Editeur : Gallimard - Traduit de l'anglais par Josée Kamoun - Date de parution : Février 2014 - 326 pages distrayantes mais pas plus...
Londres, 1958. Thomas Foley la trentaine travaille depuis plus de dix ans au Bureau Central d'Information britannique et mène une vie de ce qu'il y a de plus tranquille avec sa femme Sylvia et leur jeune bébé. Ses supérieurs lui proposent de participer à l'Exposition Universelle qui se tiendra dans quelques mois à Bruxelles. Ses origines (une mère belge et un père qui a tenu d'un pub) font de lui le parfait candidat. Car s'il doit contrôler la construction du pub anglais le Britannia qui sera situé à côté du Pavillon, il devra être sur place durant toute l'exposition soit six mois et veiller à que que tout se passe bien. L'honneur anglais est en jeu car tous les pays seront seront présents.
Thomas s'envole assez égoïstement pour la Belgique où à son arrivée la jeune et jolie l'hôtesse Anneke chargée de venir le chercher lui plait immédiatement. Son compagnon de chambre Tony (anglais bien sûr) travaille dans le domaine scientifique car une copie de la machine ZETA dont l'Angleterre s'est vantée qu'elle ferait avancer la technologie du nucléaire est présentée. Les Belges ont placé par humour Américains et Soviétiques côte à côte. Thomas ne quitte pas le Britannia qui fait un malheur. Il y rencontre un journaliste russe Chersky qui pose des questions bizarres, Emily une actrice américaine. Sans oublier un duo particulier d'anglais, deux agents secrets Wayne et Radford qui m'ont fait penser aux Dupont et Dupond de Tintin. L'exposition est censée rapprocher les nations, susciter des échanges et montrer ce que la modernité apportera ( le symbole en est l’Atomium). Mais la politique, les enjeux en cours ne peuvent pas disparaître durant quelques mois. Les compatriotes de Thomas sont partagés entre le conservatisme, les traditions et l'envie d'aller de l'avant. Naïf, Thomas profite pour flirter gentiment avec Anneke à qui il n' a pas révélé sa situation d'homme marié et de père de famille. Il correspond avec Sylvia par courrier qui lui rappelle combien son quotidien était bien morne par rapport à ce qu'il vit durant ces quelques mois.
Avec humour, Jonathan Coe nous embarque dans une livre entre comédie et postiche de roman d'espionnage. L'Exposition Universelle est une façade de mensonges et d'intérêts. Thomas sans s'en rendre compte est manipulé et les choix qu'il devra effectuer seront faussés par les circonstances.
Si cette lecture est distrayante, les rebondissements sont prévisibles. J'ai tourné les pages sans déplaisir mais sans frénésie...
Par rapport aux livres de cet auteur que j'ai lus ( La pluie, avant qu'elle ne tombe et Testament à l'anglaise), celui-ci m'est apparue avec un manque cruel de finesse et d'humour plus ironique.
Plus Thomas écoutait tout en faisant mine de suivre le récit-fleuve d'Anneke, plus il tiquait, et sa contrariété fut à son comble lorsque Tony déclara qu'il avait toujours voulu visiter Moscou, à quoi Andrey répondit qu'il serait heureux de l'accueillir chez lui, si bien qu'Emily conclut que c'était formidable quand des personnes de pays opposés se liaient d'une pareille amitié, comme quoi la politique internationale, c'était du pipi de chat (...)
vendredi 28 février 2014
jeudi 27 février 2014
Margaret Drabble - Un bébé d'or pur
Éditeur : Christian Bougeois - Traduit de L'anglais par Christine Laferrière - Date de parution : Février 2014 - 399 pages riches et creusées !
Londres dans les années 1970. Jess une étudiante en anthropologie âgée de vingt ans devient maman célibataire d’une petite fille Anna. Ses amies (dont une est la narratrice) nous explique que Jess lui a confié que le père était un de ses professeurs, beaucoup plus âgé qu’elle et marié. Jess vit pour sa fille Anna qui se révèle très vite différente des autres. Calme, très sage, elle est d’une gentillesse extrême mais elle présente une lenteur, un retard mental.
