jeudi 24 mars 2011

Richard Powers - Générosité

Éditeur : Le Cherche Midi - Date de parution : Mars 2011 - 471 pages de grand Art...

Thassa Amzwar, une jeune algérienne, poursuit  ses études à Chicago.  Après des émeutes en Kabylie son père a été tué et sa mère est décédée peu après  leur exil. Mais malgré un tel passif émotionnel, Thassa est souriante en permanence. Elle possède une joie de vivre  et le bonheur qu’elle dégage rayonne autour d’elle. Russel Stone, un professeur bien attentionné  remarque cette particularité. Très vite,  une énorme machine se met en route. Thassa serait-elle porteuse du gène du bonheur ?
Une fois commencé ce livre, difficile de le lâcher et quand je l’ai fini, le premier mot qui me soit venu à l’esprit a été un  « woahhhh » (oui, je sais ce n’est  pas un mot) admiratif ! Parce qu’il s’agit d’un livre de haute voltige, dense qui ne laisse aucun répit au lecteur !  Si Thassa se fait des amis auprès de  Russel Stone et de Candice Wels la psychologue de l’université, elle intéresse Thomas Kurton, le spécialiste des manipulations génétiques.  Son discours est bien rodé : isoler ce gène du bonheur permettrait de changer la vie de millions de personnes.  De quoi se mettre l’opinion publique dans la poche.  Thassa se retrouve au centre de toutes les convoitises, elle qui est la générosité incarnée.  Pas le temps de souffler, car si on se demande  si Thomas Kurton pense au bien du l’humanité ou veut fabriquer des hommes parfaits, l’auteur nous amène à réfléchir sur les dérives des médias et d’internet. Un livre où l’on est maintenu le souffle en haleine. Il nous offre des pistes  de réflexions mais ne nous sert pas la clé sur un plateau d’argent. A nous de nous faire notre propre opinion.  Du grand Art, Richard Powers m’a promenée, a aiguisé ma curiosité dans ce livre dense et  magistral !  J’en suis restée bouche bée…
Vous êtes prévenus : prévoyez de tourner les pages de ce livre avidement !
Merci à Solène pour la découverte de la fameuse collection Lot 49 !
Les billets de Cuné, Keisha
Peu après la publication du sermon de pasteur Mike sur le site de sa mégaéglise, l'une des personnes de cette paroisse tentaculaire partage sur un forum en ligne le fruit  de ses recherches : l'adresse de l'âme du pélerin , si d'aventure quelqu'un souhaitait échanger avec elle sur les bénédictions du Très-Haut.
La réaction est rapide et enthousiaste. Même la foi aime les économies d'échelle.

mercredi 23 mars 2011

Christian Ost - Un dé en acajou a disparu

Editeur : Quadrature - Date de parution : Janvier 2011 - 119 pages

Le titre complet de ce recueil est "un dé en acajou a disparu et autres nouvelles économiques". Oui, vous avez bien lu : économiques ! Pourtant, et ça n’est pas un scoop, tout le monde sait que je me suis fâchée avec les chiffres il y a quelques années.  Mais, point de chiffres ou de termes barbares et place à onze nouvelles de qualité !
Une écriture limpide, fluide  pour cet auteur qui est quand même docteur en  économie (allez, je le lui pardonne..) et professeur. Et là, Christian Ost n’a pas à rougir de complexe à  côté des nouvellistes. Car il sait manier la dérision sur son sujet .
Sans détailler toutes ces nouvelles essentiellement à chute, j’ai eu une préférence pour There is no bussiness like e-business  qui est excellente pour faire travailler ses zygomatiques. Ou quand par hasard un internaute se retrouve  par erreur à passer par erreur une commande auprès d’un magasin de jardinage. Dans Demain, j’anticiperai amour et économie ne font pas bon ménage (un conseil : si votre mari préfère se délecter des pages boursières au lieu de vous admirer dans votre petite nuisette, prêtez-lui ce livre!). Star Economy est un petit bijou…
Un recueil à lire !

Edit /Précisions : Quand je dis que je me suis fâchée avec  les chiffres c'est parce qu'ils  compartiment les personnes, les classent dans  une catégorie et les étiquettent.  On  se retrouve dans un pourcentage. On saute à pied-joints de célibataire à mariée, on fait même des enfants à virgule !  Et quelquefois, les nombres deviennent des ghettos d’où il est difficile de sortir.Et dire que dans ma vie "antérieure", j'étais Chargée d'Etudes dans le domaine ... des chiffres !

Conseillé et apprécié également par  Cynthia, Sylire

mardi 22 mars 2011

Fanny Chesnel - Une jeune fille aux cheveux blancs

Éditeur : Albin Michel - Date de parution : Février 2011 - 217 pages  relevées !

Caroline a soixante ans tout ronds. Elle range sa blouse de dentiste et bonjour la retraite ! Du temps libre, faire ce qu’on veut de ses journées sans un agenda de premier ministre. Mais ses filles redoutent qu’elle déprime,  qu’elle s’ennuie et lui offre un abonnement … pour des activités entre seniors au club Nouvel-âge.
Si à soixante ans j’ai la verve et le caractère de Caroline, je dis chouette ! Car  son franc-parlé, son dynamisme sont délicieux !  Et je ne me suis pas ennuyée une seconde en sa compagnie ! Mariée depuis plus de  tente ans, grand-mère comblée, Caroline ne se voit pas pour autant  faire du théâtre ou de l’aquagym avec des personnes retraitées. La retraite, voilà un mot qui fait peur à ses filles. Peur que leur mère si active avant  trouve le temps long.  Et avec une écriture enjouée, Fanny Chesnel met le doigt sur cet aspect social. Car qui dit retraite dit souvent de multiples activités et des journées bien remplies (et quelquefois bien plus que quand l’on était actif !).  Soixantenaire pimpante, Caroline va se surprendre et étonner sur bien des plans… La galerie des personnages est attachante, drôle sans tomber dans la caricature. Le veuvage, la solitude, l'amour et l'avenir sont traités sans fioriture. De façon juste et simple. Sans chercher à en faire de trop, bien au contraire. Et  l'on est aussi touché, pari gagné.

Un premier roman fort réussi qui réserve des surprises ! J’ai souri, j’ai rigolé franchement, je me suis questionnée et  j’ai poussé  un soupir de soulagement à la fin (vieux jeu, moi ? non !!!). Mais lisez-le…
-Chéri,  qu’est-ce que tu fais ?
-Rien, je fais un rêve érotique, rendors-toi.
-Avec moi ?
Je déteste quand il prend cet air de petite chatte.Ca nous infantilise et nous n’avons pas besoin de ça.
-Non, Philippe, tu ronfles comme un gorille, ça ne m’excite pas, je t’assure.
-C’est sympa de me réveiller en tout cas.
-Tu ne manques pas d’air : je n’ai pas dit un mot.
-T’es debout au milieu de la chambre, toute nue devant ton miroir, excuse-moi si ça m’angoisse.
-On n’a plus le droit de rêver alors ?

L’avis de Cuné.
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