lundi 21 mars 2011

Cristina Comencini - Quand la nuit

Éditeur : Grasset - Date de parution : Mars 2011 - 297 pages

Marina vient passer un mois dans un petit village de montagnes avec Marco, son fils de deux ans.  Elle loue un appartement à un montagnard Manfeld.  Un guide de haute montagne, un taiseux dont la fierté et  le mépris envers les femmes dissimulent bien  des blessures. Marina est jeune  et bien sûr, elle aime Marco.  Elle l’adore car il s’agit de son fils, de sa chair. Mais il s'agit aussi d'un enfant qui pleure ou  qui ne veut pas dormir. Alors, quelquefois Marina s’énerve, s’emporte contre lui  et le regrette. Elle a décidé de prouver au père de Marco qu’elle est une bonne mère et qu’elle peut s’occuper de son fils sans aide. Manfeld l’épie, la traque.   Comme s’il voulait lui faire payer la fuite de sa mère, l’abandon de sa femme.  Dans ce hameau montagneux  des Dolmites à la frontière autrichienne, tout prend une autre allure.  Marine qui semble si fragile est prête à tout pour ne pas montrer ses faiblesses.  Un soir, Marco est blessé. Manfeld veut que Marina avoue la vérite. Vérité honteuse...
Un combat s’instaure entre Marina et Manfeld.  Deux êtres que la solitude commune rapproche et sépare. Duel qui se joue sans mots mais où les non dits voleront en éclats. 
Même si ce livre n’est pas parfait sur tous les points, Cristina  Comencini charrie amour, culpabilité, haine,  remords  avec finesse. J'ai été émue, touchée par  Marina : sa volonté et sa difficulté d'être mère sont très bien décrites ! Il ne s’agit pas d’un thriller mais j’ai été tenue en haleine par les deux voix intimistes qui s’alternent très habilement...


samedi 19 mars 2011

Henning Mankell - Les chaussures italiennes

Éditeur : Points - Date de parution : 10/02/2011 - 373 pages magnifiques...

Fredrik Welin vit reclus sur une île de la Baltique depuis douze ans. A soixante-six ans, cet ancien chirurgien sans femme ni amis a pour seule activité une baignade quotidienne dans un trou de glace.  Un homme bourru, solitaire que  la visite régulière du facteur gêne.  Fredrik préfère la compagnie de son chien et de son chat. Il tient un journal où il consigne la météo.   Fredrik voit son ancien amour de jeunesse arrivé sur son île. Harriet munie de son déambulateur, Harriet, son cancer et la demande d’honorer une promesse qu’il lui avait faite il y a bien longtemps.
Dire que j’ai aimé ce livre est incomplet car  je l’ai ressenti, j’ai tourné chaque page en étant imprégnée de chaque mot ! J’ai eu la gorge serrée à la lecture de certaines phrases. Des phrases qui font mouche par leur sens profond et  qui interpellent. Je les ai relues  à voix hautes et transcrites précieusement dans un carnet le cœur vibrant d’émotions. Car les chaussures italiennes fait partie de ces livres qui vous laissent une marque indélébile.
Avec la venue d’Harriet, Fredrik se retrouve face à son passé, à ses actes manqués, aux portes dérobées qu’il a  ouvertes et empruntées. La fuite, le mensonge dont on rougit  et qui finalement conforte et sert de nid douillet. Personne n’est totalement blanc ou noir, chacun a ses secrets, ses fautes inavouées. Fredrik et Harriet vont peu à peu oser se dire la vérité.  Et comme toutes les vérités,  ça fait mal, ça réjouit ou ça donne envie de crier et de regretter tout ce temps passé. Harriet est mourante.  Fredrik acceptera sa demande qui le conduira à se remettre en question et à changer de vie. Progressivement, il enlèvera ses œillères, lèvera le voile sur  ses erreurs  et commencera une nouvelle vie tournée vers les autres.
Un livre magnifique où les personnages sont criants d’humanité et de cette quête de la vie.  Je reste volontairement avare en détails pour que cette histoire vous  transporte, vous colle à la peau et vous fasse vibrer. L’écriture fait ressortir et s’accorde comme un instrument de musique à la partition des sentiments. Et dans ce décor presque surréaliste de cette île perdue,  la tristesse, la gaieté ou la mélancolie n’en sont que plus beaux.   Le silence conféré aux paysages de cette nature de lacs, de forêts amplifie la portée des mots. Un gros coup de cœur !
Les gens sur les îles sont rarement bruyants ou expansifs. L'horizon est trop grand pour ça.


