Éditeur : Gallimard - Traduit de l'anglais ( Etats-Unis) par Samuel Todd - Date de parution : Août 2012 - 368 pages bourrées de punch !
Lucy presque trentenaire est bibliothécaire au rayon jeunesse dans une petite ville du Missouri. Elle a un lecteur assidu Ian Drake âgé de dix ans. Mais la mère de celui-ci contrôle ses lectures. D'ailleurs, elle a donné à Lucy une liste de ce qu'il peut lire ou non. Car ses parents sont des chrétiens fondamentalistes homophobes. Lucy apprend par Ian que ses parents l'obligent à suivre des cours d'un genre particulier avec un pasteur. Pour eux, Ian présente des tendances homosexuelles et doit être remis sur le droit chemin...Lucy aide Ian comme elle le peut en lui prêtant des livres (interdits par sa mère). Mais tout se complique quand elle découvre un matin que Ian a dormi à la bibliothèque et a fugué de chez lui.
Lucy pourrait ramener Ian à ses parents mais Ian l'oblige à l'amener avec elle. Sinon il dira qu'elle l'a volontairement enfermée et qu'elle avait tout planifié. Tous deux partent donc sur les routes sans but véritable. Tiraillée par sa conscience ( elle s'imagine déjà en prison), cette fille d'émigrés russes pense aux histoires racontées par son père. Elle a bien du mal à croire à ses explications sur sa fuite de l'Union Soviétique entendues depuis son enfance et se demande ce que va lui réserver son escapade bien particulière.
Ce roman aborde la notion d'identité, d'appartenance, de l'homosexualité et de l'échappatoire que sont les livres, comment ils permettent de nous construire et d'avoir nos propres jugements. Lucy possède de l'auto-dérision et de l'humour comme je les aime.
Même s'il n'est pas parfait, ce premier roman déborde de punch et fait passer un bon moment !
A noter, pour le dossier, ma constitution génétique indiquant une légère prédisposition aux comportements criminels, une propension héréditaire à la fuite, et une caution chromosomique de l'auto-flagellation éternelle.
vendredi 17 octobre 2014
mercredi 15 octobre 2014
Julia Deck - Le triangle d'hiver
Éditeur : Éditions de Minuit - Date de parution : Septembre 2014 - 174 pages et un sentiment partagé...
Au Havre, Mademoiselle est sans travail et sans argent, elle décide de devenir Bérénice Beaurivage. Après tout, elle ressemble à Arielle Dombasle. Une nouvelle identité et désormais elle sera romancière comme l'actrice dans le film "les romancière ignorent les réveils à l'aube pour emprunter d'épouvantables transports en commun". Elle quitte Le Havre pour une autre ville portuaire Saint-Nazaire. Même ambiance mais l'argent manque. On peut s'inventer romancière et ainsi faire table rase de son passé mais il faut quand même pouvoir se loger, se vêtir et manger. Heureusement, elle fait la connaissance d'un inspecteur des navires et s'éprend de lui. Il gagne bien sa vie, Bérénice ne le quitte plus. Elle ne veut pas lui montrer ses écrits en cours, petit caprice d'écrivain, et erre sur la journée dans cette ville. Elle ment, vole, se glisse avec délice dans sa nouvelle vie. Mais, une journaliste est proche de l'inspecteur. Trop proche pour Mademoiselle qui y voit une rivale. Elle s'invite avec lui à Marseille mais notre inspecteur commence à avoir quelques doutes...
Comme dans Viviane Elisabeth Fauville, Julia Deck met en scène une femme dont on ne connait pas le passé. Mademoiselle est fantasque, elle s'imagine fuir la réalité et ses problèmes en se créant un nouveau personnage. Et on est pris dans l'écriture de Julia Deck, aussi précise pour décrire la géographie des villes que les pensées de Mademoiselle, une écriiture piquante et relevée. On sait que l'auteure essaie détourner notre attention pour mieux nous surprendre par la fin. Et l'on suit ce trio à l'affut d'indices. Surprise : la fin de ce roman nous laisse interrogatif. A t-on raté quelque chose ? Et l'envie de le reprendre depuis le début se montre impérieuse pour comprendre.
