J'ai terminé ce livre il y a déjà un moment. J'avais beau y réfléchir à comment vous en parler, je me sentais dans une impasse. Comment vous faire part de mes ressentis, de mon trouble et de ma surprise ? L'adolescence est une période charnière où les corps muent, la pensée s'ouvre et les idéaux sont bien souvent bousculés. Le narrateur devenu adulte revient sur cette période. Qui est-il vraiment? Garçon, fille ? Impossible de le savoir . Lycéen dans une école d'où sortent des élèves programmées à réussir, il s'agit d'un élève effacé, timide, se plongeant corps et âme dans le grec. Amour démesuré, entier pour la mythologie grecque, sorte de refuge intemporel dans lequel il vit. Il se prend de passion pour un livre ancien de la bibliothèque. Un jour, il constate avec stupeur que son livre a été emprunté. Non pas par un de ses élèves modèles mais par Tadeusz, fils d'émigrés polonais. Deux élèves opposés par leur condition sociale mais unis par le même amour. Notre narrateur va se transformer à ses côtés mais surtout ouvrir les yeux sur le monde tel qu'il est. Un monde où des émeutes grondent à cause des inégalités sociales, où des jeunes crient haut et fort leur malaise. Il s'agit d'un choc, d'un séisme pour lui ! Comment a t'il pu s'enfermer dans une gangue dorée ? Les oeillères sautent brutalement. L'incompréhension, la révolte l'habitent et cette soif de s'affirmer. Son amitié avec Tadeusz lui fait prendre conscience de la condition des uns et de celle des autres. L'injustice lui saute au visage.
Les pages se tournent et on découvre l'identité de notre narrateur. La surprise est totale ! Car Anne Percin ne trahit pas son ange. Sans tout dévoiler, la fin du livre m'a prise à la gorge. Une fin très dure.
J'ai été émue, troublée une fois de plus par cette auteure ! Avec beaucoup de sensibilité, les émois de l'adolescence y sont retranscrits. Sans flonflon mais avec l'écriture si belle et si juste d'Anne Percin.
J'acquiesçais. il ne pouvait pas avoir tort, avec cette voix-là, venant d'où il venait. Et j'étais très proche de ce point de vue-là, moi aussi. Foutre le feu. Tout casser. Ce n'était pas mon vocabulaire, mais l'idée était tentante. Secouer ce qui m'emprisonnait, et qui n'était même pas une chaîne, comme un animal libre aurait pu en avoir une, mais plutôt une sorte de carcan. Un sarcophage où j'étais la momie.