Toujours par le récit de son amie qui habite le même quartier que Jess et qui elle a une vie « normale » (un mari, deux enfant en bonne santé), on suit le parcours de Jess, d’Anna mais aussi les changements de mœurs, culturels et sociaux. Si durant les premières années de vie d’Anna, Jess ne s’autorise que des sorties avec ses amies, elle rencontrera plus tard un homme Bob avec qui elle se se mariera. Ses amies ne l’apprécient guère même s'il ne considère pas Anna comme un fardeau. Anna qui ne peut plus plus être scolarisée dans une école traditionnelle doit être admise à dix ans dans un centre avec d’autres élèves souffrant tous d’handicaps intellectuels. Il s’agit d’une époque où les connaissances sur l’autisme, les maladies neurologique et psychiatriques sont peu étendues. Jess passe beaucoup de temps à chercher des informations, à se renseigner, à rencontrer d’autres parents. Sa relation avec Anna est fusionnelle et son mariage ne durera pas longtemps. Ses amies sont toujours prêtes à l’aider mais la vie poursuit son cours. Les enfants grandissent, certains des couple se séparent, des amies s’investissent davantage dans leur travail. Jess devenue anthropologue écrit de nombreux articles, toujours passionnée pour l’Afrique où elle s’était rendue en étant encore étudiante. Quelques amants dont Anna ne saura rien, les amis et toujours son amour infaillible pour sa fille. Alors que le monde change, que le statut des femmes évolue, Anna est toujours plongée dans son innocence éternelle.
Ce roman dense, creusé et captivant nous fait voyager des années 70 à nos jours. Avec ce regard porté sur la différence, les relations mère-fille, l’amour, les travaux d'anthropologie, l’amitié et la société. L es références sont nombreuses : littéraires, à l'explorateur et missionnaire et également aux tribus primitives.
Il s’agit d’un roman rare, d’une qualité qui m’a époustouflée (chapeau bas pour la traduction) mais qui n’est jamais indigeste ! Margaret Drabble nous interroge avec intelligence sur la vie, sur nos décisions, sur nos pensées mais sans jamais se faire moralisatrice. Un livre devenu hérisson.
En extrait, les premières lignes :
Ce qu’elle éprouvait pour ces enfants, comme elle devait s’en rendre compte des années plus tard, c’était une tendresse proleptique. En voyant leurs petits corps dénudés, leurs fiers nombrils bruns, les mouches rassemblées autour de leurs nez qui coulaient, leurs grands yeux, leurs orteils étrangement fusionnés qui dessinaient une fourche, elle éprouvait un sentiment d’affinité, tout simplement. Là où d’autres auraient pu ressentir de la pitié, de la peine ou du dégoût, elle ressentait une sorte de joie, une joie inexplicable. Était-ce une prémonition, une inoculation contre le chagrin et l’amour à venir ?
Londres dans les années 1970. Jess une étudiante en anthropologie âgée de vingt ans devient maman célibataire d’une petite fille Anna. Ses amies (dont une est la narratrice) nous explique que Jess lui a confié que le père était un de ses professeurs, beaucoup plus âgé qu’elle et marié. Jess vit pour sa fille Anna qui se révèle très vite différente des autres. Calme, très sage, elle est d’une gentillesse extrême mais elle présente une lenteur, un retard mental.
Toujours par le récit de son amie qui habite le même quartier que Jess et qui elle a une vie « normale » (un mari, deux enfant en bonne santé), on suit le parcours de Jess, d’Anna mais aussi les changements de mœurs, culturels et sociaux. Si durant les premières années de vie d’Anna, Jess ne s’autorise que des sorties avec ses amies, elle rencontrera plus tard un homme Bob avec qui elle se se mariera. Ses amies ne l’apprécient guère même s'il ne considère pas Anna comme un fardeau. Anna qui ne peut plus plus être scolarisée dans une école traditionnelle doit être admise à dix ans dans un centre avec d’autres élèves souffrant tous d’handicaps intellectuels. Il s’agit d’une époque où les connaissances sur l’autisme, les maladies neurologique et psychiatriques sont peu étendues. Jess passe beaucoup de temps à chercher des informations, à se renseigner, à rencontrer d’autres parents. Sa relation avec Anna est fusionnelle et son mariage ne durera pas longtemps. Ses amies sont toujours prêtes à l’aider mais la vie poursuit son cours. Les enfants grandissent, certains des couple se séparent, des amies s’investissent davantage dans leur travail. Jess devenue anthropologue écrit de nombreux articles, toujours passionnée pour l’Afrique où elle s’était rendue en étant encore étudiante. Quelques amants dont Anna ne saura rien, les amis et toujours son amour infaillible pour sa fille. Alors que le monde change, que le statut des femmes évolue, Anna est toujours plongée dans son innocence éternelle.
Ce roman dense, creusé et captivant nous fait voyager des années 70 à nos jours. Avec ce regard porté sur la différence, les relations mère-fille, l’amour, les travaux d'anthropologie, l’amitié et la société. L es références sont nombreuses : littéraires, à l'explorateur et missionnaire et également aux tribus primitives.
