mercredi 1 mai 2013

Peter Cunningham - La mer et le silence


Éditeur : Joëlle Losfeld - Traduit de l'anglais (Irlande) par Francis Kerline - Date de parution : Mars 2012 - 242 pages baignées dans l'Histoire de l'Irlande !

Dick Coad notaire à Monument lit et relit le testament rédigé par Iz Shawn une femme dont la beauté l’avait troublé bien des années auparavant. Deux paquets sont joints, un premier au nom d’Hector et le second au nom d’Iz, il doit en prendre connaissance dans l’ordre et les détruire. Iz lui livre sa vie à travers les années et les événements qui secouèrent l’Irlande.

1945, Iz vingt-trois ans vient d’épouser Ronnie et habite désormais dans le phare sur les falaises de Sibrille. Un phare qui a toujours fait partie de la famille  Shwan. Hector naît et  la jeune femme croit au bonheur Ronnie gai, enjoué la trompe et  Iz a noué une belle complicité avec  la mère de Ronnie une femme à forte personnalité aimant la chasse. Sa passion causera sa mort. A sa grande surprise, Iz hérite d’un appartement à Dublin que sa belle-mère possédait. La vie conjugale d’Iz et de Ronnie n’en a que le nom. Les déboires s’accumulent, leurs finances vont au plus mal et Ronnie continue ses infidélités. Celui-ci veut qu’Hector aille au collège en Angleterre contre l’avis de sa femme. Lassée, Iz décide de demander le divorce et de s’installer à Dublin alors qu’Hector s’enrôle dans l’armée.
Comment Iz a rencontré Ronnie ? Pourquoi ce mariage ? Dans le second paquet, se trouvent les réponses. Retour en 1943 à Longstead où Iz est une jeune fille de bonne famille qui possède de nombreuses terres. Mais la Commission agraire veut redistribuer les terre inexploitées au profit des paysans Son frère est au combat aux côtés de l’armée anglaise car la famille d’Iz regrette la toute puissance anglaise sur l’île. Lors d'une fête d’anniversaire donnée pour Bella, elle rencontre par hasard Ronnie  jeune homme plein de vie amateur de rugby qui tombe amoureux d’elle. En se rendant avec Bella assister à un match, elle rencontre Franck. Si tout les sépare (leurs origines, leurs convictions), l’amour est bien plus fort. C'est ce qu'ils veulent croire.

L’Histoire de l’Irlande a dominé la vie d’Iz qu’elle le veuille ou non s’immisçant dans sa vie de femme, puis de mère la privant du bonheur. Dans une écriture sans fioriture, les ressentis sont dépeints justement comme l’Irlande belle et sauvage.
Si la seconde partie du livre m’a faite vibrée d’émotions, j’ai trouvé que la première traînait en longueur. Ce sera mon premier bémol… Le second provient du fait que j’ai deviné trop facilement le dénouement. Mais la force de ce roman est de nous plonger dans l’Histoire de l’Irlande à travers la vie d'une femme  et je suis friande de tels livres ! 

Les billet de GaléaTheoma , Un autre endroit

Ce livre fait partie de la 11ème sélection du prix des Lecteurs du Télégramme.




mardi 30 avril 2013

Julian Barnes - Une fille, qui danse


Éditeur : Mercure de France - Traduit de l'anglais  par Jean-Pierre Aoustin - Date de parution : Janvier 2013 - 193 pages et un livre hérissé de marque-pages ! 

Avertissement : on évite de lire la quatrième de couverture bien trop prolixe ! 

Angleterre, fin des années 60. Au lycée, ils étaient quatre brillants jeunes hommes enclins aux conversations réfléchies où ils aimaient glisser un mot de philosophie. Une sorte de code entre eux. Un peu arrogants certes, croyant que le monde leur appartenait et qu'il l'avait déjà compris. Adrian avait l’esprit vif et était le plus intelligent des quatre mais aussi le plus calme. La fac les a disséminés dans divers coins du pays mettant leur amitié à distance. On a beau se promettre de rester les meilleurs amis à dix-neuf ans, ces promesses se réalisent le temps de se voir un week-end de temps en temps. C’était le temps où Tony a connu Véronica. Son premier flirt qui l’avait quitté pour Adrian.
Tony a maintenant plus de soixante ans, divorcé, il mène une existence qui lui convient. Il reçoit un courrier d’un notaire car  il est dans le testament de la mère de Véronica. Il avait rencontré une fois ses parents et n’a pas revu son ancienne petite amie depuis la fac ayant coupé les ponts avec Adrian.
Pourquoi la mère de Véronica a-t’elle pensé à lui quarante plus tard en lui léguant une petite somme d’argent mais surtout les carnets d’Adrian qui sont en possession de Véronica ?

