samedi 19 mars 2011

Henning Mankell - Les chaussures italiennes

Éditeur : Points - Date de parution : 10/02/2011 - 373 pages magnifiques...

Fredrik Welin vit reclus sur une île de la Baltique depuis douze ans. A soixante-six ans, cet ancien chirurgien sans femme ni amis a pour seule activité une baignade quotidienne dans un trou de glace.  Un homme bourru, solitaire que  la visite régulière du facteur gêne.  Fredrik préfère la compagnie de son chien et de son chat. Il tient un journal où il consigne la météo.   Fredrik voit son ancien amour de jeunesse arrivé sur son île. Harriet munie de son déambulateur, Harriet, son cancer et la demande d’honorer une promesse qu’il lui avait faite il y a bien longtemps.
Dire que j’ai aimé ce livre est incomplet car  je l’ai ressenti, j’ai tourné chaque page en étant imprégnée de chaque mot ! J’ai eu la gorge serrée à la lecture de certaines phrases. Des phrases qui font mouche par leur sens profond et  qui interpellent. Je les ai relues  à voix hautes et transcrites précieusement dans un carnet le cœur vibrant d’émotions. Car les chaussures italiennes fait partie de ces livres qui vous laissent une marque indélébile.
Avec la venue d’Harriet, Fredrik se retrouve face à son passé, à ses actes manqués, aux portes dérobées qu’il a  ouvertes et empruntées. La fuite, le mensonge dont on rougit  et qui finalement conforte et sert de nid douillet. Personne n’est totalement blanc ou noir, chacun a ses secrets, ses fautes inavouées. Fredrik et Harriet vont peu à peu oser se dire la vérité.  Et comme toutes les vérités,  ça fait mal, ça réjouit ou ça donne envie de crier et de regretter tout ce temps passé. Harriet est mourante.  Fredrik acceptera sa demande qui le conduira à se remettre en question et à changer de vie. Progressivement, il enlèvera ses œillères, lèvera le voile sur  ses erreurs  et commencera une nouvelle vie tournée vers les autres.
Un livre magnifique où les personnages sont criants d’humanité et de cette quête de la vie.  Je reste volontairement avare en détails pour que cette histoire vous  transporte, vous colle à la peau et vous fasse vibrer. L’écriture fait ressortir et s’accorde comme un instrument de musique à la partition des sentiments. Et dans ce décor presque surréaliste de cette île perdue,  la tristesse, la gaieté ou la mélancolie n’en sont que plus beaux.   Le silence conféré aux paysages de cette nature de lacs, de forêts amplifie la portée des mots. Un gros coup de cœur !
Les gens sur les îles sont rarement bruyants ou expansifs. L'horizon est trop grand pour ça.


