lundi 2 mai 2011

Vanessa Caffin - Rossmore avenue

Éditeur : BELFOND - Date de parution : Avril 2011 - 235 pages sans suprise...

Quatrième de couverture :
Lily Brochant s'est installée il y a dix ans à Los Angeles, où elle a suivi un amour de passage.
Allergique à l'inculture américaine, elle se débat au milieu du vernis californien, décidée à imposer un ton résolument irrévérencieux et parisien, bien intriguant pour la communauté du 500, Rossmore avenue, le petit immeuble chic et vieille Angleterre de Hancock Park où elle a posé ses valises.

Reine du shiatsu auprès d'une clientèle fortunée, elle se jette sur le pouls de ses voisins pour mieux traquer leurs manques affectifs : Jane, malmenée par un fils hyperactif bien décidée àdémasquer les infidélités de son mari ; Georges, un Français sexagénaire inconsolable depuis le décès de sa femme, parti à L.A dans l'espoir de rencontrer son idole, Sylvie Vratar; Luke, peintre dépressif en mal d'inspiration ; et Cora, concierge latino mélancolique rêvant de fuiren Norvège.  Mais quand le mari de Cora est retrouvé mort dans les poubelles et qu'un natif de L.A se met à courtiser Lily à la française, la vie prend des tours inattendus au 500, Rossmore avenueUne comédie délurée et subtile, dans l'esprit des Chroniques de San Francisco, où s'expriment avec justesse les fantaisies de l'âme humaine, la solitude et le doute.

Ah, la quatrième de couverture, il y a de quoi dire, n’est ce pas In Cold Blog ?  Aguicheuse et tentatrice  surtout quand elle vous attrape en faisant référence à un autre livre.  Et bingo ! Prise au piège sauf  que je suis passée complètement à côté de cette lecture. Pour avoir lu deux tomes des Chroniques de San Franscisco, je trouve la comparaison exagérée !

Pour être honnête, j’ai trouvé les personnages caricaturaux à l’extrême.  Beaucoup de clichés, trop de clichés, que des clichés. Et le cliché tue le cliché. Je me suis ennuyée du début à la fin. Le mari qui trompe  sa femme, le peintre en mal d’inspiration et le personnage principal : Lily. Elle chapote les habitants de ce petit immeuble, prend  le pouls de tout le monde (très important dans le shiatsu) et veut tomber amoureuse. Ah oui ! L'allergie à l'inculture américaine se résume à deux ou trois phrases délayées dans cette histoire...
L'écriture est agrable mais de là à dire que l'auteur décrit avec subtilité l'âme humaine(et là,  je préfère m'abstenir de tout commentaire).
Un livre comme un téléfilm américain sans surprise où les femmes se réveillent maquillées et coiffées ( fichtre!). 
Argent, tromperies, célibataire cherchant l'âme sœur : du déjà lu et vu...

Alors voilà, je n’ai pas envie  de m’éterniser sur un livre que je n’ai pas aimé du tout et que j'ai trouvé terriblement fade.
Inutile d'indiquer que je ne suis pas du tout d'accord avec cette quatrième de couverture. L'auteur peut se féliciter car son livre a été sélectionné au Festival de Berlin et un film verra le jour. Etonnant? Non car ce synopsis ( pardon) ce livre comporte les ingrédients de base...

Une lecture dans le cadre de Dialogues Croisés

dimanche 1 mai 2011

Jón Kalman Stefansson - Entre ciel et terre

Éditeur : Gallimard - Date de parution : Mars 2011 - 253 pages d'apothéose !

