jeudi 17 mars 2011

Carl Aderhold - Les poissons ne connaissent pas l'adultère

Éditeur : JC Lattes - Date Parution : 20/01/2010 - 320 pages

Pour ses 40 ans,  les copines de Valérie lui offre une  séance de relooking. Le cadeau laisse son mari moqueur et c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Adieu la routine, le boulot, le mari et la fille ! La nouvelle Valérie décide de s’accorder une trêve. Sans prévenir quiconque, elle prend  place dans le train direction Toulouse. Un aller Paris-Toulouse,  des passagers , un contrôleur … quoi de plus normal , me direz-vous ? Sauf que tout  ce petit monde va voir sa vie transformer durant le  temps du trajet. Serait-ce  La croisière s’amuse version ferroviaire ?  
Premier  livre de la sélection du 9ème prix des lecteurs du télégramme et j’espère que les autres lectures me laisseront une meilleure impression. Car si au  début de ma lecture, je frétillais presque d’enthousiasme peu à peu, la lassitude m’a gagnée. A vouloir faire trop d’effets de manches dans le loufoque, l’auteur a transformé mon engouement en la fatidique conclusion de « mouais ». Pourtant, ce huit-clos vaudevillesque avait tout pour me plaire. Valérie, la veille de ses quarante ans décide de s’offrir une parenthèse dans sa vie. La coupure dont on rêve forcément un jour ou l’autre. En tout cas, c’est ce que je souhaiterais  à l’heure où j’écris ce billet ( L’Ado number one qui chante à tue tête  en grattant sa guitare, l’Ado number two  qui crie pour demander le silence, le mari qui répond à côté de la plaque ( c'était quoi la question?) et moi qui hurle à mon tour ). Revenons à nos moutons... Relookée et  à l’aube de ses  40 ans, Valérie redécouvre la femme endormie au fond d’elle. Les regards flatteurs masculins, le plaisir de s’aimer et d’être désirable. De quoi se rappeler "Pretty Woman"  et Valérie décide  de s’appeler Julia (en référence à  l’actrice, pour ceux qui n’auraient pas vu le film… s’il en existe). Dans le train,  un vent de folie douce va peu à peu  gagner les passagers. Sachez que vous rencontrerez un  contrôleur (prénommé Germinal) aux idées anarchistes, un Universitaire passionné des bestiaires médiévaux  et  qu’une chorale sera même improvisée ! Et, comme dans la croisière s’amuse l’amour verra le jour.
Alors, oui c’est pétillant sauf que l’on tombe vite dans les clichés et dans la caricature. Surtout avec le couple Muriel-Vincent. Et, l’écriture de Carl Haderhold, vive et pétillante, n’est pas parvenue à sauver cette comédie à mes yeux.  Même si  j’ai pris plaisir au départ à me glisser tour à tour dans la peau des personnages, mon avis est lus que mitigé ! L’histoire est largement prévisible et ce qui devait être léger flirte par moments avec le grotesque.
Les avis de Cathulu, Chaplum, Choco, Soukee.
Et, pour ceux qui le veulent : Love, exciting and new. Tandammmmm. Come aboard, we're expecting youuuu. Love,tandam, life's sweetest reward. Let it floooow, it floats back to youuuuuu. Looooove Boat ....

vendredi 11 mars 2011

Justine Lévy - Mauvaise fille

Éditeur : Livre de poche - Date de parution : 02/02/2011 - 184 pages

 

