mardi 8 février 2011

Elizabeth Gaskell - Nord et Sud

Éditeur : Points - Date de parution : 25/11/2010 - 673 pages

La jeune Margaret Hale quitte Londres et sa cousine pour rejoindre ses parents dans un village du Hampshire. Son père, pasteur de son état, lui annonce son désir de  renoncer à l’Eglise. Margaret et ses parents sont donc contraints de partir d’Helstone pour Milton, une ville du nord de l’Angleterre. Le changement est radical et brutal. Milton est une ville industrielle en plein essor bien loin de la tranquillité et de la verdure d’Helstone. A son arrivée, Margaret fait preuve d’un certain orgueil mais elle  saura s’adapter à ce nouveau monde.
Mieux vaux tard que jamais ou comment l’année de mes 40 ans, j’ai découvert Elizabeth Gaskell ! Oui et je n’ai pas honte de le dire…
Un livre dense où les personnages, le contexte sont terriblement bien décrits. Imaginez vous que je n’ai trouvé aucune longueur dans ces 600 pages ! J’avoue malgré mon enthousiasme, mes poignets, eux, ont très mal supporté cette lecture. Il a fallu que je la fragmente et c’est bien dommage car ça m’a gâché un peu de mon plaisir. Au moins, je sais que c'est terminé pour les pavés...
Bon, revenons à l’histoire. Margaret, 18 ans, quitte une cousine aisée pour le presbytère familial. La surprise est de taille quand son père lui annonce qu’ils doivent partir pour le Nord de l’Angleterre. Là-bas, il est certain d’y trouver  un emploi.  Margaret découvre Milton,  une ville industrielle où son père donne des cours  privés à Mr Thornton. Ce dernier dirige une manufacture.  Mais elle va découvrir également les conditions de vie des ouvriers et  leurs revendications. En tant que jeune file bien élevée, elle s’occupe de sa mère dont la santé est fragile mais elle ne peut s’empêcher de vouloir comprendre ce monde industriel. Et, la jeune femme va mettre  ses aprioris de côté (une héroïne avec du tempérament comme je les aime!).  John Thornton est un travailleur, un homme qui a réussi à la sueur de son front.  Les discussions entre lui et Margaret sur la ville et ses  usines seront animées. Chacun défendant son point de vue et son amour pour sa région d'origine. Les ouvriers vont se mettre en grève et Margaret prendra position dans ce conflit.
Mon résumé n’est pas complet et j’en suis bien consciente. Je  ne suis pas là pour  en faire une étude détaillée mais pour vous dire que ce livre est riche et qu'on ne s'ennuie pas une seule seconde! Bien sûr,  il décrit le Nord et le sud de l’Angleterre que tout semble opposer mais il  nous offre une psychologie très fine des personnages. Tout n’est pas raconté du point de vue de Margaret, on a donc les éléments sous différents angles.  
Si ce n’est pas déjà fait, un seul conseil : lisez-le !
Les billets de Keisha, L'ivresque des livres.


J'en ai oublié le logo  !









dimanche 6 février 2011

James A. Levine - Le cahier bleu

Éditeur : Pocket - Date de parution : 06/01/2011 - 247 pages

Batuk a 9 ans quand sa vie d’enfant se termine. Elle est vendue par son père pour éponger une dette. Elle est belle et  elle se retrouve dans un bordel d’enfants à Bombay. Batuk sait écrire et pose les mots dans un cahier.
Les chiffres, les statistiques nous tiennent d’une certaine façon à distance de l’horreur, de l’infamie. Ils existent bel et bien, mais n’ont pas le pouvoir des mots. Quand on nous parle de la prostitution infantile en Inde, des chiffres sont mis en avant. Ils nous interpellent car derrière eux il y a des vies, des enfants. Mais les mots ont un autre pouvoir. Ils nous sautent à la figure, nous prennent à la gorge, nous saisissent. Il m’a fallu plusieurs jours pour lire ce livre. Je m’arrêtais juste après quelques phrases, nauséeuse et dégoûtée. Je reprenais le lendemain ma lecture en me demandant si j'allais pouvoir la terminer.
Batuk écrit ce qu’on lui a volé, ce qu’on lui a fait subir et ce n’est pas une lecture facile. A 9  neuf ans, sa virginité a été offerte au plus offrant. Devenue une marchandise dans un bordel de Bombay, elle raconte avec ses mots son quotidien, son amitié avec Puneet seul garçon du bordel. Elle garde encore en elle l’étincelle, l’imaginaire qui permet de s’inventer des histoires. Pour échapper à la réalité,  les Princesses, sa vie « d’avant » sont salvateurs. Jusqu’à un certain point. Après 6 années passées dans le bordel, Batuk est louée au fils d’un riche. Elle quitte les quartiers glauques pour se retrouver prisonnière dans un hôtel de luxe. Le jeune homme n’a rien d’un prince charmant et n’est pas là pour la sauver comme dans les contes. Batuk devient son esclave sexuel. Derrière ces deux mots se cachent  toute la monstruosité dont sont capables les Hommes.  Batuk écrit toujours mais ses mots sont glauques comme sa vie. On sombre comme elle dans l’horreur, dans l’invivable. On sait ce qui va arriver et on est là impuissant à assister à l’ignominie.
Alors, oui, j’ai eu du mal à lire ce témoignage, la vie de Batuk. Peut-on parler de vie ?  Je ne crois pas. Il s’agit d’un livre terrifiant qui nous renvoie au pire. Je laisse chacun juge de savoir s’il se sent capable de le lire ou non.
Merci à BOB pour ce partenariat.

vendredi 4 février 2011

Sophie Divry - La cote 400

Éditeur : Allusifs - Date de parution : 09/09/2010 - 65 pages

Avant l’ouverture, une bibliothécaire quinquagénaire, célibataire trouve  au sous-sol un lecteur qui s’est endormi la veille. Aigrie, elle lui déverse en un flot ininterrompu toute sa rancœur. En 25 ans de métier ou plutôt d’une vie vouée à son travail, elle a une dent contre tout et tout le monde.
Attention, on prend sa respiration et c’est parti pour un tour de manège à fond les ballons ! C’est que notre chère bibliothécaire en a des choses sur le cœur ! Dans un monologue à l’humour grinçant, elle fustige avec cynisme  la classification des livres, ses collègues de l’étage, son ancien petit copain qui l’a plaqué il y a belle lurette,  des auteurs, la société… Et bien sûr les lecteurs. Sauf Martin, lecteur modèle et étudiant dont elle trouve la nuque sublime. Maniaque, sa vie est réglée comme du papier à musique et a autant de piment qu’un bouillon de légumes. Elle s’insurge contre le désordre et l’erreur de  la cote 400 ! Rendez-vous compte : Ce qui fait que la classe 400, en ce moment, est inoccupée, vide. Vous êtes d’accord, c’est une ineptie. Moi, cela me donne le vertige, cette cote vacante. 
65 pages vives,  rythmées, cinglantes avec un soupçon de cynisme et j’en redemande !
On se régale (sans pour autant regarder ses bibliothécaires avec un sourire en coin…)
Le billet de Mélopée qui renvoie à plein d'autres liens.
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