mardi 31 mai 2011

Ahmed Kalouaz - Avec tes mains

Éditeur : Le Rouergue ( Collection La brune) - Date de parution : 2009- 110 pages et un coup de cœur !

Parler de toi, mon père, c’est remonter un fleuve en pirogue. A l’heure de ces premières lignes lancées sur le papier, je cherche le lieu où tu pourrais être en 1932. Ce sera le début. Il en faut un, puisque ces pages à venir, maintes fois repoussées, timidement viennent enfin à moi. 
Ce livre débute par ces lignes. Et à leur lecture, j’ai eu cette conviction intime que j’allais accéder à un bonheur rare et intense.  Comment parler de ce livre qui continue de m’habiter ? Comment trouver les mots justes comme Ahmed Kalouaz est parvenu à le faire ?
A partir de photos et  de souvenirs, Ahmed Kalouaz nous raconte la vie de son père. Né en 1917 en Algérie, son enfance a été marquée par la dureté de la vie : un père mort à la guerre, une mère qui l’a abandonné.   Une enfance exploitée et passée à travailler pour pouvoir manger.  La seconde Guerre mondiale lui fera porter la tenue des tirailleurs pour notre mère patrie. En 1952, il quitte l’Algérie pour venir s’installer en France. Le pays a besoin d’hommes et de bras.  Il fait venir sa famille mais les événements le rattrapent et  les Algériens sont montrés du doigt. Puis les années 1970 où le travail se fait rare alors qu’il y a la famille nombreuse à élever.
Au début de l’exode, le mot France voulait dire de l’argent et de la nourriture. Ce sont au fil des ans des enfants, beaucoup d’enfants. Avec ces naissances, le mal du pays se transforme. Parce nous prenons place naturellement ici, votre pays de cocagne se dérobe sous vos pieds, s’effiloche.
Court récit mais d’une intensité  poignante qui prend aux tripes et à la gorge.  L’auteur n’enjolive pas  ou ne noircit pas le tableau. Dans cet hommage vibrant  et intelligent à son père, Ahmed Kalouaz  va plus loin que de poser  les jalons d’une vie. Tout en pudeur, les meurtrissures apparaissent. Difficultés de deux générations à trouver leurs places alors que les désillusions sont nombreuses.  L’auteur met en garde contre le fanatisme religieux, un refuge pour de nombreux jeunes qui ont perdu l’espoir.  Ce livre est d’une telle intensité que j’ai eu les larmes aux yeux.
Un coup de cœur sincère pour ce livre qui rend hommage à des hommes bien souvent oubliés.
Pendant que nous allions à l’école, tu demeurais dans la classe des dominés, tout ce qui était digne d’être montré ne pouvait qu’être le fruit du travail de tes mains.
Les billets de Fransoaz, Sylire et Yv.
Et une nouvelle : Ahmed Kalouaz publiera en novembre prochain le deuxième volet de ce livre consacré à sa mère.

lundi 30 mai 2011

John Verdon - 658

Éditeur : Grasset - Date de parution : Mai 2011 - 441 pages qui mettent du temps à démarrer...


Imaginez, vous  recevez un courrier qui vous demande de penser à un nombre au  hasard.  Et le nombre 658 vous vient à l'esprit. Maintenant, vous trouvez ce nombre inscrit  dans une  seconde enveloppe et on vous demande un chèque.  Il y a de quoi se poser des questions  surtout quand votre expéditeur inconnu vous envoie d'étranges poèmes. Marc Mallery a suffisament peur pour contacter un ancien  collègue de fac David  Gurney, un ancien policier qui a pris depuis sa peu sa retraite. 