La mère de Louise se meurt.  Le cancer l’a d’abord grignotée puis n’en a  fait qu’une bouchée. Louise découvre qu’elle est enceinte. Sans avoir eu le temps de le lui annoncer, Louise doit faire son deuil et se préparer  à cette idée d’être mère à son tour.
Mauvaise fille, mauvaise fille,  là c’est  moi qui le suis. Car oui, je l’avoue, j’avais des à priori sur ce livre ou plutôt sur l’auteure. Justine Levy étant la fille d’un certain Bernard-Henri, j’étais restée bloquée sur son ascendance sans chercher à la lire. Bon, j’ai enfin réparé mon erreur  et j’en suis bien contente ! Certains diront que Justine Lévy expose sa vie. Certes. Mais quand on le fait sans pathos et avec cette écriture,  le résultat est plutôt réussi. Premier livre de cette auteure que le lis et je suis contente de ma découverte ! A travers le personnage de Louise, il s’agit bien entendu de Justine Levy . Et  j’ai trouvé ce livre touchant.  Même si elle  auréole un peu  son père (Ohé, Œdipe, es-tu là ?), elle décrit sa mère sans fard. Mieux, elle ne provoque pas  la compassion ou la pitié chez le lecteur. On découvre que sa mère était l'opposé d'une maman gâteau.  Sans s’appesantir ou en faire de trop,  elle nous décrit  la peur de la mort et celle de devenir mère. On sent toute cette culpabilité qui véhicule  le spectre d’être une mauvaise mère. L’écriture est  vive, rythmée, franche  et  viscérale. Et là je dis bingo pour ce point ! Pas de temps mort, on se prend des émotions constrastées en pleine figure.
J'ai envie de dire peu importe où est la réalité, la part de fiction car j'ai souri et  j’ai été  émue. Donc mission accomplie !
Les billets d’Antigone, Canel, MyaRosa

jeudi 10 mars 2011

Joyce Maynard - Et devant moi, le monde

Éditeur : Philippe Rey - Date de parution : 06/01/2011 - 463 pages

1972, à 18 ans Joyce Maynard signe un article sur la jeunesse américaine pour le New York Times Magazine qui connait un énorme succès. Des centaines des lettes lui parviendront. Parmi elles, une de J.D. Salinger, l’écrivain de L’attrape-cœurs. A partir de cette lettre, la vie de Joyce Maynard va changer à tout jamais.

Dans ce livre, Joyce Maynard raconte sa vie. Et quelle vie…Un père alcoolique, une mère qui la pousse à écrire à tout prix. Très vite, Joyce comprend qu’à l’extérieur, il faut donner une image d’une famille parfaite même si ce n’est pas le cas. Et, il s’agit déjà d’une jeune fille fragilisée à 18 ans qui tombe dans l’anorexie. Maigrir et rester très mince deviennent son obsession. Etudiante en première année à l’université de Yale, mal dans sa peau, son article au New York Times Magazine lui vaut un certain succès. De quoi raviver au passage l’égo de sa chère maman. Joyce reçoit une lettre flatteuse de l’écrivain J.D. Salinger et tombe sous le charme de la voix de cet homme de 53 ans. Ils s’écrivent à un rythme effréné et pour Joyce, Salinger est enfin quelqu’un qui la comprend ! La suite, on la pressent. Joyce quitte tout et part s’installer avec Salinger qui se passionne pour la naturopathie, l’homéopathie et s'impose un régime de vie alimentaire très strict. Tombée dans les mailles du filet et en adoration pour lui, Joyce devient sa «proprieté ». Salinger entreprend de la façonner psychologiquement, il est son gourou et va se monter de plus en plus autoritaire au fil des mois. Les problèmes vont surgir et l’écrivain la jettera comme une malpropre. Comment sortir indemne d’une telle relation ? Impossible. Malgré les blessures, les traumatismes, elle va recommencer une nouvelle vie. Repartir de rien et essayer de se reconstruire.

Je ne sais pas ce qui c’est passé avec cette lecture… J’ai envie de dire que dès le départ les dés étaient pipés. Parce que ce livre a trouvé de nombreux échos en moi, trop peut-être d'ailleurs. Bizarrement, je ne suis pas ressortie bouleversée de cette lecture. Peut-être à cause du ton suffisamment détaché. Oui, je sais, ça fait beaucoup de "peut-être" !
Une chose est certaine, la pudeur perle entre chaque ligne de ce récit.  La manipulation psychologique,  les conséquences de l'alcoolisme, l'engrenage de l'anorexie sont décrits avec beaucoup de justesse...

"Pendant 18 ans j'ai vécu dans la terreur de quitter mes parents tout en rêvant de m'échapper". Une phrase qui en dit long...

Les billets de Cathulu, Cynthia, Gwen ( merci pour le prêt !)
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...