jeudi 10 février 2011

Kurt Vonnegut - Le petit oiseau va sortir

Éditeur : GRASSET - Date de parution : 19/01/2011 - 374 pages

Un recueil de quatorze nouvelles inédites de l’auteur américain Kurt Vonnegut. Ces textes datent des années 1950, époque où   Kurt Vonnegut se lançait dans l’écriture et commençait à publier des récits dans des magazines. Il s'agit un jeune homme d'une trentaine d'années qui a connu l'horreur :  le suicide de sa mère, une seconde guerre mondiale et les prisons allemandes. Pourquoi ces indications ? Pas pour meubler et faire des lignes, rassurez-vous. Mais parce justement ces nouvelles sont inscrites dans le contexte des années 50. L'auteur y apporte un regard franc, désenchanté et sans concession.

Je ne vais pas vous détailler les quatorze nouvelles. Il s’agit d’un recueil où l’humour, le loufoque et la fantaisie servent de palette pour brosser le portait d'un pays et "de son petit peuple de laissés-pour-compte, de dépressifs, d'introvertis, d'opportunistes". Le sourire s'estompe et laisse place au goût amer d'un douloureux constat. Toutes ces nouvelles ont un point commun, elles amènent le lecteur à se poser des questions.
Dans Confido, un employé banal invente un objet un objet qui contient toutes nos pensées même les plus basses ou celles qui sont inavouables. Il espère devenir millionnaire en le vendant. Ira-t'il jusqu’au bout de son projet ?

Avec Fubar, un employé dépressif a son bureau au fin fond d’un gymnase où il ne voit jamais personne. Sa vie va changer avec l’arrivée d’une secrétaire.
Ed Luby’s Kay Club m’a donnée des frissons dans le dos ! Une ville sous l’emprise d’un seul homme riche et puissant. La police, les juges travaillent pour lui. Cette nouvelle dégage une tension qui va en crescendo.
Dans les gentilles petites créatures, la science-fiction se fait une place dans le quotidien d’un homme. Il découvre dans un objet 6 petits humains.
Je ne sais si certain(e)s d’entre vous se souviennent de la série la quatrième dimension et de ses épisodes d’une vingtaine de minutes en noir et blanc.   Après chaque épisode, il me fallait du temps pour reprendre pied avec la réalité. Il s’est produit la même chose avec ces nouvelles où l'étrange a une part non négligeable.
Donc si vous voulez vous confrontez aux limites de l'absurde et du réel, un seul conseil : lisez-le !

mercredi 9 février 2011

Ronde

Cette semaine chez les Impromptus littéraires, le thème  "ronde" m'a inspirée...

Femme aux formes amples et généreuses, les autres me perçoivent grosse. Ils emploient le terme ronde pour ne pas me blesser. Je n’entre pas dans les critères actuels où la chair se doit d’être minimale.  La mienne pointe, enfle et s’étale sous ma poitrine. Mon ventre est comme un coussin où il aime poser sa tête. Il peut malaxer mon corps, plonger  saa tête entre mes seins, s’enivrer du  parfum  de ma peau. Sa bouche se pose sur mes lèvres charnues, ses doigts courent, caressent et se perdent dans ma chair rebondie. Il goûte à la volupté, s’abandonne au plaisir avant de rejoindre sa femme. Une femme calibrée aux régimes et aux diktats de la mode. Je lui offre sans aucun remords un corps qu’elle refuse d’avoir.

Gaetano Bolan - La Boucherie des amants

Éditeur : Livre de poche - Date de parution : 05/01/2011 - 91 pages

Mettre les pieds dans sa librairie préférée est financièrement dangereux.La preuve, je suis ressortie avec ce livre qu'une de mes libraires m’a conseillée. Alors oui j’ai (encore) fait une entorse à mon budget mais  je ne le regrette pas ! Car ce petit livre, je l’ai lu et je le relirai…
Tom est un enfant « aux yeux de nuit », son père tient une boucherie dans une petite ville du Chili. L’institutrice de Tom, Dolorès, ne laisse pas indifférent son père. Le soir, la boucherie accueille des réunions secrètes ou l’on parle de renverser le régime Pinochet.
J’ai lu en apnée ce petit livre. Cette histoire sous une écriture faussement naïve est un petit bijou ! Dès les premières lignes, on est transporté :
"L'enfant avait un cœur pur et il regardait la nuit. Personne n'aurait pu dire s'il était triste, ou simplement assoupi. Il était là, posé dans la masse de son petit corps, comme absorbé par le crépuscule. Toujours il sondait le grand noir de l'âme où passent les comètes, il ne savait pas l'âme et ses grandeurs, ses petitesses tout aussi bien, il connaissait seulement l'ombre. Paisible obscurité qui l’enveloppait. Féroces ténèbres qui le mangeaient. Et câline la nuit jamais n’était, ni ne fut."
J’ai juste  envie de vous dire simplement lisez-le. Laissez-vous envelopper par l'écriture et suivez les personnages.

Tom a un secret comme beaucoup d’enfants. A vouloir et à penser très fort que Dolorès  devienne sa maman, l’amour naîtra entre elle et Juan son père. Tom aime passer du temps chez le voisin, Chico le coiffeur et grand ami de son père. Une histoire comme un conte, aux accents idyllique me direz-vous. Mais nous sommes sous le régime de Pinochet. Et la nuit est propice aux enlèvements et aux disparitions. Garde à ceux qui osent s’élever contre ce régime.  Derrière l’humour et la poésie, on pressent le drame.  J’ai refermé ce livre le cœur pincé.
Un petit livre mais de grandes et belles émotions !
Les billets élogieux de Livr-esse, Pimprenelle, Stephie, Sylire, Yvon.
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