Editeur : Philippe Rey - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Françoise Adelstain - 318 qui oscillent entre roman, polar, et roman d'apprentissage
Eté 1979, près de San Francisco. Rachel treize ans et sa sœur Patty onze ans ont comme occupation un immense terrain de jeux : la montagne. Leur mère passe son temps enfermée dans sa chambre à lire et à fumer alors que leur père est peu présent. Leurs parents sont séparés et elles jouissent d'une grande liberté. Toutes le deux considèrent leur père comme une idole et à leurs yeux il est le meilleur inspecteur de police. Mais une jeune fille est découverte étranglée dans la forêt. Elle ne sera que la première d'une longue série.
Malgré le manque d'argent, les deux sœurs semblent s'accommoder de cette vie même si elles aimeraient voir plus leur père. Avec cette affaire de l'Etrangleur, il est sur le qui-vive et il leur fait promettre de ne plus s'aventurer dans la montagne. Mais Rachel la meneuse des deux est décidée à suivre de son côté son enquête pour aider son père. Les médias ne parlent que de l'Etrangleur et la popularité de leur père, un homme séduisant et charmant, agit indirectement sur Rachel. Les filles en vue veulent être son amie et Rachel délaisse Patty. Sauf que l'affaire s'enlise. De nouveaux meurtres sont perpétrés et la police stagne. Rachel se retrouve prise en étau entre ses sentiments pour son père, ses amies et sa culpabilité envers sa sœur .
Même si j'ai trouvé un schéma assez répétitif sur quelques pages, Joyce Maynard parvient à créer une ambiance particulière et palpable !
Entre roman, polar et roman d'apprentissage, elle analyse avec psychologie et sensibilité les liens fraternels et familiaux, les ambiguïtés et les contradictions de l'adolescence. Et elle donne une direction inattendue à l'histoire car la narratrice n'est autre que Rachel trente ans plus tard.
Le billet de Kathel
Lu de cette auteure : Baby love - Et devant moi, le monde - Les filles de l'ouragan - Long week-end - Une adolescence américaine
samedi 23 août 2014
vendredi 22 août 2014
Laurence Tardieu - Une vie à soi
Éditeur : Flammarion - Date de parution : Août 2014 - 187 pages d'émotions !
"J'ai découvert Diane Arbus un dimanche d'automne 2011. (...) Depuis des mois, je me sentais enserrée dans un effroi et une souffrance intenses que je ne parvenais à dire à personne. J'essayais de me retenir à tout ce qui tenait, mais rien ne tenait, plus rien ne tenait. Tout s'effritait sous mes doigts."
Un dimanche d'automne 2001, Laurence Tardieu qui depuis la parution la confusion des peines n'arrive plus à retrouver le chemin de l'écriture se rend par hasard à l'exposition consacrée à la photographe américaine Diane Arbus. Bouleversée par ses photos, elle veut tout savoir sur l'artiste et découvre des points communs entre leurs deux vies. Ce sont deux histoires en parallèle qui se répondent et la vie de Diane Arbus trouve une résonance chez l'auteure. Comme dans un miroir, ses propres souvenirs remontent et jaillissent. "Plus je découvrais qui elle avait été, plus des pans entiers de ma vie revenaient à moi, comme les images d'un film oublié qu'elle me faisait revoir. Qu'elle me faisait revivre."
La même enfance et "la même docilité, la même expression apeurée. La même sensation d'être là, et de ne pas y être", le même milieu social privilégié et bourgeois mais aussi la même solitude. Cette quête permet à Laurence Tardieu de se "rassembler, Diane Arbus a été un harnais pour Laurence Tardieu auquel elle s'est accrochée.
On plonge dans la sincérité de Laurence Tardieu, dans sa sensibilité mais aussi dans sa douleur et ce sont des rafales d'émotions qui nous transpercent ! Sans mettre le lecteur en position de voyeur et sans pathos, mais avec une pudeur si belle et une écriture lancinante, lumineuse et délicate, on assiste à sa renaissance et à celle d'une vie bien à elle.