C’était en ces années  où, probablement, nous étions encore vivants. Mois de mars, un monde blanc de neige, toutefois pas entièrement. Ici la blancheur n’est jamais absolue, peu importe combien les flocons se déversent, que le froid et le gel  collent le ciel et la mer  et que le frimas s’infiltre au plus profond du cœur où les rêves élisent domicile, jamais le blanc ne remporte la victoire.
Premières lignes de ce livre, une invitation à un voyage d’où je suis ressortie  remplie d’émois et d’un bonheur pur. Lecture hypnotique semblable au ressac de la mer. Enveloppée par l'histoire et l'écriture, je me suis abandonnée.  Un bonheur indéfinissable qui m’a fait pleurer. Il s'agit de ces moments rares et privilégiés que nous offrent certaines lectures.
Comment parler de ce  coup de cœur ? Je l’ai lu il y a plus d’une semaine dans des conditions particulières.  Je partais pour mes vacances au soleil. Dans l’avion, les attitudes et  les conversations des passagers trahissaient  l’attente mêlée à la joie de goûter au sable blanc. Mais moi je n’étais plus avec eux. J’étais  en communion avec l’écriture de Stefánsson . J’accompagnais Bárour. Un pêcheur qui absorbé par les vers du paradis perdu du poète Milton en oublie sa vareuse. Plus qu’un vêtement, un accès à la survie lors de la pêche. Quand le vent vous mord le visage, que le froid vous pénètre le corps et que les vagues vous cinglent le visage dans cette mer  d’Islande. Une histoire où le ciel et la mer sont omniprésents. Des descriptions où la magie des mots  m’a coupée le souffle. Mais l’histoire ne se résume pas à la poésie qui coûte la vie à Bárour. Il s’agit d'une plongée dans un autre monde ! Les questionnements, les constats sur la vie et la condition de l’homme jalonnent avec force et grâce ce récit.  Un jeune gamin qui accompagnait Bárour veut lui rendre hommage. A sa façon. Rendre le livre prêté à Bárour à sa propriétaire. Et un deuxième voyage pour cette seconde partie. L’adolescent longe les ténèbres, les touche du doigt. La vie vaut-elle la peine d’être vécue ? Un flirt d'une beauté mélancolique avec la mort où  le souffle de la vie sera le plus fort.
Je n’ai pas lu ce livre, je l’ai ressenti. Il a pris possession de mon âme, de mon cœur. Je suis devenue une terre conquise par cette écriture magnifique et unique. Des mots qui fécondent bien plus qu’une histoire. Un joyau.
Ce livre fait partie de la sélection du 9ème prix des lecteurs du télégramme et il est sans aucun doute mon chouchou !
J’ai inséré tant de maque-pages que ce livre magnifique est devenu un hérisson ! Et il est  très difficile d’en choisir des extraits…
La joie, le bonheur et la chaleur brulante  de l’amour forment la trinité qui fait de nous des hommes, celle qui justifie l’existence et lui donne plus de grandeur que la mort, cependant, elle n’offre pas plus d’abri que cela contre les vents venus du poème.
Certains poèmes nous conduisent  en des lieux que nuls mots n’atteignent, nulle pensée, ils vous guident jusqu’ à l’essence même, la vie s’immobilise l’espace d’un instant et devient belle, limpide de regrets ou de bonheurs.

Les billets de Dominique, Gambadou, BelleSahi, Noann


jeudi 21 avril 2011

Leslie Bedos - Tombée sur la tête

Éditeur : JC Lattès - Date de parution : Mars 2011 - 139 pages

J’ai dévoré ce roman !  L’écriture de Leslie Bedos est virevoltante, pétillante.  En peu de pages, elle nous fait plonger dans le monde et dans la tête de Léna.  Et, il s’agit d’une descente vertigineuse. Accrochez-vous !
Entre ses ratés, ses TOC, son humeur  changeante, Léna revisite son enfance. Il y a une histoire étouffée. Etouffée, inavouée donc pas très reluisante.  Une mère qui vous laisse tomber du premier  étage. Forcément, même en étant  adulte, des séquelles peuvent apparaître. C’est peut-être d’ailleurs pour ça que Léna emboutit sans arrêt sa voiture, qu’elle est  hyper anxieuse, qu’elle a des problèmes de poids ou qu’elle cède aux achats compulsifs. Etre mère et épouse quand on ne fait pas les choses comme les autres, ce n’est pas une sinécure. La faute à qui d’abord ?  Léna  n’a rien demandé mais maintenant elle est obligée d’aller consulter. Mais de là à accepter le passé et à dénoncer sa mère, il y a un fossé. Sauf que le fossé s’amoindrit surtout quand on peut reproduire le même schéma.

Léna a ce don  pour parler des choses graves  sur un ton léger ou avec détachement. Pas le temps de reprendre son souffle, on est  valdingué sans que jamais ça ne sombre dans le pathos. J'ai été secouée et interpellée ! Un récit qui sonne comme un appel  à l'aide. Troublant de sincérité, drôle et touchant !  Mon seul bémol  : une fin un trop prévisible.

Quand il s’agit de faire n’importe quoi, je ne suis jamais loin. ( tiens, ça me rappelle quelqu'un...)
Les billets de Cathulu, Libouli
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