mercredi 20 avril 2011

Julia Glass - Louisa et Clem

Éditeur : Editions des 2 terres - Date de parution : Mars 2011 - 427 pages

Louisa et Clem, deux sœurs et deux caractères opposés. Alors que Louisa est rangée et d’un tempérament calme, Clem est une fonceuse, une idéaliste, le genre de filles qui n’a pas froid aux yeux. Entre Louisa et Clem, il y a beaucoup d'étincelles, de mésententes et de rivalités.  Deux sœurs et deux vies éloignées.

Une histoire de sœurs écrite par Julia Glass. Normalement, j’aurais dû crier de joie et de bonheur. Me trémousser à la façon d’une reine de disco. Et bien non ! Même pas… je ne sais pas ce qui c’est passé mais il s’agit d’une lecture vraiment très mitigée en ce qui me concerne. D’emblée, j’ai eu du mal à cerner les deux personnages enfin plus exactement à savoir à qui j’avais à faire même si Louisa et Clem sont différentes. Louisa est mariée alors que Clem vit de multiples aventures. Louisa est comme une bernique sur son rocher alors que Clem a la bougeotte. Avec passion, Clem s'engage pour la cause animale et  le mariage de Louisa coule... En parallèle, la quête d’une reconnaissance réciproque s'amplifie.Sur 25 ans, on le suit séparemment mais il y a toujours un moment où elle se croisent ou se rejoignent. On assiste impuissant à un ballet de  pics de méchanceté ou à des tentatives de compréhension mutuelle. Hélas, je me suis ennnuyée une bonne partie du livre car je n’ai pas réussi à m’attacher à ces deux sœurs.  J'avoue une préférence pour Clem et l’insouciance qu’elle semble dégager. 

Il ne s'agit pas d'un livre gai ou heureux! La fin est particulièrement triste et surtout très amère...
Malgré l’écriture de Julia Glass, mon intérêt ne s’est (r)éveillé que dans les dernières pages du roman.

Les billets (et avis différents) de Cathulu, Cynthia, Keisha ( merci !), Leiloona, Manu, Saxaoul, et  Sylire .

lundi 18 avril 2011

Brady Udall - Le polygame solitaire

Éditeur : Albin Michel - Date de parution : Mars 2011 - 735 pages de bonheur total!

Pendant plusieurs jours, j’ai arboré un sourire banane qui frisait la niaiserie. Car une fois commencé, il est très difficile de lâcher ce roman… Une fois ma lecture débutée, la simple idée de penser que j’allais retrouver Golden Richard, ses quatre femmes et ses 28 enfants me remplissait de joie !  Nul besoin  d’être un adepte ou un défenseur de  la polygamie  pour aimer ce livre car il est tout simplement génial!

Golden n’est pas souvent auprès de sa famille.  Son entreprise de maçonnerie connaissant quelques  difficultés, il a accepté un chantier de construction un peu à part (une nouvelle maison close!) dans le désert du Nevada. Golden s'absente plusieurs jours durant la semaine et ne rentre que rarement chez lui . Bien entendu, ses quatre épouses ne sont pas au courant de la nature du chantier. Berverly, sa première épouse est très à cheval  sur les principes mormons. Elle a mis en place un programme d’échange pour les enfants entre la Grande et La Vieille Maison. Ainsi, Rusty se retrouve chez sa tante Beverly.  Agé de 11 ans et surnommé le terroriste de la famille, il s’agit d’un garçon  qui a des espoirs et des rêves comme n’importe quel enfant. Hélas, être fils  de polygame n’est pas toujours facile.  Golden n’est pas si heureux qu'il veut bien le faire croire. La mort de deux de ses enfants l’a profondément marqué. Sous ses apparences de géant maladroit, Golden est un homme sensible, doux et touchant. Alors que sa belle et grande famille prend l’eau et se désagrège, il  tombe amoureux d’une femme rencontrée près de son chantier. Dans son foyer,  les rivalités  entres les quatre épouses sont de plus en plus fortes. Bervely veut  imposer ses règles tandis que les sœurs et épouses Nola et Rose de Saron sont plus laxistes.  Trish, sa dernière épouse,  se morfond car elle ne peut donner d’enfant à Golden. Au fil des pages, le passé et les attentes de Golden, de ses épouses et de Rusty apparaissent tandis que les failles de la famille se creusent davantage.

Brady Udall revisite les thèmes de la famille, de l’amour, de la mort et il s’agit d’une réussite totale !!! J’ai souri, j’ai rigolé ( je  pense notamment à une scène ou Golden et Trish sont  au lit  qui est jubilatoire !) et  j’ai  été émue. Cerise sur le gâteau : on ne s’ennuie pas une seule seconde et les 700 pages se lisent toutes seules. L'écriture de Brady Udall est un vrai plaisir :  relevée, drôle... un vrai délice!
Que demander de plus ? Rien ! Du pur bonheur pour ce bon et vrai roman !

dimanche 17 avril 2011

Le crayon de Dieu

Le poète Aimé Césaire a écrit : Le crayon de Dieu lui-même n'est pas sans gomme.
A partir de cette phrase, les
impromptus littéraires nous invitent à écrire...

Durant plusieurs jours, Dieu avait créé, dessiné la terre, la végétation, les mers  et les animaux. Il s’était attelé à ce  travail avec joie.  Il allait s’offrir un monde harmonieux. Bien entendu, il fixa des règles. Certains animaux en mangeaient d’autres mais l’équilibre régnait. Heureux et satisfait, il contemplait  son œuvre. Les jours passaient et Dieu s’ennuyait. Les distractions lui manquaient. D’humeur bougonne, il apporta quelques modifications ici ou là.  Car heureusement, le crayon de Dieu  lui même n’est pas sans gomme. Pris d’une impulsion nouvelle, il revit sa copie. Il gomma certains animaux  trop imposants et  dessina  l’Homme d’un trait rapide et enthousiaste.  Il peaufina son travail voulant atteindre la perfection artistique. Il travailla encore et encore, gonflé de l’envie de faire toujours mieux. Puis, Dieu remit à l’Homme un livre, une sorte de mode d’emploi. Après tant de travail, il était fatigué et il s’accorda une longue sieste. L’ouïe anesthésiée par l’âge, Dieu n’entendait pas les cris qui s’élevaient de la terre.   Pendant qu’il dormait du sommeil du juste, l’Homme s’était acclimaté très bien et très vite dans son nouvel environnement. Lorsque Dieu se réveilla, il ne put que constater l’effroyable.  Toutes ses belles créations étaient abîmées, détruites. Des espèces animales avaient disparu. Rayées de la surface de la terre.  Les Hommes se querellaient entre eux. Pour avoir toujours plus, posséder, dominer. La pire humiliation pour Dieu  était qu’une poignée d’Hommes s’étaient approprié le droit de décider en son nom.  Il vit des enfants et des adolescents scander  son nom en brandissant des armes.  Le sang coulait, les Hommes s’harponnaient  entre eux  au nom de la Foi. Ces Hommes  avaient détourné les mots  du livre. Consterné, il se demandait que faire. Redessiner, créer à nouveau ? L’Homme serait bien capable de commettre les mêmes erreurs.   La gomme de son crayon était réduite à peau de chagrin.  Et chaque jour qui passait, Dieu était taraudé par une seule question. Dans  les cris et  les pleurs  des Hommes, était ce son propre péché qu’il entendait ?  
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