Avec Tony, nous revisitons ses souvenirs mais surtout les questions surgissent car il est décidé coûte que coûte à récupérer les carnets. Non pas seulement des questions sur le passé, mais  également sur l’existence et le temps qui passe. L'histoire et l'Histoire sont sondées, et à travers Tony le puzzle de plusieurs vies prend forme.
Julian Barnes introduit ici une enquête qui va briser en éclats nombre de convictions établies en vérité. Les réflexion sur le temps, sur la vie sont aussi tranchantes que précises. Les erreurs, les remises en question, les doutes et la culpabilité jalonnent ce récit  où la tension va en crescendo. La mémoire peut être un ennemi bien conciliant, trompeuse oubliant certains faits à notre décharge pour notre amour propre ou notre orgueil. Les certitudes sont  abandonnées laissant place au désœuvrement et à la douleur.
Le lecteur se retrouve sur le flanc hanté par la vision de cet homme brisé pour le restant de ses jours. Dans une écriture classique et concise où rien n'est laissé au hasard ( j'ai relu des passages pour leur sens ou pour les questions qu'ils soulèvent), l'auteur voltige avec l'ironie et nous renvoie face à un miroir.

Brillant et  absolument marquant ! 

Et ça fait une vie, non? Quelques accomplissements et quelques déceptions. Elle a été intéressante pour moi, mais je ne serai pas contrarié ni étonné si d'autres la trouvaient moins intéressante.(...) L'Histoire, ce ne sont pas les mensonges des vainqueurs, comme je l'ai trop facilement affirmé au vieux Joe Hunt autrefois ; je le sais maintenant. Ce sont plutôt les souvenirs des survivants, dont la plupart ne sont pas victorieux, ni vaincus.

Les billets de Krol, Laure, Nadael, Saxaoul


dimanche 28 avril 2013

Claire Castillon - Tous les matins depuis hier


Éditeur : Ecole des loisirs - Date de parution : Mars 2013 - 180 pages drôles, fraîches et criantes de vérité !


Manon bientôt 10 ans est fan, archi fan, de la chanteuse Cindy Pacosa dont les posters tapissent sa chambre. Fille unique, elle partage sa passion avec sa meilleure amie. Ses parents surtout sa mère la couvent et Manon ne le supporte plus. Elle a toujours  un pied dans l’enfance  et un autre dans l’adolescence ( elle réclame plus de liberté). Manon pour qui les garçons étaient inintéressants ou stupides (ou les deux à la fois) va croiser dans le bus scolaire un grand (c’est-à-dire un sixième) et son petit cœur va fondre…

Il s’agit du premier roman pour la jeunesse que Claire Castillon écrit et c’est une grande réussite ! Non seulement elle se glisse avec aisance dans la peau de Manon  mais excelle aussi dans la description des parents.  Les situations sont criantes de vérités et une fois de plus je me suis reconnue (que voulez-vous, j’ai l’attitude de la mère qui énerve systématiquement sa progéniture). Une mère qui papote avec les commerçants ou qui avant d’acheter des vêtements détaille l’étiquette pour le lavage et qui aime savoir ce que font ses enfants. En somme, j’ai apporté la honte totale à mes fifilles qui soufflaient et me lançaient des regards noirs.
Comme il s’agit de Claire Castillon, elle joue avec les mots et nous offre des dialogues truculents tout en décryptant si bien cet âge entre deux. Manon est une fille vive qui fait preuve de détermination, d'humour, et qui porte un regard tendre ou ironique sur ce qui l'entoure. Et à dix ans, on change d’avis facilement, on aimerait quelquefois retrouver l’insouciance de l’enfance mais grandir quand même et  surtout très vite.
Frais, rythmé, drôle et tendre, ce livre est à ne pas bouder  ! 

Il faut flatter les stars pour qu'elles durent. Elles sont comme les camélias, a dit Cindy Pacosa, elles dépérissent si on ne s'en occupe pas.

Je n'arrive même pas à savoir si je suis jolie. Mes parents me l'assurent, mais j'ai remarqué que les parents balancent rarement à leur enfant : "T'es moche". 

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