Il s’agit d’un roman rare, d’une qualité qui m’a époustouflée (chapeau bas pour la traduction) mais qui n’est jamais indigeste ! Margaret Drabble nous interroge avec intelligence sur la vie, sur nos décisions, sur nos pensées mais sans jamais se faire moralisatrice. Un livre devenu hérisson.
En extrait, les premières lignes :
Ce qu’elle éprouvait pour ces enfants, comme elle devait s’en rendre compte des années plus tard, c’était une tendresse proleptique. En voyant leurs petits corps dénudés, leurs fiers nombrils bruns, les mouches rassemblées autour de leurs nez qui coulaient, leurs grands yeux, leurs orteils étrangement fusionnés qui dessinaient une fourche, elle éprouvait un sentiment d’affinité, tout simplement. Là où d’autres auraient pu ressentir de la pitié, de la peine ou du dégoût, elle ressentait une sorte de joie, une joie inexplicable. Était-ce une prémonition, une inoculation contre le chagrin et l’amour à venir ?
Rencontre avec Valentine Goby !
Hier, j'ai enfin pu me rendre chez Dialogues pour écouter Valentine Goby qui présentait Kinderzimmer.
Une rencontre rare et très, très intéressante !
Valentine Goby a expliqué la différence le témoignage et le roman, son travail de recherches difficile car les archives du camp de Ravensbrück sont inexistantes et la genèse de son livre.
Elle a rencontré un homme qui y est né, qui a été nourri par plus de quinze femmes. Sur 421 enfant nés à Ravensbrück, 31 en sont sortis vivants.
Les femmes ont pu accoucher au camp sur une période allant de septembre 1944 à avril 1945.
Durant ma lecture, je n'ai pas prêté attention à un détail qui a son importance. Au début les mots en allemand sont écrits entre guillemets ou en italique car Mila ne les comprend pas , elle ne sait pas ce qu'ils veulent dire puis au fur et à mesure qu'elle les assimile, ils sont débarrassés de cette police qui marque la différence ou des guillemets.
Honte à moi, j'ai oublié de prendre une photo... nulle je suis ! Mais mon téléphone bugge une fois sur deux quand je veux prendre une photo et je suis obligée de le redémarrer ( enlever la batterie, réinitialiser).
Kinderzimmer est en lice pour le prix des libraires avec L'invention de nos vies de Karine Tuil et Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier, alors je croise les doigts !
Bref, une belle soirée sponsorisée pour ma part par Cachou Lajaunie, Heptamyl, aux bas de contention et à la cortisone qui m'a dopée ( juste un peu)....
Si Valentine Goby vient près de chez vous parler de son lire, allez l' écouter car vraiment c'est passionnant !
Un immense merci à Valentine Goby pour ses explications, son sourire et sa gentillesse !
Une rencontre rare et très, très intéressante !
Valentine Goby a expliqué la différence le témoignage et le roman, son travail de recherches difficile car les archives du camp de Ravensbrück sont inexistantes et la genèse de son livre.
Elle a rencontré un homme qui y est né, qui a été nourri par plus de quinze femmes. Sur 421 enfant nés à Ravensbrück, 31 en sont sortis vivants.
Les femmes ont pu accoucher au camp sur une période allant de septembre 1944 à avril 1945.
Durant ma lecture, je n'ai pas prêté attention à un détail qui a son importance. Au début les mots en allemand sont écrits entre guillemets ou en italique car Mila ne les comprend pas , elle ne sait pas ce qu'ils veulent dire puis au fur et à mesure qu'elle les assimile, ils sont débarrassés de cette police qui marque la différence ou des guillemets.
Honte à moi, j'ai oublié de prendre une photo... nulle je suis ! Mais mon téléphone bugge une fois sur deux quand je veux prendre une photo et je suis obligée de le redémarrer ( enlever la batterie, réinitialiser).
Kinderzimmer est en lice pour le prix des libraires avec L'invention de nos vies de Karine Tuil et Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier, alors je croise les doigts !
Bref, une belle soirée sponsorisée pour ma part par Cachou Lajaunie, Heptamyl, aux bas de contention et à la cortisone qui m'a dopée ( juste un peu)....
Si Valentine Goby vient près de chez vous parler de son lire, allez l' écouter car vraiment c'est passionnant !
Un immense merci à Valentine Goby pour ses explications, son sourire et sa gentillesse !
Inscription à :
Articles (Atom)