Un livre qui m' a touchée-coulée et qui a trouvé écho en ma personne. Car chacun peut être amené à faire une rencontre fortuite qui lui donnera la force de se relever ou d'apercevoir enfin une lumière.
Une lecture tandem avec Cathulu.
Les billets de Leiloona, Mirontaine
Lu de cette auteure : L'écriture et la vie - La confusion des peines - Puisque rien ne dure
Une lecture qui s'inscrit dans le cadre du challenge organisé comme chaque année par Hérisson
"J'ai découvert Diane Arbus un dimanche d'automne 2011. (...) Depuis des mois, je me sentais enserrée dans un effroi et une souffrance intenses que je ne parvenais à dire à personne. J'essayais de me retenir à tout ce qui tenait, mais rien ne tenait, plus rien ne tenait. Tout s'effritait sous mes doigts."
Un dimanche d'automne 2001, Laurence Tardieu qui depuis la parution la confusion des peines n'arrive plus à retrouver le chemin de l'écriture se rend par hasard à l'exposition consacrée à la photographe américaine Diane Arbus. Bouleversée par ses photos, elle veut tout savoir sur l'artiste et découvre des points communs entre leurs deux vies. Ce sont deux histoires en parallèle qui se répondent et la vie de Diane Arbus trouve une résonance chez l'auteure. Comme dans un miroir, ses propres souvenirs remontent et jaillissent. "Plus je découvrais qui elle avait été, plus des pans entiers de ma vie revenaient à moi, comme les images d'un film oublié qu'elle me faisait revoir. Qu'elle me faisait revivre."
La même enfance et "la même docilité, la même expression apeurée. La même sensation d'être là, et de ne pas y être", le même milieu social privilégié et bourgeois mais aussi la même solitude. Cette quête permet à Laurence Tardieu de se "rassembler, Diane Arbus a été un harnais pour Laurence Tardieu auquel elle s'est accrochée.
On plonge dans la sincérité de Laurence Tardieu, dans sa sensibilité mais aussi dans sa douleur et ce sont des rafales d'émotions qui nous transpercent ! Sans mettre le lecteur en position de voyeur et sans pathos, mais avec une pudeur si belle et une écriture lancinante, lumineuse et délicate, on assiste à sa renaissance et à celle d'une vie bien à elle.
Un livre qui m' a touchée-coulée et qui a trouvé écho en ma personne. Car chacun peut être amené à faire une rencontre fortuite qui lui donnera la force de se relever ou d'apercevoir enfin une lumière.
Une lecture tandem avec Cathulu.
Les billets de Leiloona, Mirontaine
Lu de cette auteure : L'écriture et la vie - La confusion des peines - Puisque rien ne dure
Une lecture qui s'inscrit dans le cadre du challenge organisé comme chaque année par Hérisson
mercredi 20 août 2014
Marie-Sabine Roger - Trente-six chandelles
Éditeur : Le Rouergue - Date de parution : Août 2014 - 278 pages de sourires et d'humanité !
Dans la famille Decime, les hommes meurent tous le jour de leur trente-sixième anniversaire. Un héritage en forme de malchance que Mortimer attend ce 15 février. Il a quitté son emploi, a donné ses affaires, mis fin au bail de son appartement et allongé sur son lit en costume noir (acheté pour l'occasion), il fixe l'heure. A onze heures (l'heure à laquelle il est né), il ne sera plus de ce monde. Avec une telle enclume au-dessus de la tête, il n'a jamais eu de projets. Ayant toujours à l'esprit le jour où la grande faucheuse se présentera, cet habitué à attendre la fatalité n'a jamais voulu profiter de la vie. Sauf que les minutes s'égrènent et que Mortimer est toujours bien vivant. Seul petit petit souci, il n'avait jamais pensé échapper à cette malédiction familiale.
