mercredi 25 mai 2011

Anne Percin - L'âge d'ange

Éditeur : Ecole des Loisirs - Date de parution : septembre 2008- 127 pages





J'ai terminé ce livre il y a déjà un moment. J'avais beau y réfléchir à comment vous en parler, je me sentais dans une impasse. Comment vous faire part de mes ressentis, de mon trouble et de ma surprise ?  L'adolescence  est une période charnière où les corps muent, la pensée s'ouvre et les idéaux sont bien souvent bousculés.    Le narrateur devenu adulte revient sur cette période. Qui est-il vraiment? Garçon, fille ? Impossible de le savoir .  Lycéen dans une école d'où sortent des élèves programmées à réussir, il s'agit d'un élève effacé, timide, se plongeant corps et  âme dans le grec.  Amour démesuré, entier pour la mythologie grecque, sorte de refuge intemporel dans lequel il vit. Il se prend de passion pour un livre  ancien de la bibliothèque. Un jour, il constate avec stupeur que  son livre a été emprunté. Non pas par un de ses élèves modèles mais par Tadeusz, fils d'émigrés polonais. Deux élèves opposés par leur condition sociale mais unis par le même amour. Notre narrateur va se transformer à ses côtés mais surtout ouvrir les yeux sur le monde tel qu'il est. Un monde où des émeutes grondent à cause des inégalités sociales, où des jeunes crient haut et fort leur malaise. Il s'agit d'un choc, d'un séisme pour lui !  Comment a t'il pu s'enfermer dans une gangue dorée ? Les oeillères sautent brutalement. L'incompréhension, la révolte l'habitent et cette soif de s'affirmer. Son amitié avec Tadeusz lui fait prendre conscience de la condition des uns et de celle des autres. L'injustice lui saute au visage.  





Les pages se tournent et on découvre l'identité de notre narrateur. La surprise est totale ! Car  Anne Percin ne trahit pas son ange. Sans tout  dévoiler, la fin du livre m'a prise à la gorge. Une fin très dure. 

J'ai été émue, troublée une fois de plus par cette auteure ! Avec beaucoup de  sensibilité, les émois de l'adolescence y sont retranscrits. Sans flonflon mais avec l'écriture si belle et si juste d'Anne Percin. 

J'acquiesçais.  il ne pouvait pas avoir tort, avec cette voix-là, venant d'où il venait. Et j'étais très proche de ce point de vue-là, moi aussi. Foutre le feu. Tout casser. Ce n'était pas mon vocabulaire, mais l'idée était tentante. Secouer ce qui m'emprisonnait, et qui n'était même pas une chaîne, comme un animal libre aurait pu en avoir une, mais plutôt une sorte de carcan. Un sarcophage où j'étais la momie.

Les billets de Canel, CatheLaure, In Cold Blog

Rencontre avec Carole Martinez

J’ai eu l’immense honneur et la chance de rencontrer Carole Martinez lors de sa venue hier chez Dialogues. Et je peux vous dire qu’elle à l’image de son roman Le coeur cousu !
Une auteure chaleureuse qui arbore un sourire rempli de gentillesse et d’humilité.Nous avons  échangé en toute simplicité sur divers sujets et comme je suis bavarde, le temps a passé trop vite !   Je peux vous dire qu’elle aime l’écriture de Fabienne Juhel et surtout vous dévoiler un scoop ! Oui !!!!
S’il n’y avait pas eu du monde au café, je crois que j’aurais poussé un grand whaouuuu de joie. Car  il y a nouveau livre de prévu !!!! Le prochain roman de Carole Martinez intitulé Du domaine des murmures sortira à  la rentrée littéraire de septembre. Et je peux vous dire que je suis déjà sur un petit nuage de bonheur !  En attendant, je compte les jours ...

Merci à Carole Martinez pour ce beau moment et à  Clémence pour sa confiance.   

mardi 24 mai 2011

Maggie O'Farrell - Cette main qui a pris la mienne

Éditeur : Belfond- Date de parution : Avril 2011 - 419 pages comme je les aime!

Fin des années 50, Lexie, vive et impétueuse quitte son Devon natal pour s’installer à Londres. Par le plus grand des hasards, la jeune femme fait connaissance d’Innes Kent journaliste et passionné d’art. Lexie découvre Londres, la liberté, l’indépendance et l’amour avec Innes. Quarante plus tard, Elina vient de mettre au monde son premier enfant. Cet accouchement a failli lui coûter la vie.  Elina a du mal à s’en rappeler alors que son compagnon Ted semble perturbé par des éléments manquants de son enfance.

Je le dis d’emblée, j’ai adoré ce livre ! La construction savamment menée permet de suivre le destin de Lexie et la vie d’Elina en parallèle. Deux femmes, deux époques, une seule ville et des points de jonction. Un lieu ou un objet et les destins se croisent, se lient le temps d’un instant fugace.  Lexie possède l’impétuosité de la jeunesse. Déterminée à vivre pleinement sa vie, elle n’a pas froid aux yeux. Avec Innes, elle connaît l'amour et apprend les rouages du journalisme. Ils ne roulent pas sur l’or mais sont heureux.   Seule ombre au tableau : lui est déjà marié à une femme dénuée de tout scrupule et seulement intéressée par l’argent.  La mort brutale et inattendue d'Innes sera un tournant dans la vie de Lexie. Quelques années plus tard, elle deviendra une mère célibataire, indépendante vouée à son travail et à son enfant. Elina se glisse elle aussi dans la peau d’une jeune maman. Désemparée de ne pas se souvenir de son accouchement, elle tâtonne dans son rôle. Elle découvre avec bonheur les fils invisibles de l'amour maternel. Ted, son compagnon essaie de l’aider au mieux. Il lui manque des souvenirs d'enfance mais la naissance de son fils va influer sur sa mémoire. Des images lui reviennent à l'esprit avec la sensation que ses parents lui ont caché certaines choses. 

Petit à petit, les pièces du puzzle se dessinent plus clairement et s’emboîtent. Maggie O’Farrell s’amuse par moments à interpeler le lecteur, à rembobiner certains évènements . J’ai aimé suivre ces deux femmes, leurs questionnements, les doutes d’Elina. Les relations mère-enfant sont transcrites par une multitude de détails aussi précieux que le bonheur qu’ils apportent. On comprend combien les décisions voulues ou contraintes ont des conséquences et des bouleversements à répercussion. Les personnages mis en scène tournoient dans le ballet des sentiments, des aléas de la vie avec subtilité, force ou désarroi.

Un vrai bon moment lecture et on oublie vite la photo de couverture !

Les avis (variés) d'Antigone, Cathulu, Sandrine (SD49)Valérie et Ys

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