mardi 29 mars 2011

Willa Marsh - Meurtres entre sœurs

Éditeur : Le Livre de Poche - Date de parution : Mars 2011 - 252 pages irrésistibles...

Vous voulez de l’humour noir, et caustique? Vous êtes à la recherche d’un livre qui se lit d’une seule traite ? Stop !!! N’allez pas plus loin, c’est  ce livre qu’il vous faut !
L'Angleterre et les années 1950. Le père  d’Olivia et la mère d’Emily, veufs tous les deux  décident de refaire leur vie ensemble. Les deux fillettes s’accommodent de la situation non sans mal puis deviennent très proches et soudées. Le bonheur prend fin pour elles lorsqu’une petite sœur Rosie s’invite. Liv et Em , jalouses, s’en prennent à l’adorable Rosie qui en grandissant se révèle être bien pire…
Tous les coups bas sont permis dans ce livre  comme celui de s’en prendre à la vie de sa sœur. Si Liv et Em me sont apparues au début comme deux petites pestes, eh bien Rosie se révèle machiavélique ! Rien ne l’arrête pour ainsi dire. Vénale, mesquine au point d’empêcher les mariages de ses sœurs.  Elle déploie des ruses, elle manigance pour arriver à ses fins et le tout de façon subtile. Un vrai stratège de guerre ! Mais Liv et Em vont découvrir le pot aux roses et même si c’est sur le tard, elles n'o nt pas dit leur dernier mot.  Du cynisme somme toute assez gentil mais suffisant pour me donner  un grand sourire aux lèvre (oui, j'ai un mauvais fond). Une lecture délicieusement distrayante sur fond d’humour noir !
C'est léger avec cette touche british , bref un livre idéal pour se changer les idées!

Merci à Theoma de me l’avoir proposé en LV. Et pour les billets,  on prend sa respiration car la liste est longue  : Alex, Anna, Brize, Canel, Cathulu, Choco, Kathel,  Keisha , Manu, Restling


lundi 28 mars 2011

Gary Victor - Le sang et la mer

Éditeur : Vents ailleurs - Date de parution : Septembre 2010 - 182 pages

Après la mort de leur mère, Hérodiane et son frère Estevel ont dû quitter leur village pour venir à Haïti. Ils s’installent à  Paradi. Un doux nom qui désigne  un bidonville accroché au flanc de la montagne. Agée de 17 ans, Hérodiane est d’une beauté qui ne laisse pas indifférent. Yvan, riche mulâtre la séduit et la jeune fille tombe amoureuse. Mais, les  princes charmants à la peau claire se révèlent quelquefois malhonnêtes et entrainent dans la déchéance les jeunes filles.
La nuit où le sang a jailli de mon ventre, j'ai rêvé de la mer marchant sur terre, telle une multitude de moutons dont la toison était l'écume blanchâtre des vagues venant battre en cadence les rochers dans la baie de Saint-Jean. A la lecture de cette  première phrase, j’ai su que j’allais aimer ce livre! Cette première phrase donne le ton, la mesure. Car voilà une lecture comme je les affectionne, à l’écriture travaillée où rien n’est laissé au hasard. Un livre porteur de messages et qui amène le lecteur loin, très loin. Une lecture où la poésie s’invite naturellement comme pour mieux  montrer la noirceur de la vie. Ici, Gary  Victor nous dépeint les quartiers pauvres d’Haïti, la survie et la débrouille. La face sombre d'un pays, celle de pauvreté, de la prostitution et de la corruption. Estevel est le grand frère protecteur, prêt à tous les sacrifices pour sa sœur. Comme il l' a promis à leur mère, Hérodiane fréquente une bonne école.  On peut se demander comment une jeune fille sérieuse et réfléchie peut tomber aussi facilement dans les bras d’Yvan?  Tous  les deux sont jeunes et beaux, ils s'aiment  mais la peau d’Hérodiane est d’ébène et elle est sans le sou.  Même si Yvan possède tous les apparats d’un prince charmant moderne, l’envers du décor est écœurant.  Et la fin n 'est pas celle d'un conte de fées : Ils ne se marièrent pas et n’eurent pas beaucoup d’enfant.
L’écriture de Gary Victor  est belle, fluide et  enveloppante.  Sans oublier cette touche de poésie qui se marie au surnaturel sans que cela soit choquant. Bien au contraire, le lien à la mer apparaît comme un cordon ombilical et salvateur.  
Une découverte que je ne suis  pas prête d’oublier !
Moi, j'avais cru pouvoir aller plus vite. Nous, les femmes, sommes arrivées, pour notre malheur parfois, à considérer comme normal, obigatoire même, un chemin pavé de briques cuites au feu de l'enfer.
Merci à Charlie et à ses drôles de Dames ( l’équipe de Dialogues Croisés pour ne pas les citer…). D’autres billets chez l'ami BOB. Livre lu dans le cadre du 9ème prix des Lecteurs du Télégramme.