Une fois de plus, Marie-Sabine Roger nous offre un roman où les sourires, l'émotion et l'humanité fusent ! Une auteure avec une écriture bien à elle où se mêlent tendresse et humour, des formulations qui font mouche. Et toujours des personnages attachants qui n'ont pas connu des vies toute droites mais qui possèdent une vraie et belle humanité. Entre le couple formé par le sérieux Nassardine et Paquita débordante de fantaisie, Jasmine qui croque la vie à pleines dents et les aïeux de Mortimer, il s'agit d'une belle leçon de vie ancrée entre la réalité et ses frontières. Et même si j'ai deviné la fin, j'ai été surprise par les rebondissements inattendus.
Une lecture qui fait beaucoup de bien mais qui nous interroge aussi ce que l'on fait de notre vie, sur le poids de l'hérédité (et son cercle dont on peut être prisonnier).
Voilà de quoi se booster le moral, de chasser les nuages et d'accéder à une belle palette d'émotions ! Sensibilité, humour et humanité : la recette de Marie-Sabine Roger fonctionne à merveille une fois encore !
Avec le recul, j'ai réalisé que mon père était un dépressif qui avait très mal vécu la perspective de son décès prématuré. Sa mort lui avait pourri la vie, en somme.
Le billet de Dasola
Lu de cette auteure (que j'affectionne particulièrement) : Bon rétablissement - Et tu te soumettras à la loi de ton père - Il ne fait jamais noir en ville -La tête en friche - Le ciel est immense - Le quatrième soupirail - Les encombrants - Un simple viol - Vivement l'avenir
Dans la famille Decime, les hommes meurent tous le jour de leur trente-sixième anniversaire. Un héritage en forme de malchance que Mortimer attend ce 15 février. Il a quitté son emploi, a donné ses affaires, mis fin au bail de son appartement et allongé sur son lit en costume noir (acheté pour l'occasion), il fixe l'heure. A onze heures (l'heure à laquelle il est né), il ne sera plus de ce monde. Avec une telle enclume au-dessus de la tête, il n'a jamais eu de projets. Ayant toujours à l'esprit le jour où la grande faucheuse se présentera, cet habitué à attendre la fatalité n'a jamais voulu profiter de la vie. Sauf que les minutes s'égrènent et que Mortimer est toujours bien vivant. Seul petit petit souci, il n'avait jamais pensé échapper à cette malédiction familiale.
Une fois de plus, Marie-Sabine Roger nous offre un roman où les sourires, l'émotion et l'humanité fusent ! Une auteure avec une écriture bien à elle où se mêlent tendresse et humour, des formulations qui font mouche. Et toujours des personnages attachants qui n'ont pas connu des vies toute droites mais qui possèdent une vraie et belle humanité. Entre le couple formé par le sérieux Nassardine et Paquita débordante de fantaisie, Jasmine qui croque la vie à pleines dents et les aïeux de Mortimer, il s'agit d'une belle leçon de vie ancrée entre la réalité et ses frontières. Et même si j'ai deviné la fin, j'ai été surprise par les rebondissements inattendus.
Une lecture qui fait beaucoup de bien mais qui nous interroge aussi ce que l'on fait de notre vie, sur le poids de l'hérédité (et son cercle dont on peut être prisonnier).
Voilà de quoi se booster le moral, de chasser les nuages et d'accéder à une belle palette d'émotions ! Sensibilité, humour et humanité : la recette de Marie-Sabine Roger fonctionne à merveille une fois encore !
Avec le recul, j'ai réalisé que mon père était un dépressif qui avait très mal vécu la perspective de son décès prématuré. Sa mort lui avait pourri la vie, en somme.
Le billet de Dasola
Lu de cette auteure (que j'affectionne particulièrement) : Bon rétablissement - Et tu te soumettras à la loi de ton père - Il ne fait jamais noir en ville -La tête en friche - Le ciel est immense - Le quatrième soupirail - Les encombrants - Un simple viol - Vivement l'avenir
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