mercredi 16 février 2011

Sophie Brucker - Ils diront d'elle

Éditeur : JC Lattès - Date de parution : 09/02/2011- 266 pages

Estelle, la cadette d’une fratrie, a vécu les tromperies et les mensonges de son père. Un père coureur de jupons et une mère qui ne voyait rien. Des frères et des sœurs plus âgés et  Estelle s’est très vite  retrouvée seule avec ses parents. Son père a pris la poudre d'escampette les abandonnant elle et sa mère. Quelques années ont passé, Estelle  a préféré quitté  Paris pour s’installer dans une ville de Charente-Maritime où elle vit avec Vanessa. Les fêtes de Noël approchent et Estelle les redoute. Elle voudrait s’y soustraire pour ne pas voir sa famille.

Tous les ingrédients étaient réunis dans ce roman pour qu’il me plaise… Le poids de l’enfance qu’Estelle porte comme une croix, les peines et les souffrances accumulées, non dites. Sa façon d'agir, éviter sa famille pour ne pas faire face aux jugements. Et surtout la culpabilité qu’elle traîne. Culpabilité d’avoir couvert son père, de n’avoir rien dit à sa mère. Estelle s’est considérée très tôt comme" un trait d'union entre ses parents". Un rôle pour les maintenir ensemble. Ce qui n'a pas empêché son père de partir.
Mais, voilà, je me suis enlisée dans cette histoire. Très vite, j'ai trouvé que les questions d’Estelle sur sa vie et ses choix tournaient en boucle.  Et même si je comprenais Estelle, sa mélancolie a fini par m'agacer. J'ai eu l'impression qu'elle s'enfermait dans sa coquille et qu'elle s'y complaisait presque.  Il y a également Vanessa. Une femme affirmée qui n'a pas froid aux yeux. Leur amour y est décrit avec sensibilité. Mais, hélas, ça n'a pas suffi pour que l'étincelle s'allume.

Vous l'aurez compris, ça n'a pas été le coup de foudre entre ce livre et moi...

Le billet de Cathulu beaucoup plus enthousiaste que moi !

lundi 14 février 2011

Gaëlle Josse - Les heures silencieuses

Éditeur : Autrement - Date de parution : 02/01/2011 - 135 pages

1667, Hollande, la  ville de Delft est le siège de la compagnie néerlandaises des Indes orientales et vit du commerce par voie maritime. La qualité de femme de  Magdalena  ne lui a pas permis de prendre la relève de son père à la tête de la compagnie.  Grâce aux liens du mariage, son époux Pierre Van Beyeren  a hérité de  cette fonction.  Bien que cantonnée à officier dans son foyer, Magdalena semble une femme comblée. A travers son  journal, elle se livre.
Les heures silencieuses est un livre que l’on ouvre et où l’on est immédiatement bercé par les premières lignes. Il ne reste plus qu’à le savourer. Et c’est ce que j’ai fait ! Dans une écriture élégante mais sans fioriture ou excès, Magdalena  parle d’elle et on a l’impression de lire un journal écrit au 17ème siècle. L’élégance alliée à la poésie et à la sensibilité ... et je craque !  A travers son journal qui s’étale sur un mois, Magdalena se confie. Elle nous livre ses remords, ses blessures, ses joies et  ses peines. Sans en dire de trop, on est transporté dans cette Hollande d’autrefois. La peinture joue un rôle important, fil qui ourle en couleurs ce portait de femme. Une femme qui se dévoile en tant qu’épouse,  mère, mais aussi celle qui a des envies interdites et regrette de n’être pas né garçon. Alors oui, encore un beau récit intimiste qui m’a touchée !
Gaëlle Josse nous offre là un premier livre qui explore le cœur et l’âme, un tableau ancré dans une époque et un lieu. Un seul regret : celui d’avoir tourné la dernière page, j’aurai bien aimé en lire davantage ! Une auteure à suivre de très, très près…je vous le dit ! Cette lecture m'a remise en mémoire le livre La jeune fille  à la perle de Tracy Chevalier.

Les billets de Chaplum ( Manu), Fransoaz, Livrogne.
Je sais désormais qu’il faut agir selon son cœur, au plus près de ce qui nous semble juste et ne jamais accepter ce qui nous fait violence. J’ai failli ce jour-là, et le prix de ce manquement est une croix de plomb sur mes épaules.
L’ordre, la mesure et le travail sont des remparts contre les embarras de l’existence (…) Ce que nous tentons de bâtir autour de nous ressemble aux digues que les hommes construisent pour empêcher la mer de nous submerger. Ce sont des édifices fragiles dont se jouent les éléments. Elles restent toujours à consolider ou à refaire. Le cœur des hommes est d’une moindre résistance, je le crains.

dimanche 13 février 2011

les faux-semblants

Un tableau et à nous de laisser notre imagination tricoter ou broder ! Aujourd'hui, carte blanche chez Gwen. Il n'y a qu' à regarder, se laisser imprégner par cette jeune fille et se demander à quoi elle peut bien penser...

Elle vient de partir après m’avoir annoncé que mon père était ruiné. Je suis affligée, il faut que je le montre.  Que mon visage renvoie toute cette peine soudaine. Comme si le monde venait de s’écrouler. Une jeune fille promise à un bel avenir qui se retrouve sans rien. Je n’ai pas à me forcer. Au contraire, je dois taire mon envie de crier, de hurler devant le choix qui me torture. Il faut que je tienne encore quatre ou cinq minutes. Maximum. Quelques minutes qui me paraissent interminables. Le résultat du laboratoire tournoie dans mon esprit. Enceinte ! Je suis enceinte !  J’ai envie de pleurer. Non pas de bonheur mais parce que ma vie devient compliquée tout d’un coup. Talentueuse, j’ai travaillé dur pour arriver où j’en suis. Promise à une belle carrière, j’ai fait l’erreur de tomber amoureuse. Je croyais qu’il était sincère et qu’il m’aimait vraiment. Quand je lui ai annoncé la nouvelle, il m’a répondu sèchement : « débrouille-toi, je n’en veux  pas de ce gamin ». Une  simple formalité pour lui.  Quand je pose la main sur mon ventre, je n’arrive à m’imaginer qu’il contient la vie. Une vie.  Qu’est ce que je vais faire ? Je dois choisir entre garder cet enfant, renoncer à mon travail ou alors… Je n’ose pas y penser, c’est trop dur. Mon cœur va exploser, alors je mords  violemment  l’intérieur de la joue lèvre. Encore. Jusqu’au sang comme une meurtrière. J’ai envie de me lever, de partir, de tout quitter. Mais je dois continuer, jouer avec  les faux-semblants.
-Coupez ! Fanny tu as été superbe ! La scène est impeccable ! On sent que la chute financière de ton père te dévaste ! J’ai fait un gros plan, c’est du bon boulot ! Allez, tu peux sourire maintenant.
Oui, je peux sourire. J’ai joué mon rôle de personnage. Mais comment être heureuse dans la vraie vie ?  
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