samedi 30 mars 2013

Nevada Barr - 13 1/2


Éditeur : Le Cherche Midi - Date de parution : Mars 2013 - 393 pages et une déception...

1968, Mississippi. Agée de quinze ans, Polly fuit une mère alcoolique, un mobil-home pourri et des beaux-pères de passage. Elle a une idée en tête rejoindre La Nouvelle-Orléans même si elle n'a que 11 dollars en poche.
2007. Divorcée depuis longtemps et mère de deux fillettes, Polly mène une vie calme et respectable. Professeur d'anglais à la Nouvelle-Orlanas qui panse ses plaies après le passage de Katrina. Alors qu'elle prend un thé, elle rencontre par hasard Marshall Marchand. Ce brillant architecte a le coup de foudre pour Polly. Leur relation amoureuse va vite, très vite même si ce célibataire est très proche de son frère.
Entre ces deux récits s'intercale celui de Dylan que les journaux ont surnommé le Petit Boucher. Agé de 11 ans, il a tué ses parents, sa petite sœur à coups de hâche. Seul son frère Richard, son aîné blessé gravement à la jambe a survécu à ce massacre. Condamné et placé dans un hôpital psychiatrique, Dylan n'a aucun souvenir de ce qu'il a commis. L'amnésie totale. Un docteur, type savant fou en quête de gloire, veut lui faire retrouver le souvenirs de cette nuit alors que Richard veille sur lui.

Ma lecture était bien partie même si la rencontre Polly-Marshall est sirupeuse et traîne en longueur. Comment Polly a pu se débrouiller pour vivre et devenir professeur d'anglais ? Je suis restée bloquée sur cette question  terre-à-terre que l'auteur tente d'expliquer par  un brouillard épais avec des d'invraisemblances.
A partir du coup de foudre, Neva Barr insiste lourdement sur les deux frères. Deux frères que l'on retrouve dans l'histoire du Petite Boucher. Sans compter une cartomancienne amoureuse de Marshall qui semble le surveiller.

J'ai fait un rapprochement puis un autre. Trop de puces à l'oreille, j'ai deviné très vite ce qu'il en était. J'ai poursuivi ma lecture histoire de voir si je ne m'étais pas trompée. Hélas non.


vendredi 29 mars 2013

Hubert Mingarelli - Un repas en hiver


Éditeur : Stock - Date de parution : Août 2012 - 137 pages saisissantes ! 

Dès le matin, trois soldats se proposent pour une mission afin de pas rester la journée avec les autres. Ils s'en vont le ventre vide dans une campagne enneigée après avoir reçu l'aval de leur supérieur. Trois soldats devenus copains au cours de cette Seconde Guerre Mondiale. Il fait froid, un froid qui franchit les minces barrières de protection de vêtement et qui pénètre jusqu'à la chair tandis qu'ils marchent.

Et là, en ne savant strictement rien de ce livre, je m'étais imaginée des soldats français car au départ rien ne nous indique que nous sommes en Pologne et que les soldats sont allemands. Il faut quelques pages pour le savoir comme pour comprendre la raison qui les a poussée à partir à une chasse particulière. Celles aux Juifs. Plutôt que de rester et d'assister à une exécution, ils préfèrent en débusquer un. Trois civils devenus soldats durant la guerre et pour ne pas penser au froid et à la faim, il plaisantent, ils se remémorent leurs souvenirs. Dans la forêt, ils découvrent la cachette d'un Juif et l'arrêtent. Sommairement sans  démonstration de violence. Mission accomplie, ils pourraient rentrer mais assaillis par la faim et le froid, ils s'arrêtent dans une maison abandonnée et décident de manger d'abord. Ils doivent se débrouiller avec les moyens du bord c'est-à-dire presque rien. En allant chercher du bois, un des soldats voit un polonais qui s'invite dans la maison. L'idée d'une soupe les taraude, le polonais reste, s'incruste et montre qu'il a sa place. Le manque de bois les pousse à détruire la porte du cagibi où le Juif se tient tranquille. Dans sa langue, le Polonais déverse sa haine envers cet homme. Le repas est prêt mais une question s'invite : faut-il inviter le Juif à partager leurs repas ou non?  Le faire manger, donner un peu de leurs maigres parts alors qu'ensuite il sera exécuté ? Car partager un repas est synonyme d'une forme de fraternité.
Ces trois hommes comme ils en existent tant pris dans une guerre doutent, hésitent. Pas de méchants ou de gentils, juste des hommes.

Hubert Mingarelli instaure une ambiance en peu de mots, nous transportent en Pologne. La maison devient le centre d'un huis clos où la tension, des questions simples deviennent aussi complexes que la nature humaine. Saisissant. 

Alors, il parla dans la langue universelle de la méchanceté, secoua la tête parallèlement, avec cette méchanceté.

Ce roman fait partie de la 11ème sélection du prix des Lecteurs du Télégramme.


jeudi 28 mars 2013

Robert Williams - Luke et Jon


Éditeur : Nil - Date de parution : Janvier 2013 - 219 pages lues en apnée !

Luke vient de perdre sa mère dans un accident de voiture. Avec son père fabricant artisan de jouets en bois, faute de moyens,  ils sont obligés de déménager. Dans le nord de l’Angleterre, une vielle maison  les attend dans un coin paumé ouvrier en pleine campagne. Ce sont les vacances scolaires et Luke à la rentrée ira dans un nouveau collège. En attendant, il ne peut que constater la tristesse de son père qui la noie dans le whisky. Luke peint, c'est son échappatoire.Un garçon étrange habillé comme un petit vieux prend l’habitude de venir chez eux tous les jours très tôt le matin. Il s’agit de Jon qui habite un peu plus loin dans les collines.

Se glisser dans la peu d’un adolescent n’est pas un exercice facile. Souvent, l’auteur surjoue ce qui sonne faux. Robert William a su trouver le ton juste. Parfait même. Luke est partagé entre différents sentiments : la culpabilité du décès de sa mère qui a trouvé la mort en venant la chercher à son cours de dessin, l’impuissance à aider son père enfermé dans le chagrin et l’alcool, ses propres interrogations sur la mort et sa peine. Sa mère était maniaco-dépressive, autant de souvenirs en forme de montagnes russes pour Luke. Jon est un taiseux qui aime lire. Aux questions de Luke sur le collège, il s’enferme dans le silence. Il vit chez ses grands-parents depuis l’âge de six ans. Luke inquiet de ne pas le voir pendant plusieurs jours va découvrir sa situation. Ses grands-parents sont séniles, la maison est un taudis et Jon ruse pour que les services sociaux les laissent tranquilles. Au collège, il est le souffre douleur de beaucoup de garçons et il encaisse sans broncher. Je n’en dirai pas plus sur le reste de l’histoire...

Il s’agit d’un premier roman tout simplement superbe. Beau et fort. L’amitié de ces deux garçons devient une bouée de sauvetage. Roman où les thèmes comme la mort, la maladie, la famille, la reconstruction sont traités avec une justesse magnifique. Dans une écriture sans fioritures aux accents poétiques, Robert Williams parvient à déclencher des tempêtes émotionnelles chez le lecteur. Vous êtes prévenus… 

Un coup de cœur entier pour ce roman lu en apnée totale ! Et impossible de choisir un extrait..

Le billet de Cryssilda qui autant aimé que moi.

Ce livre fait partie  de la sélection d'avril du prix Relay des Voyageurs





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