mercredi 23 mars 2011

Christian Ost - Un dé en acajou a disparu

Editeur : Quadrature - Date de parution : Janvier 2011 - 119 pages

Le titre complet de ce recueil est "un dé en acajou a disparu et autres nouvelles économiques". Oui, vous avez bien lu : économiques ! Pourtant, et ça n’est pas un scoop, tout le monde sait que je me suis fâchée avec les chiffres il y a quelques années.  Mais, point de chiffres ou de termes barbares et place à onze nouvelles de qualité !
Une écriture limpide, fluide  pour cet auteur qui est quand même docteur en  économie (allez, je le lui pardonne..) et professeur. Et là, Christian Ost n’a pas à rougir de complexe à  côté des nouvellistes. Car il sait manier la dérision sur son sujet .
Sans détailler toutes ces nouvelles essentiellement à chute, j’ai eu une préférence pour There is no bussiness like e-business  qui est excellente pour faire travailler ses zygomatiques. Ou quand par hasard un internaute se retrouve  par erreur à passer par erreur une commande auprès d’un magasin de jardinage. Dans Demain, j’anticiperai amour et économie ne font pas bon ménage (un conseil : si votre mari préfère se délecter des pages boursières au lieu de vous admirer dans votre petite nuisette, prêtez-lui ce livre!). Star Economy est un petit bijou…
Un recueil à lire !

Edit /Précisions : Quand je dis que je me suis fâchée avec  les chiffres c'est parce qu'ils  compartiment les personnes, les classent dans  une catégorie et les étiquettent.  On  se retrouve dans un pourcentage. On saute à pied-joints de célibataire à mariée, on fait même des enfants à virgule !  Et quelquefois, les nombres deviennent des ghettos d’où il est difficile de sortir.Et dire que dans ma vie "antérieure", j'étais Chargée d'Etudes dans le domaine ... des chiffres !

Conseillé et apprécié également par  Cynthia, Sylire

mardi 22 mars 2011

Fanny Chesnel - Une jeune fille aux cheveux blancs

Éditeur : Albin Michel - Date de parution : Février 2011 - 217 pages  relevées !

Caroline a soixante ans tout ronds. Elle range sa blouse de dentiste et bonjour la retraite ! Du temps libre, faire ce qu’on veut de ses journées sans un agenda de premier ministre. Mais ses filles redoutent qu’elle déprime,  qu’elle s’ennuie et lui offre un abonnement … pour des activités entre seniors au club Nouvel-âge.
Si à soixante ans j’ai la verve et le caractère de Caroline, je dis chouette ! Car  son franc-parlé, son dynamisme sont délicieux !  Et je ne me suis pas ennuyée une seconde en sa compagnie ! Mariée depuis plus de  tente ans, grand-mère comblée, Caroline ne se voit pas pour autant  faire du théâtre ou de l’aquagym avec des personnes retraitées. La retraite, voilà un mot qui fait peur à ses filles. Peur que leur mère si active avant  trouve le temps long.  Et avec une écriture enjouée, Fanny Chesnel met le doigt sur cet aspect social. Car qui dit retraite dit souvent de multiples activités et des journées bien remplies (et quelquefois bien plus que quand l’on était actif !).  Soixantenaire pimpante, Caroline va se surprendre et étonner sur bien des plans… La galerie des personnages est attachante, drôle sans tomber dans la caricature. Le veuvage, la solitude, l'amour et l'avenir sont traités sans fioriture. De façon juste et simple. Sans chercher à en faire de trop, bien au contraire. Et  l'on est aussi touché, pari gagné.

Un premier roman fort réussi qui réserve des surprises ! J’ai souri, j’ai rigolé franchement, je me suis questionnée et  j’ai poussé  un soupir de soulagement à la fin (vieux jeu, moi ? non !!!). Mais lisez-le…
-Chéri,  qu’est-ce que tu fais ?
-Rien, je fais un rêve érotique, rendors-toi.
-Avec moi ?
Je déteste quand il prend cet air de petite chatte.Ca nous infantilise et nous n’avons pas besoin de ça.
-Non, Philippe, tu ronfles comme un gorille, ça ne m’excite pas, je t’assure.
-C’est sympa de me réveiller en tout cas.
-Tu ne manques pas d’air : je n’ai pas dit un mot.
-T’es debout au milieu de la chambre, toute nue devant ton miroir, excuse-moi si ça m’angoisse.
-On n’a plus le droit de rêver alors ?

L’avis de Cuné.

lundi 21 mars 2011

Cristina Comencini - Quand la nuit

Éditeur : Grasset - Date de parution : Mars 2011 - 297 pages

Marina vient passer un mois dans un petit village de montagnes avec Marco, son fils de deux ans.  Elle loue un appartement à un montagnard Manfeld.  Un guide de haute montagne, un taiseux dont la fierté et  le mépris envers les femmes dissimulent bien  des blessures. Marina est jeune  et bien sûr, elle aime Marco.  Elle l’adore car il s’agit de son fils, de sa chair. Mais il s'agit aussi d'un enfant qui pleure ou  qui ne veut pas dormir. Alors, quelquefois Marina s’énerve, s’emporte contre lui  et le regrette. Elle a décidé de prouver au père de Marco qu’elle est une bonne mère et qu’elle peut s’occuper de son fils sans aide. Manfeld l’épie, la traque.   Comme s’il voulait lui faire payer la fuite de sa mère, l’abandon de sa femme.  Dans ce hameau montagneux  des Dolmites à la frontière autrichienne, tout prend une autre allure.  Marine qui semble si fragile est prête à tout pour ne pas montrer ses faiblesses.  Un soir, Marco est blessé. Manfeld veut que Marina avoue la vérite. Vérité honteuse...
Un combat s’instaure entre Marina et Manfeld.  Deux êtres que la solitude commune rapproche et sépare. Duel qui se joue sans mots mais où les non dits voleront en éclats. 
Même si ce livre n’est pas parfait sur tous les points, Cristina  Comencini charrie amour, culpabilité, haine,  remords  avec finesse. J'ai été émue, touchée par  Marina : sa volonté et sa difficulté d'être mère sont très bien décrites ! Il ne s’agit pas d’un thriller mais j’ai été tenue en haleine par les deux voix intimistes qui s’alternent très habilement...


Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...