vendredi 29 novembre 2013

Toine Heijmans - En mer


Éditeur : Christian Bourgois - Traduit du néerlandais par Danielle Losman - Date de parution : Août 2013 - 156 pages et un uppercut ! 

Lassé de son travail de commercial, Donald a pris un congé sabbatique de trois mois en accord avec sa direction. Il va pouvoir réaliser un rêve entretenu depuis longtemps : naviguer sur la mer du nord en solitaire. Partir du Danemark et rejoindre la Finlande. Pour la fin de son voyage, il a demandé à son épouse que leur fille Maria âgée de sept ans passe trois jours avec lui. Malgré des réticences, elle a accepté.

Après trois mois seul, ce sera trois jours entre un père et sa fille, trois jours sur un petit voilier et la mer. Donald a tout prévu et Maria se montre enthousiaste de ce séjour en mer avec son père. Balayer ainsi d’un revers de la main les doutes de sa femme, montrer à tous que la mer est accessible en étant prévoyant. Il s’imagine déjà son arrivée fier et gonflé de bonheur quand son épouse verra le petit voilier rouge accoster, la joie de Maria. Et surtout prouver qu’il est un bon père. Pourquoi vouloir le démontrer ? (et à partir de ce moment, là j’ai tourné de plus en plus en vite les pages). Tout se passe bien, ils se baignent même. Mais une tempête se prépare pour la nuit. Consciencieux, Donald vérifie sa position et la note scrupuleusement sur son carnet de bord. Il en fait de même avec le matériel. Maria dort dans la cabine alors qu’il reste debout. Ne pas s’endormir, surveiller, guetter. L’orage gronde, le vent s’est levé, le bateau est secoué. Donald va voir si Maria ne s'est pas réveillée mais la cabine est déserte.
Et là, je me suis prise une première claque ! Mais ce n’est pas fini, car la tension va en s’augmentant et quand on pense à une accalmie, deuxième claque !

Toine Heijmans joue avec nos nerfs de la première à la dernière ligne et nous laisse sonnés ! Ce roman sur la solitude, sur ce que c’est d’être père, sur le travail ( et les conséquences de la non reconnaissance), sur ce qui est bon ou mal pour un enfant ( et les choix des parents), sur la réalisation de soi, et donc ce livre écrit sans fioriture mais concision  nous embarque dans une odyssée psychologique haletante (et angoissante)! Mais attention au mal de terre une fois débarqué...

Merci à Julien (mon libraire chouchou) pour ce conseil de lecture !

 


jeudi 28 novembre 2013

Lydia Millet - Lumières fantômes


Éditeur : Le Cherche Midi - traduit de l'américain par Charles Recoursé - Date de parution : Septembre 2013 - 260 pages qui m'ont laissée sur ma faim...

Un patron qui disparaît, une employée plus qu'inquiète, un mari qui pense que sa femme le trompe avec un collègue de bureau et qui découvre que le travail de sa fille handicapée suite à un accident consiste à faire fantasmer des hommes au téléphone... Et voilà comment Hal après avoir un peu bu décide de repartir à la recherche du patron de sa femme Mr T.. Il va prouver à tout le monde qu'il peut trouver Mr T. en Amérique centrale et par la même occasion remplumer son orgueil personnel.

Hal ne connaît pas la pays. Arrivé sur place il rencontre un couple d'allemands en vacances à qui il raconte sa mission. Le mari a le bras long et peut déployer des recherches nécessitant des hommes et du matériel de pointe. Hal ne peut refuser même s'il est vexé. Les recherches mettent Hal à rude épreuve car crapahuter sous un climat tropical dans la jungle n'est pas son fort.
Lydia Millet utilise l'humour et l'ironie pour nous décrire les péripéties de Hal mais elle n'oublie pas ses questionnements. Loin de chez lui, il peut s'interroger sur ses actes passés, sur sa vie.

Comme dans son précédent roman Comment rêvent les morts ( où Mr T. est présent), la fin m'a déconcertée...
Roman sur la recherche du bonheur et sur la rédemption, j'en attendais plus cependant et je suis restée sur ma faim...

Les billets de Brize, Keisha

Lu de cette auteure : Comment rêvent les morts, Le coeur est un noyau candide ( à découvrir!)

mercredi 27 novembre 2013

Paola Predicatori - Mon hiver à Zéroland


Editeur : Les escales - Traduit de l'italien par Anaïs Bokobza - date de parution : novembre 2013 - 303 pages réussies !

Alessandra âgée de dix-sept vient de perdre sa mère. Au lieu de rester avec son groupe d’amies habituelles, elle s’assoit au fond de la classe à côté de Gabriele surnommé zéro et qui est toujours seul. Elle ne sait rien de lui et vice versa. Pourtant auparavant elle s’était déjà jointe aux moqueries le concernant.

Alessandra  imaginait différemment sa dernière année au lycée. Elle a soutenu sa mère durant sa maladie avec sa  grand-mère. Désormais, elles habitent toutes les deux dans l’appartement où les empreintes de sa mère sont toujours là : un petit mot trouvé, un parapluie.... Gabriele est un solitaire et un mauvais élève. Il n’a jamais cherché à s’intégrer dans la bulle du lycée. Mis à l’écart d'emblée par ses vêtements démodés, son comportement taciturne. Seul le silence lie Alessandra   et Grabriele sur cette table  où chacun porte son fardeau à sa façon. Puis, un mot sera échangé. Un premier pas pour l’un et pour l’autre.

Si vous avez peur des bons sentiments ou de la guimauve, vous pouvez ouvrir ce livre en toute confiance. L’auteure nous dépeint de vrais ados confrontés à de vrais problèmes mais aussi à des préoccupations de leur âge. L'écriture est à découvrir (et  bravo pour la traduction qui a su rendre vraiment palpable toutes les émotions et la sensibilité). Une jolie réussite !

C'est également ainsi qu'on meurt, je crois : on n'utilise plus certains objets, on n'entre plus dans certaines pièces. On emprisonne le passé pour que le poids des souvenirs ne nous atteigne plus.

Le billet de Cathulu.




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