 

dimanche 27 mars 2011

Les raisons de l'audimat

Gwen nous invite à concocter un texte à partir des ingrédients suivants :
  • la nuit
  • une rue sombre
  • de hauts talons
  • une silhouette furtive
  • et la désagréable sensation de n’être pas seul(e)
Et voici mon texte...

Emma était sortie tard de son travail. La  réunion s’était éternisée mais elle était contente car  son travail avait porté ses fruits. A trente-deux ans, elle présentait une émission sur une des chaines de télévision les plus regardées. Cerise sur le gâteau, son talk-show était diffusé à l’heure où les gens aiment se gaver de sensationnel. Les études de marché étaient formelles : après leur journée de travail, les téléspectateurs voulaient se divertir sans avoir l’impression d’être abrutis.  Elle souriait en s’avançant dans la rue sombre. Le bruit de ses talons aiguilles sur le bitume résonnait. Une gagnante ! Voilà ce qu’elle était ! L’orgueil était un sentiment si délicieux qui renforçait sa satisfaction.  La nuit était tombée depuis longtemps et  elle frissonna car elle ne portait qu’un léger tailleur.  La tête haute, un sourire carnassier aux lèvres, elle avançait tranquillement comme  guerrière repue. Emma se remémorait  les premières émissions. Dès le début, elle avait voulu frapper fort. Capter l’attention des téléspectateurs, les rendre accro à l’émission. Que chaque jour, ils bénissent l’heure de cette grand’messe qu’elle allait leur offrir. C’était chose faite. Un bruit la fit sursauter  et elle avait la sensation étrange que quelqu’un la suivait. Elle avait encore quatre cent mètres à parcourir pour atteindre la station de taxis. Ces rues peu fréquentées manquaient d’éclairage. L’envie de vérifier qu’elle se trompait était la plus forte. Elle se retourna et eut l’impression de voir une silhouette près d’une porte.  « Calme-toi, tu te fais des films », pensa-t-elle. L’émission qu’elle présentait cartonnait. Le concept avait fait exploser l’audimat : le public devait voter pour le reportage qui lui plaisait le plus. Amateurs, professionnels, tout le monde était  prêt à filmer n’importe qui, n’importe quoi. Il faut dire que le gagnant remportait une jolie somme.  Cete fois, elle était certaine, elle entendait des pases pressés.Affolée, elle se mit à courir.

Le lendemain, une vidéo parmi tant d’autres était adressée à la production de l’émission d’Emma. On y voyait une jeune femme frappée à mort par deux individus. Dévisagée, les yeux de la victime exprimaient toute la terreur possible.  Toute l’équipe cherchait à joindre Emma qui était introuvable. En repassant la vidéo, quelqu’un fit la remarque  qu’on pouvait déceler comme une lueur de regret dans ce regard.
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