jeudi 17 mars 2011

Carl Aderhold - Les poissons ne connaissent pas l'adultère

Éditeur : JC Lattes - Date Parution : 20/01/2010 - 320 pages

Pour ses 40 ans,  les copines de Valérie lui offre une  séance de relooking. Le cadeau laisse son mari moqueur et c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Adieu la routine, le boulot, le mari et la fille ! La nouvelle Valérie décide de s’accorder une trêve. Sans prévenir quiconque, elle prend  place dans le train direction Toulouse. Un aller Paris-Toulouse,  des passagers , un contrôleur … quoi de plus normal , me direz-vous ? Sauf que tout  ce petit monde va voir sa vie transformer durant le  temps du trajet. Serait-ce  La croisière s’amuse version ferroviaire ?  
Premier  livre de la sélection du 9ème prix des lecteurs du télégramme et j’espère que les autres lectures me laisseront une meilleure impression. Car si au  début de ma lecture, je frétillais presque d’enthousiasme peu à peu, la lassitude m’a gagnée. A vouloir faire trop d’effets de manches dans le loufoque, l’auteur a transformé mon engouement en la fatidique conclusion de « mouais ». Pourtant, ce huit-clos vaudevillesque avait tout pour me plaire. Valérie, la veille de ses quarante ans décide de s’offrir une parenthèse dans sa vie. La coupure dont on rêve forcément un jour ou l’autre. En tout cas, c’est ce que je souhaiterais  à l’heure où j’écris ce billet ( L’Ado number one qui chante à tue tête  en grattant sa guitare, l’Ado number two  qui crie pour demander le silence, le mari qui répond à côté de la plaque ( c'était quoi la question?) et moi qui hurle à mon tour ). Revenons à nos moutons... Relookée et  à l’aube de ses  40 ans, Valérie redécouvre la femme endormie au fond d’elle. Les regards flatteurs masculins, le plaisir de s’aimer et d’être désirable. De quoi se rappeler "Pretty Woman"  et Valérie décide  de s’appeler Julia (en référence à  l’actrice, pour ceux qui n’auraient pas vu le film… s’il en existe). Dans le train,  un vent de folie douce va peu à peu  gagner les passagers. Sachez que vous rencontrerez un  contrôleur (prénommé Germinal) aux idées anarchistes, un Universitaire passionné des bestiaires médiévaux  et  qu’une chorale sera même improvisée ! Et, comme dans la croisière s’amuse l’amour verra le jour.
Alors, oui c’est pétillant sauf que l’on tombe vite dans les clichés et dans la caricature. Surtout avec le couple Muriel-Vincent. Et, l’écriture de Carl Haderhold, vive et pétillante, n’est pas parvenue à sauver cette comédie à mes yeux.  Même si  j’ai pris plaisir au départ à me glisser tour à tour dans la peau des personnages, mon avis est lus que mitigé ! L’histoire est largement prévisible et ce qui devait être léger flirte par moments avec le grotesque.
Les avis de Cathulu, Chaplum, Choco, Soukee.
Et, pour ceux qui le veulent : Love, exciting and new. Tandammmmm. Come aboard, we're expecting youuuu. Love,tandam, life's sweetest reward. Let it floooow, it floats back to youuuuuu. Looooove Boat ....

vendredi 11 mars 2011

Justine Lévy - Mauvaise fille

Éditeur : Livre de poche - Date de parution : 02/02/2011 - 184 pages

 

La mère de Louise se meurt.  Le cancer l’a d’abord grignotée puis n’en a  fait qu’une bouchée. Louise découvre qu’elle est enceinte. Sans avoir eu le temps de le lui annoncer, Louise doit faire son deuil et se préparer  à cette idée d’être mère à son tour.
Mauvaise fille, mauvaise fille,  là c’est  moi qui le suis. Car oui, je l’avoue, j’avais des à priori sur ce livre ou plutôt sur l’auteure. Justine Levy étant la fille d’un certain Bernard-Henri, j’étais restée bloquée sur son ascendance sans chercher à la lire. Bon, j’ai enfin réparé mon erreur  et j’en suis bien contente ! Certains diront que Justine Lévy expose sa vie. Certes. Mais quand on le fait sans pathos et avec cette écriture,  le résultat est plutôt réussi. Premier livre de cette auteure que le lis et je suis contente de ma découverte ! A travers le personnage de Louise, il s’agit bien entendu de Justine Levy . Et  j’ai trouvé ce livre touchant.  Même si elle  auréole un peu  son père (Ohé, Œdipe, es-tu là ?), elle décrit sa mère sans fard. Mieux, elle ne provoque pas  la compassion ou la pitié chez le lecteur. On découvre que sa mère était l'opposé d'une maman gâteau.  Sans s’appesantir ou en faire de trop,  elle nous décrit  la peur de la mort et celle de devenir mère. On sent toute cette culpabilité qui véhicule  le spectre d’être une mauvaise mère. L’écriture est  vive, rythmée, franche  et  viscérale. Et là je dis bingo pour ce point ! Pas de temps mort, on se prend des émotions constrastées en pleine figure.
J'ai envie de dire peu importe où est la réalité, la part de fiction car j'ai souri et  j’ai été  émue. Donc mission accomplie !
Les billets d’Antigone, Canel, MyaRosa
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