jeudi 3 février 2011

Marc Durin-Valois - Les pensées sauvages

Éditeur : Plon - Date Parution : 06/01/2011 - 192 pages

Antonin, 19 ans,  a échoué au concours d’une prestigieuse école.  Il quitte Paris sans dire mot à ses parents et débarque  à V*** village ariégeois où se trouve la maison abandonnée de sa grand-mère. Ses bagages : de l’argent, de la drogue et un piano. Dans ce village quasi-désertique, Antonin pensait être seul. Mais il y a Bernadette une gamine qui le suit partout  et Lise qui l’attire. Excès de drogue et introspections, Antonin se cherche. Désespérément.
Si comme moi vous avez lu "Chamelle" de cet auteur, on est très loin de ce livre. Avec une écriture incisive, l’auteur nous décrit les tourments d’Antonin. Selon les désirs de ses parents, il aurait dû réussir de brillantes études. Eux qui se sont saignés pour lui acheter  un logement à Paris. Sauf qu’Antonin ne réussit pas le concours pour l’école Normale après hypokhâgne. Ni la première fois ni la seconde. Avec la honte d’avouer à ses parents son échec,  Antonin quitte tout et se réfugie dans la  vieille maison de sa grand-mère en Ariège. Les habitants de ce petit village rural se posent des questions.  Un gars de 19 ans qui débarque sans prévenir avec de l'argent et qui joue du piano la nuit. Antonin se perd, dérive dans  les excès de la drogue. Ce réflexe acquis durant les périodes d’examens est devenu une addiction. Il s’y réfugie car il y a la peur de grandir, de devenir adulte avec  ce que ce mot incombe et cache. Attachant, provocateur, Antonin est sur un fil. Conscient de son pouvoir de séduction, il s’amuse, ne connaît plus les limites comme s’il n’avait plus rien à perdre. 
Il se dégage de ce livre une ambiance proche de celle d’un huis clos. Une atmosphère tendue sous le soleil d’Ariège où l’on retient son souffle. Car on voudrait  que tout s’arrête et qu’Antonin  trouve sa place. Mais ce n’est pas facile à cet âge entre les rêves,  les doutes et la peur qui vous prend au ventre. Bernadette, la gamine espiègle est surprenante. Les autres personnages sont tour à tour inquiétants ou protecteurs.   
Je suis sortie troublée de cette quête dangereuse. Par contre, une question m’a taraudée. Comment ou pourquoi  les parents n’ont-ils pas cherché leur fils dont ils n’ont plus de nouvelles depuis plusieurs mois?  
Elle vouait à cette famille l'aversion que l'on porte à ceux auxquels la chance paraît toujours sourire quand la poisse vous étouffe. On abomine ses bienfaiteurs, c'est bien humain.

mercredi 2 février 2011

François Thomazeau - Consulting

Éditeur : Au-delà du raisonnable - Date de parution : 07/10/2010 - 204 pages

Quatrième de  couverture (fort alléchante):
Excepté les victimes, les personnages de cette histoire semblent mépriser toutes les formes de sincérité et d'idéalisme qui pourraient subsister dans notre société. C'est leur job. Antoine, consultant employé par La Boîte, et Pascal, syndicaliste plaqué par sa femme et licencié suite à un plan social, sont enchaînés l'un à l'autre par une conjoncture violente. Petits maîtres de l'ironie ou vrais cyniques, le tandem, que les temps modernes ont revêtu d'un réalisme troublant, se lance sur les routes en quête de réhabilitation. Bien sûr, ils n'ont ni les mêmes motivations ni les mêmes méthodes, et les pistes se brouillent. On pense à Lautner, car, dans ce scénario noir et caustique sur le dégraissage nouvelle tendance, la critique sociale avance à peine masquée, avant d'exploser en exutoire. Une reconversion, comme disent les managers.
Pourquoi je lis ? Par plaisir, pour l’intérêt d’une histoire,  pour les émotions, pour passer du bon temps… Des raisons variées qui font que je tourne les pages avec envie.
Après un démarrage très lent, je ne me suis pas sentie à l’aise dans ce livre. Des clichés dégrossis, malhabiles  et on obtient deux marionnettes : Antoine, le consultant, et Pascal, le syndicaliste. Un tandem que tout oppose et qui va devoir se serrer les coudes. Les règlements de compte (mais que fait la police ?) s’enchaînent sans surprise. Sauf que les  « petits maîtres de l'ironie » m’ont fait douter de ce que peut être ce sens de l’humour jusqu' à un point de non retour.
Alors, je préfère abdiquer page 146 car je n’ai aucune raison de continuer cette lecture…  
Je m’excuse auprès de BOB et de la maison d'édition.

mardi 1 février 2011

Katharina Hagena - Le goût des pépins de pomme

Éditeur : Anne Carriere - Date de parution : 07/01/2010 - 268 belles pages...

Iris, la narratrice, hérite à la mort de sa grand-mère Bertha d’une maison. Une maison de famille qui a vu grandir sa mère et ses deux sœurs puis le déclin de sa grand-mère. Bibliothécaire à Fribourg, Iris ici passe quelques jours le temps de prendre une décision. Celle de garder ou non la maison. Chaque pièce et le jardin lui délivrent des souvenirs  et l’histoire de toute sa famille.

Il existe des lectures qui vous coupent du temps présent et vous replongent dans des souvenirs.  La nostalgie de la maison de votre grand-mère, les anciennes chambres de vos tantes où vous vous amusiez à vous déguiser.   Et tout ressurgit comme par enchantement. Les odeurs de la cuisine, de l’étable vide et  du jardin. Les couleurs fanées des tapisseries réapparaissent comme si rien n’avait changé. Le goût des pépins de pomme fait partie de  ces livres. Je l’ai lu avec le cœur et l’esprit submergés par des images douces et innocentes de l'enfance. Alors, je me suis glissée dans cette histoire avec plaisir !
Sans en dire de trop  mais juste pour vous donner envie de le lire, il s'agit de histoire d'une famille. Une famille où les femmes ont un rôle majeur. Bertha qui a perdu sa sœur complice,  son mariage puis  la naissance de ses trois filles : Christa, la mère d’Iris partie vivre loin de Bootshaven, Inga, née un jour d’orage et Harriet changée à jamais depuis la mort de sa fille Rosemarie. On découvre les caractères et les vies de chacune, la mémoire de Bertha devenue effilochée, les jeux d’Iris, de Rosemarie et de Mira son amie. Iris rouvre ainsi  le passé par la  visite d’un ami de sa grand-mère et des nombreuses rencontres avec Max, le frère de Mira. Des brèches d’humour parsèment ce roman  où les évènements tragiques côtoient l’amour.
J’ai ouvert ce livre sans lire la quatrième de couverture et en n’ayant plus à l’esprit les différents billets des blogs. Je me suis délectée du début à la fin !
Merci à Aifelle de l’avoir fait voyager ! De nombreux avis variés sont répertoriés chez l’ami BOB.
Je me tenais près de la clôture du jardin et tâtais d'un doigt la cicatrice à la racine de mon nez. J'en vins à songer à d'autres blessures.Des années durant je m'y étais réfugiée.Les blessures se présentaient d'elles-mêmes, elle allaient avec l'héritage. Et il fallait au moins que je les regarde une fois avant de pouvoir leur appliquer le pansement du temps.

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