samedi 5 mars 2011

Christos Tsiolkas - La gifle

Éditeur : Belfond - Date de parution : 13/01/2011 -  246 pages lues sur les 467...

Extrait de la quatrième de couverture :  
Provocant, urgent, impitoyable, un roman coup de poing, une révélation dans la lignée d'un Don DeLillo ou d'un Jonathan Franzen. Lors d'un barbecue entre amis, un adulte gifle un enfant qui n'est pas le sien. Un incident qui va créer une onde de choc parmi les invités et provoquer une série d'événements explosifs. Mais aussi révéler, derrière les belles apparences, le racisme ordinaire, la drogue, l'alcool, la honte et une extrême solitude. Tour à tour violent et bouleversant de tendresse, un très grand roman qui dresse, avec une formidable lucidité, le tableau d'un Occident en pleine confusion.
Non, ça ne sera pas un billet habituel mais l’autopsie courte d’une lecture abandonnée à la moitié.  L’auteur a choisi de bousculer le lecteur par une utilisation massive de mots crus. Et la lectrice que je suis en a fait une overdose… J'ai tenté de poursuivre cette lecture, de m'intéresser aux personnages mais le vulgaire l'a emporté.
Dès la première page, les amis de la confrérie de la poésie comprendront que celle-ci ne sera pas au rendez-vous.  Avant même l’incident de la gifle, Hector chez qui le barbecue est organisé m’est apparu comme quelqu’un qui se soucie beaucoup de ses besoins sexuels. Du sexe à l’état brut que j’ai retrouvé dans les 246 pages lues (pour la sensualité, il faudra repasser).  A partir de l'incident, on découvre  l'intimité des personnages. Derrière les masques, on trouve de la drogue, des questions sans réponses,  des désillusions, des enfants surprotégés ou élevés devant la  télé.
J’aime les lectures qui me font réfléchir sur notre société  et ses dérives. Mais là, j’ai abandonné. L’écriture ou plutôt le vulgaire m’a coupée l’envie d’en savoir plus sur ces personnages.
Faut-il user à outrance du trash pour émouvoir le lecteur ou le faire réagir sur certains sujets ?  Je n’en suis pas certaine.
Sandrine(SD49) a également  abandonné. D’autres billets : La publivore, Leiloona, Livr-esse, Livrogne.
Je m'excuse auprès de  BOB pour cet abandon...

vendredi 4 mars 2011

Douna Loup - L'embrasure

Éditeur : Mercure de France - Date de parution : 02/09/2010 - 156 pages superbes...

La forêt est grande, profonde, vibrante, vivante et vivifiante. Elle est quelque chose comme une femme qui voudrait l'homme sans lui dire. Quelque chose qui dit oui sous la robe mais qui s'est perdu dans la bouche, qui devient tendre dans l'humus et vous jette des ronces au visage. La forêt est comme ça, ici. Le sauvage sait y faire. L'attirance qu'elle éprouve à se faire explorer, elle la garde au-dedans, de la sève en puissance qui coule sous la terre, qui monte comme une odeur et vous emballe sur-le-champ. Même le ciel, au-dessus, ne reste pas indifférent. Qu'elle soit froissée après la pluie, comme les femmes qui préfèrent se doucher avant, qu'elle soit bouillante de soleil, comme celles qui brûlent après la porte d'entrée, la forêt ici, elle ne laisse personne sortir indemne.
Premier roman d’une jeune auteure Suisse qui s'ouvre sur ces lignes. Un premier roman qui m'a conquise ! Parce que Douna Loup nous raconte une histoire simple en apparence  mais qui sous sa plume oscille entre l’onirique et la réalité. L’histoire d’un jeune homme passionné par la chasse et qui travaille à l’usine parce qu’il le faut. Un jeune homme de 25 ans qui le week-end, sort avec ses copains pour  boire quelques bières. Il  aime s’exercer au stand de tir et par dessus tout, la chasse. Ou plutôt faire corps avec la forêt.  Sa vie bascule le jour où il découvre un cadavre dans sa forêt. Un homme qui est venu se laisser mourir. Comment a t-il pu faire cela ? Et cette question va la tarauder, l’empêcher de continuer sa vie paisible et calme.  Le début d’un voyage pour comprendre et durant lequel il rencontre Eva,  jeune femme mystérieuse. Il  veut garder son indépendance, rester maître  de sa vie comme si ses habitudes le protégeaient. Eva l’aidera à dépasser cette peur de l’inconnu.
Il s’agit d’un livre avec une écriture époustouflante, poétique et  sensuelle.  Une écriture qui nous enrôle, nous transporte et je me s’en suis délectée. J’ai été touchée par cette histoire, par ces personnages en quête d’eux-mêmes et de vérité.  Un premier roman très beau, juste et  sensible et qui charrie des sillons profonds d’émotions pures ! Rien que ça !

jeudi 3 mars 2011

Tatiana de Rosnay - Rose

Éditeur : Héloïse d'Ormesson - Date de parution : 03/03/2011 - 248 pages

Paris, 1868. Rose Bazelet reçoit une lettre du préfet qui la bouleverse. Sa maison située sur le tracé du boulevard St Germain doit être détruite. Veuve depuis 10 ans, elle confie par écrit  à son défunt époux Armand son combat quotidien pour garder leur demeure rue Childebert.
Et oui, il s'agit du nouveau livre de Tatiana de Rosnay et nul doute qu'on va en parler beaucoup. Alors, je vais essayer de ne pas en dire de trop...
Avec ce livre, l'auteure nous plonge dans Paris sous le Second Empire. Le Préfet Haussmann veut une ville neuve  avec de grands boulevards. Un Paris propre doté d’assainissement des égoûts. Une révolution qui s’effectue avec la destruction entière de quartiers. La maison de Rose Bazelet  doit être détruite. Une maison chargée de souvenirs et qui a une âme. Dans une écriture élégante et raffinée, Rose nous décrit ce Paris d’avant, son quartier et sa vie. Alexandrine, la fleuriste avec qui elle nouera une amitié très forte, Mr Zamaretti, le libraire qui lui fera découvrir Faubert, Baudelaire ou encore Zola. Gilbert, le chiffonnier qui l'aidera à rester cachée. On ressent tout l’amour, l’attachement de Rose pour cette demeure. Au fil des pages, sa personnalité s’affirme et la femme se dévoile.  Roman épistolaire où l’on découvre également des lettres reçues par Rose, d’autres thèmes son abordés : l’amour, la solitude, les relations mère-fille et les non-dits. Car malgré les apparences d’un bonheur tranquille, il y a des points qui font mal et un secret inavoué à son mari. Voilà, je n’en dirai pas plus...
Alors oui, je me suis laissée porter par ce roman qui a un goût de nostalgie. Une déclaration d’amour sous la forme  d’une plongée dans ce Paris où les références à la Curée de  Zola sont incontournables. Petit bémol : j’ai deviné très vite le secret de Rose et l’effet de surprise a été gâché. Par contre, le fin mot du livre est beau  et terrible.
Merci à l'ami BOB pour ce partenariat !
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