jeudi 17 février 2011

Ron Carlson - Le signal

Éditeur : Gallmeister - Date de parution : 05/01/2011 - 223 pages de nature splendide !

Mack vient de sortir de prison. Il a demandé à son ancienne épouse Vonnie de l’accompagner en randonnée comme ils le faisaient chaque année. Ce temps où l’amour les unissait et les faisait gazouiller.  Une promenade santé dans le Wyoming  en souvenir du bon et vieux temps ?  Ce serait penser que Mack n’a rien gardé de ses mauvaises fréquentations…
Je ne vais pas être la premier ni la dernière à pousser un cri à l’égard du bandeau qui annonce « un roman au suspense à couper le souffle ». Car il a fallu attendre la seconde partie du livre pour que je commence à me mordiller les ongles ... Mack avait tout du gars sympa, gentil mais il y a eu des problèmes d’argent inattendus. Et la suite de la chanson, j’ai envie de dire qu’on la connait. L’alcool, les copains douteux et Vonnie a préféré le quitter et le laisser dans ses embrouilles. Après son passage de plusieurs mois par la case prison,  Mack n’a pas vraiment changé hélas. Et quand il invite Vonnie  à cette randonnée, ce n’est pas uniquement  en souvenir des temps heureux. En les suivant sur ces plusieurs jours de randonnée, on sent bien que tous les deux ont gardé des sentiments l’un pour l’autre. Mack n’a pas un mauvais fond, loin de là,  mais un grand besoin d’argent. Tout doucement, on  commence à se poser des questions et à se demander ce qu’il va arriver. Sans être bouche bée par l’intrigue, j’ai apprécié comment l’auteur nous mène tranquillement avant que tout s'enchaîne. Je n’en dis pas plus…
Les descriptions des montagnes, des cours d'eau sont magnifiques et on s’y croit ! J’ai été époustouflée par tous ces détails qui rendent si réelle et si juste cette nature du Wyoming ! Attention, je suis en train de prendre goût au Nature Writing...
Les billets d’Aifelle, Keisha (chez qui vous trouverez d’autres liens), Sylire

mercredi 16 février 2011

Sophie Brucker - Ils diront d'elle

Éditeur : JC Lattès - Date de parution : 09/02/2011- 266 pages

Estelle, la cadette d’une fratrie, a vécu les tromperies et les mensonges de son père. Un père coureur de jupons et une mère qui ne voyait rien. Des frères et des sœurs plus âgés et  Estelle s’est très vite  retrouvée seule avec ses parents. Son père a pris la poudre d'escampette les abandonnant elle et sa mère. Quelques années ont passé, Estelle  a préféré quitté  Paris pour s’installer dans une ville de Charente-Maritime où elle vit avec Vanessa. Les fêtes de Noël approchent et Estelle les redoute. Elle voudrait s’y soustraire pour ne pas voir sa famille.

Tous les ingrédients étaient réunis dans ce roman pour qu’il me plaise… Le poids de l’enfance qu’Estelle porte comme une croix, les peines et les souffrances accumulées, non dites. Sa façon d'agir, éviter sa famille pour ne pas faire face aux jugements. Et surtout la culpabilité qu’elle traîne. Culpabilité d’avoir couvert son père, de n’avoir rien dit à sa mère. Estelle s’est considérée très tôt comme" un trait d'union entre ses parents". Un rôle pour les maintenir ensemble. Ce qui n'a pas empêché son père de partir.
Mais, voilà, je me suis enlisée dans cette histoire. Très vite, j'ai trouvé que les questions d’Estelle sur sa vie et ses choix tournaient en boucle.  Et même si je comprenais Estelle, sa mélancolie a fini par m'agacer. J'ai eu l'impression qu'elle s'enfermait dans sa coquille et qu'elle s'y complaisait presque.  Il y a également Vanessa. Une femme affirmée qui n'a pas froid aux yeux. Leur amour y est décrit avec sensibilité. Mais, hélas, ça n'a pas suffi pour que l'étincelle s'allume.

Vous l'aurez compris, ça n'a pas été le coup de foudre entre ce livre et moi...

Le billet de Cathulu beaucoup plus enthousiaste que moi !

lundi 14 février 2011

Gaëlle Josse - Les heures silencieuses

Éditeur : Autrement - Date de parution : 02/01/2011 - 135 pages

1667, Hollande, la  ville de Delft est le siège de la compagnie néerlandaises des Indes orientales et vit du commerce par voie maritime. La qualité de femme de  Magdalena  ne lui a pas permis de prendre la relève de son père à la tête de la compagnie.  Grâce aux liens du mariage, son époux Pierre Van Beyeren  a hérité de  cette fonction.  Bien que cantonnée à officier dans son foyer, Magdalena semble une femme comblée. A travers son  journal, elle se livre.
Les heures silencieuses est un livre que l’on ouvre et où l’on est immédiatement bercé par les premières lignes. Il ne reste plus qu’à le savourer. Et c’est ce que j’ai fait ! Dans une écriture élégante mais sans fioriture ou excès, Magdalena  parle d’elle et on a l’impression de lire un journal écrit au 17ème siècle. L’élégance alliée à la poésie et à la sensibilité ... et je craque !  A travers son journal qui s’étale sur un mois, Magdalena se confie. Elle nous livre ses remords, ses blessures, ses joies et  ses peines. Sans en dire de trop, on est transporté dans cette Hollande d’autrefois. La peinture joue un rôle important, fil qui ourle en couleurs ce portait de femme. Une femme qui se dévoile en tant qu’épouse,  mère, mais aussi celle qui a des envies interdites et regrette de n’être pas né garçon. Alors oui, encore un beau récit intimiste qui m’a touchée !
Gaëlle Josse nous offre là un premier livre qui explore le cœur et l’âme, un tableau ancré dans une époque et un lieu. Un seul regret : celui d’avoir tourné la dernière page, j’aurai bien aimé en lire davantage ! Une auteure à suivre de très, très près…je vous le dit ! Cette lecture m'a remise en mémoire le livre La jeune fille  à la perle de Tracy Chevalier.

Les billets de Chaplum ( Manu), Fransoaz, Livrogne.
Je sais désormais qu’il faut agir selon son cœur, au plus près de ce qui nous semble juste et ne jamais accepter ce qui nous fait violence. J’ai failli ce jour-là, et le prix de ce manquement est une croix de plomb sur mes épaules.
L’ordre, la mesure et le travail sont des remparts contre les embarras de l’existence (…) Ce que nous tentons de bâtir autour de nous ressemble aux digues que les hommes construisent pour empêcher la mer de nous submerger. Ce sont des édifices fragiles dont se jouent les éléments. Elles restent toujours à consolider ou à refaire. Le cœur des hommes est d’une moindre résistance, je le crains.
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