lundi 30 décembre 2013

Jenny Valentine - La double vie de Cassiel Roadnight

Éditeur : Ecole des loisirs - Traduit de l'anglais par Diane Ménard - Date de parution : Septembre 2013 - 277 pages dévorées !

Chap est dans un foyer pour jeunes paumés où il refuse de donner son nom. Sa vie a basculé un 5 novembre, le jour où il a perdu à ses yeux toute identité. Les responsable du centre lui présente la photo de Cassiel Roadnight un adolescent dont la famille est sans nouvelle depuis deux ans. Les deux garçons se ressemblent à tel point que Chap décide de mentir et de dire qu’il est Cassiel.

Très vite, Chap comprend qu'il s'est mis dans une drôle de situation et il a peur que la véritable famille de Cassiel ne découvre la supercherie. Mais sa nouvelle famille est émue et heureuse du retour de Cassiel. Chap doit jouer un rôle, anticiper des questions et surtout comprendre pourquoi le véritable Cassiel a disparu. Car dans la famille Roadnight, il y a des tensions, des zones floues. Ce roman, vous le comprenez, prend très vite l’allure d’un thriller où l’on découvre la vie de Chap et celle de Cassiel. Et c’est totalement réussi ! J’ai tourné les pages avec frénésie et un taux d’adrénaline conséquent car Jenny Valentine distille à petites doses les informations et une pression grandissante.

Un roman très bien orchestré sur l’identité, la famille et les liens entre individus où cerise sur le gâteau la littérature a sa place ! Juste un petit bémol pour la fin mais qui est largement compensée par l'ensemble.

samedi 28 décembre 2013

Léonora Miano - La saison de l'ombre



Éditeur : Grasset - Date de parution : Août 2013 - 240 pages fortes et enrichissantes !

Le clan Mulungo qui vit dans les terres de l'Afrique sub-saharienne voit son village détruire par un incendie alors que douze hommes ont disparu : dix jeunes adultes et deux anciens. "Les femmes dont les fils n'ont pas été retrouvés " sont mises à l'écart du reste du clan dans une case commune. Le clan pense que ce malheur est de leur faute. Les esprits sont invoqués mais sans réponse.

Les Mulongo sont un peuple qui ne connaissent pas l'extérieur du monde. Ils échangent quelquefois avec leurs voisins les Bwele. Le chef Mukano décide d'aller les voir, peut-être auront-ils des informations. De son côté, Ebaye part aussi à la recherche de ceux qui ont disparu sans avertir les hommes du village. Forte de son courage et de sa détermination, elle découvrira que des "hommes aux pieds de poule" des étrangers venus de loin par bateau font le commerce des hommes en traitant avec les Bwele.

Ce roman demande de l'attention, une certaine exigence les premières pages pour se familiariser avec les noms aux sonorités si proches. Ensuite, il suffit d'écouter la plume foisonnante et envoûtante de Léonora Miano. Elle nous immerge dans une Afrique où les croyances, la mysticité régissent le mode de vie du clan Mulongo. Leur naïveté en fera des victimes.
Un roman prenant, fort et enrichissant !

Ebaye n'est pas certaine d'avoir tout saisi. On vient de lui confirmer que, comme elle l'a toujours cru, le monde ne se limite pas aux Mulongo et aux Bwele, même si elle sait que ces derniers sont très nombreux. Ses pas l'ont conduite en ce lieu appelé Bebayedi, un espace abritant un peuple neuf, un lieu dont le nom évoque à la fois la déchirure et le commencement. La rupture et la naissance. Bebayedi est une genèse.



Il s'agit de ma participation pour le challenge de Stephie

vendredi 27 décembre 2013

Emmanuelle Guattari - Ciels de Loire


Éditeur : Mercure de France - Date de parution : Août 2013 - 142 pages qui font mouche ! 

Dans La petite Borde, Emmanuelle Guattari nous racontait son enfance à la Borde un établissement psychiatrique que dirigeait son père. Dans ce nouveau roman, elle explore à nouveau la mémoire familiale, son adolescence et le monde qui l'entoure.

D’une impression à une conversation, du regard posé autour d’elle à des réflexions d’ordre philosophique, l’auteure en quelques lignes saisit l’image d’une France en mutation, nous dépeint les membres de sa famille l’élargissant à ses grands-parents, oncles et tantes. La Borde et ses pensionnaires sont à nouveau présents mais il s’agit de l’adolescente ou celle qui est en passe d'en devenir une qui raconte. La Borde qu’il faudra quitter pour découvrir un autre lieu de vie différent.

Si je n’avais pas vraiment apprécié la petite Borde, j’ai trouvé que l’écriture de l'auteure a gagné en densité dans ce second roman. Une écriture toujours minimaliste, elliptique mais l'on ressent un travail plus approfondi pour nous livrer ces instantanés teintés de nostalgie si vrais, si justes dans la description. Ces scènes brossées ne sont pas sans rappeler Philippe Delerm.
En peu de mots qui font mouche, Emmanuelle Guattari sait aussi bien nous faire sentir l’odeur de la campagne que dénouer avec sensibilité l’héritage familial.
Autant d’éléments qui font la vie, qui la composent cueillis et décrits sans artifice comme des brassées d’images et de pensées !

Déjà que l'on portait le nom de nos morts par avance, dès l'état civil, on en était chargés, le grand-père, la grand-mère à la suite de notre nom, dans un pli caché de l'état civil.
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