jeudi 26 mai 2011

Nicolas d'Estienne d'Orves - Je pars à l'entracte

Éditeur : NIL ( collection : Les affranchis) - Date de parution : mars 2011 - 73 pages

Quel plaisir de découvrir un autre livre de la nouvelle collection les affranchis après celui d'Annie Ernaux L’autre fille. Le principe est le même : l’auteur a carte blanche pour écrire la lettre qu’il souhaite.  Nicolas d’Estienne d’Orves s’interroge : écrire à qui ? Son père, son banquier, Dieu ? Non, il va écrire à un ami prénommé lui aussi Etienne.  Plus qu’un ami, un frère, une moitié avec qui il a tout partagé :  la complicité, l’arrogance de l’adolescence, les études et la passion des Arts.  On pourrait croire à la belle amitié sans faille. Erreur, le ton est très vite donné : « tu avalais mon oxygène, avant d’aspirer celui des autres ».  Trente années d’une amitié qui s'est métamorphosée petit à petit. Adulé, son ami Nicolas  s‘érigeait en maître à penser.  A l'âge adulte, il refusait de travailler par principes, répugnant l'argent. Un être figé dans ses idéaux . Et puis, la claque survient. Sans prévenir.  Nicolas s’est suicidé et le mot soulagement est employé.  Au lieu d’en dresser un portrait  baigné de compassion, Nicolas d’Estienne d’Orves  nous décrit comment Nicolas s’était enfermé dans une gangue utopiste sans jamais pouvoir s’en sortir. L’auteur ne se donne pas le beau rôle, non, il nous parle de cette amitié  devenue égoïste et destructrice,  avec toute l’ambigüité qu’elle peut revêtir.
Avec un style impeccable flirtant avec l’impertinence, l’auteur nous livre un texte fort et sincère. Remarquable.
J’ai été soufflée…
Je respire mieux car je ne tens plus  t'étouffer à chaque pas, te confire dans tes humiliations, suffoquer de rage, de dépit, d'aigreur, de frustrations. Le spectacle de  tes impuissances avait fini par me faire un mal intime, et c'est aussi pour ça que je ne t'appelais plus. Tu étais devenu un autre sans jamais changer.
Si je vous parle de ce livre ce n’est pas par hasard. Et oui, car aujourd’hui  débute l’opération Nationale A vous de lire 2011  dont le thème est cette année , vous l’aurez deviné, la correspondance.

 

mercredi 25 mai 2011

Anne Percin - L'âge d'ange

Éditeur : Ecole des Loisirs - Date de parution : septembre 2008- 127 pages





J'ai terminé ce livre il y a déjà un moment. J'avais beau y réfléchir à comment vous en parler, je me sentais dans une impasse. Comment vous faire part de mes ressentis, de mon trouble et de ma surprise ?  L'adolescence  est une période charnière où les corps muent, la pensée s'ouvre et les idéaux sont bien souvent bousculés.    Le narrateur devenu adulte revient sur cette période. Qui est-il vraiment? Garçon, fille ? Impossible de le savoir .  Lycéen dans une école d'où sortent des élèves programmées à réussir, il s'agit d'un élève effacé, timide, se plongeant corps et  âme dans le grec.  Amour démesuré, entier pour la mythologie grecque, sorte de refuge intemporel dans lequel il vit. Il se prend de passion pour un livre  ancien de la bibliothèque. Un jour, il constate avec stupeur que  son livre a été emprunté. Non pas par un de ses élèves modèles mais par Tadeusz, fils d'émigrés polonais. Deux élèves opposés par leur condition sociale mais unis par le même amour. Notre narrateur va se transformer à ses côtés mais surtout ouvrir les yeux sur le monde tel qu'il est. Un monde où des émeutes grondent à cause des inégalités sociales, où des jeunes crient haut et fort leur malaise. Il s'agit d'un choc, d'un séisme pour lui !  Comment a t'il pu s'enfermer dans une gangue dorée ? Les oeillères sautent brutalement. L'incompréhension, la révolte l'habitent et cette soif de s'affirmer. Son amitié avec Tadeusz lui fait prendre conscience de la condition des uns et de celle des autres. L'injustice lui saute au visage.  





Les pages se tournent et on découvre l'identité de notre narrateur. La surprise est totale ! Car  Anne Percin ne trahit pas son ange. Sans tout  dévoiler, la fin du livre m'a prise à la gorge. Une fin très dure. 

J'ai été émue, troublée une fois de plus par cette auteure ! Avec beaucoup de  sensibilité, les émois de l'adolescence y sont retranscrits. Sans flonflon mais avec l'écriture si belle et si juste d'Anne Percin. 

J'acquiesçais.  il ne pouvait pas avoir tort, avec cette voix-là, venant d'où il venait. Et j'étais très proche de ce point de vue-là, moi aussi. Foutre le feu. Tout casser. Ce n'était pas mon vocabulaire, mais l'idée était tentante. Secouer ce qui m'emprisonnait, et qui n'était même pas une chaîne, comme un animal libre aurait pu en avoir une, mais plutôt une sorte de carcan. Un sarcophage où j'étais la momie.

Les billets de Canel, CatheLaure, In Cold Blog

Rencontre avec Carole Martinez

J’ai eu l’immense honneur et la chance de rencontrer Carole Martinez lors de sa venue hier chez Dialogues. Et je peux vous dire qu’elle à l’image de son roman Le coeur cousu !
Une auteure chaleureuse qui arbore un sourire rempli de gentillesse et d’humilité.Nous avons  échangé en toute simplicité sur divers sujets et comme je suis bavarde, le temps a passé trop vite !   Je peux vous dire qu’elle aime l’écriture de Fabienne Juhel et surtout vous dévoiler un scoop ! Oui !!!!
S’il n’y avait pas eu du monde au café, je crois que j’aurais poussé un grand whaouuuu de joie. Car  il y a nouveau livre de prévu !!!! Le prochain roman de Carole Martinez intitulé Du domaine des murmures sortira à  la rentrée littéraire de septembre. Et je peux vous dire que je suis déjà sur un petit nuage de bonheur !  En attendant, je compte les jours ...

Merci à Carole Martinez pour ce beau moment et à  Clémence pour sa confiance.   
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