samedi 28 mai 2011

Lettre de Colette à Maurice Ravel

Toujours dans le cadre de l'opération A vous de lire 2011, je vous propose de découvrir une lettre adressée par cette chère Colette à son "vieux" probablement Maurice Ravel.


À la demande de Jacques Rouché, directeur de l'Opéra  de Paris, Colette travaille à un livret pour un projet de ballet, qui se transforme en livret de fantaisie lyrique dansée : L'Enfant et les sortilèges. À partir de 1916, elle collabore avec Maurice Ravel qui n'achèvera la musique qu'en 1924. La fantaisie sera créée à l'opéra de Monte-Carlo, le 21 mars 1925, sur une chorégraphie de Georges Balanchine. Cette lettre, sans doute adressée à Ravel, semble évoquer un projet de création à Londres. Colette informe le compositeur de son entrevue avec la ballerine russe Anna Pavlova : « Elle trouve la chose très intéressante mais elle demande qu'on lui envoie la réduction pour piano avec le scénario écrit dessus [...] elle dit qu'elle monterait la chose à Londres tout de suite ».


Une lettre écrite  dans l’urgence mais avec naturel. Ah Colette ! Une de mes auteures chouchoutes avec qui j'ai passé de nombreuse heures à l'adolescence...

vendredi 27 mai 2011

Lionel Duroy - Colères

Editeur : Julliard - Date de parution : Mars 2011 - 211 pages


Je ne pensais pas lire ce livre. En discutant avec une de mes libraires, elle m'a donnée envie de découvrir par moi-même l'histoire de Marc. Un homme dont les angoisses l'empêchent de dormir, un homme qui s'est investi à corps et âme dans son autobigraphie, un homme dont le fils l'a arnaqué. Son propre fils. La colère l'envahit et il écrit. Il écrit sa colère légitime,cherche ce qu'il a pu rater dans l'éducation de son fils. 


Auteur de son état, l'écriture lui permet de rester debout quand d'autres s'effrondrent. A travers Marc, il s'agit de Lionel Duroy qui se livre. Entièrement, sans artifice. Le poids de son enfance a laissé des empreintes indélébiles, il cherche des liens. La peur d'avoir reproduit certaines erreurs de ses parents est là. Peur qui prend aux tripes et qui ronge. Sa femme décide de prendre ses distances, une de ses filles ne souhaite qu'une chose  : partir. Quand tout s'effondre, Lionel Duroy écrit. Certains diront auto-apitoiement, sensiblerie, égoïste et grand déballage de vie, je n'ai rien vu de tel. L'écriture permet à Lionel Duroy de rester debout, forme salvatrice qui provoque des remous et creuse des failles intérieures. Il porte et  assume les chaos portés et engendrés par son écriture avec sensibilité. 


J'ai lu ce livre en apnée, en une seule fois. il s'agit d'une introspection émouvante toute en pudeur qui m'a beaucoup touchée !

jeudi 26 mai 2011

Nicolas d'Estienne d'Orves - Je pars à l'entracte

Éditeur : NIL ( collection : Les affranchis) - Date de parution : mars 2011 - 73 pages

Quel plaisir de découvrir un autre livre de la nouvelle collection les affranchis après celui d'Annie Ernaux L’autre fille. Le principe est le même : l’auteur a carte blanche pour écrire la lettre qu’il souhaite.  Nicolas d’Estienne d’Orves s’interroge : écrire à qui ? Son père, son banquier, Dieu ? Non, il va écrire à un ami prénommé lui aussi Etienne.  Plus qu’un ami, un frère, une moitié avec qui il a tout partagé :  la complicité, l’arrogance de l’adolescence, les études et la passion des Arts.  On pourrait croire à la belle amitié sans faille. Erreur, le ton est très vite donné : « tu avalais mon oxygène, avant d’aspirer celui des autres ».  Trente années d’une amitié qui s'est métamorphosée petit à petit. Adulé, son ami Nicolas  s‘érigeait en maître à penser.  A l'âge adulte, il refusait de travailler par principes, répugnant l'argent. Un être figé dans ses idéaux . Et puis, la claque survient. Sans prévenir.  Nicolas s’est suicidé et le mot soulagement est employé.  Au lieu d’en dresser un portrait  baigné de compassion, Nicolas d’Estienne d’Orves  nous décrit comment Nicolas s’était enfermé dans une gangue utopiste sans jamais pouvoir s’en sortir. L’auteur ne se donne pas le beau rôle, non, il nous parle de cette amitié  devenue égoïste et destructrice,  avec toute l’ambigüité qu’elle peut revêtir.
Avec un style impeccable flirtant avec l’impertinence, l’auteur nous livre un texte fort et sincère. Remarquable.
J’ai été soufflée…
Je respire mieux car je ne tens plus  t'étouffer à chaque pas, te confire dans tes humiliations, suffoquer de rage, de dépit, d'aigreur, de frustrations. Le spectacle de  tes impuissances avait fini par me faire un mal intime, et c'est aussi pour ça que je ne t'appelais plus. Tu étais devenu un autre sans jamais changer.
Si je vous parle de ce livre ce n’est pas par hasard. Et oui, car aujourd’hui  débute l’opération Nationale A vous de lire 2011  dont le thème est cette année , vous l’aurez deviné, la correspondance.

 
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