Je lis très peu de thrillers et quand ça se produit,  j'attends  d'être tenue en haleine par le suspense  ou par la construction de l'intrigue. J'aime émettre des hypothèses et tourner avec une certaine frénésie les pages en me mordillant la lèvre inférieure (tic peu élégant, mais bon...) . J'ai trouvé des points positifs et d'autres négatifs à ce livre. David Gurney est un flic conscensieux, méticuleux pour qui la psychologie est un aspect important. Toujours posé, il ne néglige aucune piste  quand Marc est retrouvé assassiné. Et à partir de ce moment, il s'investit corps et âme dans cette affaire malgré les repoches sous-entendues de son épouse Madeleine. Il cherche une logique surtout que Marc avait une vie confortable. Seul point noir : un passé d'ancien alcoolique.  


Par contre, j'ai trouvé lent, très lent le ryhtme de ce livre. Il m'a fallu attendre la deuxième partie pour que ma curiosité soit vraiment titillée. Et là, oui, j'ai pris plaisir à suivre David Gurney : ses questionnements, sa façon d'enquêter.

Certaines  ficelles sont un peu grosses et l'adrénaline n' a pas été à son maximum... Ma lèvre inférieure est intacte ! 


Les billets de Cathulu, Gwen, Keisha,  Leiloona ( mon avis est  similaire au sien) et Stephie.  

dimanche 29 mai 2011

Karine Reysset - Comme une mère

Éditeur : Points- Date de parution : Avril 2009 - 159 pages

La semaine dernière, Antigone a posté un billet sur A ta place de Karine Reysset. Le nom de cette auteure m’a interpellée. A l’assaut de mes mes tours palesques, j'ai déniché ce livre qu m'attendait sagement.  
Emilie, 19 ans, est enceinte et veut accoucher sous X. Elle n’a pas les moyens d’élever cet enfant. Après l’accouchement, elle a prévu de  démarrer une nouvelle vie : suivre une formation à St Malo, s’éloigner de Paris.  Fini les foyers et les galères. Judith, elle espère enfin donner vie à son premier enfant. Son ventre jusqu’à présent a refusé de mener à terme ses précédentes grossesses. Cette fois, elle en est certaine, elle va être mère.
Les vies de ces deux femmes se croisent à la maternité. Emilie met au monde une petite Léa tandis que le bébé de Judith meurt peu après l’accouchement.  Judith sait que Léa va être adoptée. Elle a tant d’amour en réserve à donner et  sur un coup de folie, elle s’enfuit avec la petite Léa.  Après tout, elle va offrir à Léa tout ce sa mère ne lui aurait pas donné. Emilie est partie à St Malo, l’enlèvement de Léa la perturbe plus qu’elle ne le pensait. Léa accapare son esprit et son cœur. Le jour où on la retrouve, Emilie craque. Elle  revient  sur sa décision de l’abandonner, elle veut la récupérer.  C’est son enfant, elle a le droit.  A St Malo, elle retrouve goût à la vie et veut être une bonne mère pour Léa.  Sa formation aux cures thermales a débouché sur un emploi, elle a rencontré le grand amour avec Titouan. Trois années de bonheur pour eux. Mais, Judith n’a pas oublié Léa ni les dix jours passés avec elle. Elle voudrait juste la revoir. La tenir sans ses bras, sentir son odeur.  Alors, Judith vient faire une cure à St Malo. Revoir Léa  la submerge d'un amour fou.  Jusqu’où Judith est-elle prête à aller ?
Deux femmes, un bébé et l’amour si fort qu’une femme peut éprouver pour un enfant.   Le désir d’être mère, quand et comment le fil de l'amour maternel se développe, des paquets d’émotions chahutés et transportés  par le vent de St Malo,  j’en redemande !
La boucle est bouclée… Challenge PAL d’Antigone  honoré ce mois-ci et deux autres livres de cette auteure sont venus s'ajouter à mes tours cette semaine.  Vous n’avez pas fini de m’entendre parler de Karine Reysset…
Les billets d'AmandaMeyre, Cathulu ( qui ne trouvait plus son billet) Laure ( qui comme moi a fait un rapprochement avec Mots croisés de Marie Sizun), Valérie


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