vendredi 11 mars 2011

Justine Lévy - Mauvaise fille

Éditeur : Livre de poche - Date de parution : 02/02/2011 - 184 pages

 

La mère de Louise se meurt.  Le cancer l’a d’abord grignotée puis n’en a  fait qu’une bouchée. Louise découvre qu’elle est enceinte. Sans avoir eu le temps de le lui annoncer, Louise doit faire son deuil et se préparer  à cette idée d’être mère à son tour.
Mauvaise fille, mauvaise fille,  là c’est  moi qui le suis. Car oui, je l’avoue, j’avais des à priori sur ce livre ou plutôt sur l’auteure. Justine Levy étant la fille d’un certain Bernard-Henri, j’étais restée bloquée sur son ascendance sans chercher à la lire. Bon, j’ai enfin réparé mon erreur  et j’en suis bien contente ! Certains diront que Justine Lévy expose sa vie. Certes. Mais quand on le fait sans pathos et avec cette écriture,  le résultat est plutôt réussi. Premier livre de cette auteure que le lis et je suis contente de ma découverte ! A travers le personnage de Louise, il s’agit bien entendu de Justine Levy . Et  j’ai trouvé ce livre touchant.  Même si elle  auréole un peu  son père (Ohé, Œdipe, es-tu là ?), elle décrit sa mère sans fard. Mieux, elle ne provoque pas  la compassion ou la pitié chez le lecteur. On découvre que sa mère était l'opposé d'une maman gâteau.  Sans s’appesantir ou en faire de trop,  elle nous décrit  la peur de la mort et celle de devenir mère. On sent toute cette culpabilité qui véhicule  le spectre d’être une mauvaise mère. L’écriture est  vive, rythmée, franche  et  viscérale. Et là je dis bingo pour ce point ! Pas de temps mort, on se prend des émotions constrastées en pleine figure.
J'ai envie de dire peu importe où est la réalité, la part de fiction car j'ai souri et  j’ai été  émue. Donc mission accomplie !
Les billets d’Antigone, Canel, MyaRosa

jeudi 10 mars 2011

Joyce Maynard - Et devant moi, le monde

Éditeur : Philippe Rey - Date de parution : 06/01/2011 - 463 pages

1972, à 18 ans Joyce Maynard signe un article sur la jeunesse américaine pour le New York Times Magazine qui connait un énorme succès. Des centaines des lettes lui parviendront. Parmi elles, une de J.D. Salinger, l’écrivain de L’attrape-cœurs. A partir de cette lettre, la vie de Joyce Maynard va changer à tout jamais.

Dans ce livre, Joyce Maynard raconte sa vie. Et quelle vie…Un père alcoolique, une mère qui la pousse à écrire à tout prix. Très vite, Joyce comprend qu’à l’extérieur, il faut donner une image d’une famille parfaite même si ce n’est pas le cas. Et, il s’agit déjà d’une jeune fille fragilisée à 18 ans qui tombe dans l’anorexie. Maigrir et rester très mince deviennent son obsession. Etudiante en première année à l’université de Yale, mal dans sa peau, son article au New York Times Magazine lui vaut un certain succès. De quoi raviver au passage l’égo de sa chère maman. Joyce reçoit une lettre flatteuse de l’écrivain J.D. Salinger et tombe sous le charme de la voix de cet homme de 53 ans. Ils s’écrivent à un rythme effréné et pour Joyce, Salinger est enfin quelqu’un qui la comprend ! La suite, on la pressent. Joyce quitte tout et part s’installer avec Salinger qui se passionne pour la naturopathie, l’homéopathie et s'impose un régime de vie alimentaire très strict. Tombée dans les mailles du filet et en adoration pour lui, Joyce devient sa «proprieté ». Salinger entreprend de la façonner psychologiquement, il est son gourou et va se monter de plus en plus autoritaire au fil des mois. Les problèmes vont surgir et l’écrivain la jettera comme une malpropre. Comment sortir indemne d’une telle relation ? Impossible. Malgré les blessures, les traumatismes, elle va recommencer une nouvelle vie. Repartir de rien et essayer de se reconstruire.

Je ne sais pas ce qui c’est passé avec cette lecture… J’ai envie de dire que dès le départ les dés étaient pipés. Parce que ce livre a trouvé de nombreux échos en moi, trop peut-être d'ailleurs. Bizarrement, je ne suis pas ressortie bouleversée de cette lecture. Peut-être à cause du ton suffisamment détaché. Oui, je sais, ça fait beaucoup de "peut-être" !
Une chose est certaine, la pudeur perle entre chaque ligne de ce récit.  La manipulation psychologique,  les conséquences de l'alcoolisme, l'engrenage de l'anorexie sont décrits avec beaucoup de justesse...

"Pendant 18 ans j'ai vécu dans la terreur de quitter mes parents tout en rêvant de m'échapper". Une phrase qui en dit long...

Les billets de Cathulu, Cynthia, Gwen ( merci pour le prêt !)

mercredi 9 mars 2011

Françoise Sagan - Un orage immobile

Éditeur : Stock - Date de parution : 27/10/2010 - 215 pages

Avertissement : Une fois de plus, on évite la 4ème de couverture qui dit  tout de ce livre.

1832, une jeune et belle veuve de la noblesse vient s’installer à Jarnac. Maître Nicolas Lomont, notaire trentenaire, en tombe éperdument amoureux. Des mois d’amitiés se succèdent offrant beaucoup tous les espoirs à Nicolas Lomont. Mais l’amour survient au hasard d’un bal  et Flora de Margelasse s’éprend d’un métayer poète. De cette passion naitront le drame et le malheur. Trente ans ans plus tard, Nicolas Lomont écrit dans son  journal cette histoire.
Les histoires d’amour finissent mal en général…  Et que dire de celles qui ne sont pas réciproques ! Ici, Françoise Sagan nous offre une histoire d’amour torturé et du romantisme. Et je ne m'attendais à lire cette auteure dans ce registre. Malgré une trame  convenue : lui l’aime, elle non … pas de quoi fouetter un chat, me direz-vous, il y a la griffe Sagan.  Et voilà, toute la différence !Ces petites phrases vives, envolées, pétillantes où elle s’amuse. Notre notaire Nicolas Lomont qui écrit dans son journal se surprend au fil des pages à rêver d’avoir des lecteurs. Son style devient plus limpide et  il délaisse les conventions, la superficialité des personnages pour rendre compte des sentiments. 
A travers l’histoire d’amour de Flora de Margelasse, veuve jeune bourgeoise et de Gildas Caussinade, métayer et poète, la non-conformité d’une situation éclate. La noblesse voit d'un très mauvais œil cette relation. Que va faire Nicolas Lomont ? Aider celle qu’il aime ? Je ne le dirai pas afin  de ne pas vous gâcher votre plaisir ! La tragédie surviendra, des vies seront anéanties. Et Nicolas Lomont, l'homme âgé, revient sur ce gâchis avec lucidité et beaucoup d'honnêteté.
Je ne me lasse pas de l’écriture de Françoise Sagan ! Son style unique, ses tournures de phrases, le choix de ses mots... Bref, j'adore !
Lu dans le cadre de  Dialogues Croisés.

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