jeudi 17 mars 2011

Carl Aderhold - Les poissons ne connaissent pas l'adultère

Éditeur : JC Lattes - Date Parution : 20/01/2010 - 320 pages

Pour ses 40 ans,  les copines de Valérie lui offre une  séance de relooking. Le cadeau laisse son mari moqueur et c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Adieu la routine, le boulot, le mari et la fille ! La nouvelle Valérie décide de s’accorder une trêve. Sans prévenir quiconque, elle prend  place dans le train direction Toulouse. Un aller Paris-Toulouse,  des passagers , un contrôleur … quoi de plus normal , me direz-vous ? Sauf que tout  ce petit monde va voir sa vie transformer durant le  temps du trajet. Serait-ce  La croisière s’amuse version ferroviaire ?  
Premier  livre de la sélection du 9ème prix des lecteurs du télégramme et j’espère que les autres lectures me laisseront une meilleure impression. Car si au  début de ma lecture, je frétillais presque d’enthousiasme peu à peu, la lassitude m’a gagnée. A vouloir faire trop d’effets de manches dans le loufoque, l’auteur a transformé mon engouement en la fatidique conclusion de « mouais ». Pourtant, ce huit-clos vaudevillesque avait tout pour me plaire. Valérie, la veille de ses quarante ans décide de s’offrir une parenthèse dans sa vie. La coupure dont on rêve forcément un jour ou l’autre. En tout cas, c’est ce que je souhaiterais  à l’heure où j’écris ce billet ( L’Ado number one qui chante à tue tête  en grattant sa guitare, l’Ado number two  qui crie pour demander le silence, le mari qui répond à côté de la plaque ( c'était quoi la question?) et moi qui hurle à mon tour ). Revenons à nos moutons... Relookée et  à l’aube de ses  40 ans, Valérie redécouvre la femme endormie au fond d’elle. Les regards flatteurs masculins, le plaisir de s’aimer et d’être désirable. De quoi se rappeler "Pretty Woman"  et Valérie décide  de s’appeler Julia (en référence à  l’actrice, pour ceux qui n’auraient pas vu le film… s’il en existe). Dans le train,  un vent de folie douce va peu à peu  gagner les passagers. Sachez que vous rencontrerez un  contrôleur (prénommé Germinal) aux idées anarchistes, un Universitaire passionné des bestiaires médiévaux  et  qu’une chorale sera même improvisée ! Et, comme dans la croisière s’amuse l’amour verra le jour.
Alors, oui c’est pétillant sauf que l’on tombe vite dans les clichés et dans la caricature. Surtout avec le couple Muriel-Vincent. Et, l’écriture de Carl Haderhold, vive et pétillante, n’est pas parvenue à sauver cette comédie à mes yeux.  Même si  j’ai pris plaisir au départ à me glisser tour à tour dans la peau des personnages, mon avis est lus que mitigé ! L’histoire est largement prévisible et ce qui devait être léger flirte par moments avec le grotesque.
Les avis de Cathulu, Chaplum, Choco, Soukee.
Et, pour ceux qui le veulent : Love, exciting and new. Tandammmmm. Come aboard, we're expecting youuuu. Love,tandam, life's sweetest reward. Let it floooow, it floats back to youuuuuu. Looooove Boat ....
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