence  de reproduire la teinte exacte, la courbe, le trait. Jaloux de son succès, David prend ombrage du talent de sa femme. Leur amour commence à s’éroder lentement  tandis que  David boit de plus en plus. De retour en Angleterre, Jennet fait bouillir la marmite, s’occupe des enfants et grignote des minutes à gauche et à droite pour peindre. L’esprit toujours occupé à créer, à retranscrire un paysage, une nuance précise. Mais Jennet est aussi une femme de son temps. Une épouse et une mère qui saura prendre des décisions.
De la première à la dernière page de ce roman,  on est baigné dans un océan de couleurs ! Et l’écriture de Francesca Kay, gorgée de richesse, nous permet de visualiser les peintures. Jusqu'à avoir la sensation de ressentir la texture d'un mélange ou le grain d'une toile. Les sentiments ne sont pas en reste. Jennet, l’amante, souffre de voir son couple se disloquer et  Jennet, la mère, trouve auprès de ses enfants  l’énergie et la volonté.
C’est beau, très beau …
Un magnifique portait de femme, une écriture brillante, lumineuse et c’est un premier roman ! Je dis chapeau bas !
Le billet de Cathulu.

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