Julia Deck joue avec son lecteur à la perfection mais je suis partagée car si j'ai aimé retrouvé son style unique, un peu de nouveauté par rapport à "Viviane Elisabeth Fauville" aurait été le bienvenu.
Le billet de Sandrine. Merci Cath !
Au Havre, Mademoiselle est sans travail et sans argent, elle décide de devenir Bérénice Beaurivage. Après tout, elle ressemble à Arielle Dombasle. Une nouvelle identité et désormais elle sera romancière comme l'actrice dans le film "les romancière ignorent les réveils à l'aube pour emprunter d'épouvantables transports en commun". Elle quitte Le Havre pour une autre ville portuaire Saint-Nazaire. Même ambiance mais l'argent manque. On peut s'inventer romancière et ainsi faire table rase de son passé mais il faut quand même pouvoir se loger, se vêtir et manger. Heureusement, elle fait la connaissance d'un inspecteur des navires et s'éprend de lui. Il gagne bien sa vie, Bérénice ne le quitte plus. Elle ne veut pas lui montrer ses écrits en cours, petit caprice d'écrivain, et erre sur la journée dans cette ville. Elle ment, vole, se glisse avec délice dans sa nouvelle vie. Mais, une journaliste est proche de l'inspecteur. Trop proche pour Mademoiselle qui y voit une rivale. Elle s'invite avec lui à Marseille mais notre inspecteur commence à avoir quelques doutes...
Comme dans Viviane Elisabeth Fauville, Julia Deck met en scène une femme dont on ne connait pas le passé. Mademoiselle est fantasque, elle s'imagine fuir la réalité et ses problèmes en se créant un nouveau personnage. Et on est pris dans l'écriture de Julia Deck, aussi précise pour décrire la géographie des villes que les pensées de Mademoiselle, une écriiture piquante et relevée. On sait que l'auteure essaie détourner notre attention pour mieux nous surprendre par la fin. Et l'on suit ce trio à l'affut d'indices. Surprise : la fin de ce roman nous laisse interrogatif. A t-on raté quelque chose ? Et l'envie de le reprendre depuis le début se montre impérieuse pour comprendre.
Julia Deck joue avec son lecteur à la perfection mais je suis partagée car si j'ai aimé retrouvé son style unique, un peu de nouveauté par rapport à "Viviane Elisabeth Fauville" aurait été le bienvenu.
Le billet de Sandrine. Merci Cath !
lundi 13 octobre 2014
Gaëlle Josse - Le dernier gardien d'Ellis Island
Éditeur : Noir sur blanc - Date de parution : Septembre 2014 - 167 pages et un arc-en-ciel d'émotions !
Novembre 1954, Ellis Island va fermer ses portes définitivement dans quelques jours. Un lieu qui a vu des des millions d'hommes et de femmes venus chercher le rêve américain. Autant d'étrangers qui devaient y transiter avant le verdict final : admis sur le sol américain ou rejetés. John Mitchell le dernier gardien d'Ellis Island est encore sur l'île. Les bâtiments gardent la trace de ces migrants, jeunes ou plus âgés, fatigués mais espérant qu'ils pourront débuter une nouvelle vie.
Et John Mitchell se souvient et écrit dans son journal. De son arrivée sur l'île où il a passé en tout quarante années. De simple gardien, il est passé directeur. Le bonheur de trop courte durée avec sa femme Liz rencontrée sur l'île et qui y mourut. Puis sa relation ambiguë avec Nella une jeune sarde. Un homme dont la conscience n'est pas tranquille. Et il revient sur tous ces hommes et ces femmes avec les procédures établies par les services d'immigration : les questions posées, l'examen médical et l'appréhension de la sentence. Des familles qui seront déchirées, refoulées ou admises. Un directeur qui applique les règles et l'homme qui paraissait froid, distant nous apparait sous une autre facette. Celle d'un être humain avec ses émotions et ses failles et qui a commis des erreurs.
Gaëlle Josse nous offre un très beau livre sur l'exil et rend hommage à tous les migrants avec finesse et sensibilité. Sans pathos et en leur rendant une dignité souvent oubliée...
Oui, c'est par la mer que tout est arrivé, par ces bateaux remplis de miséreux tassés comme du bétail dans des entrepôts immondes d'où ils émergeaient, sidérés, engourdis et vacillants, à la rencontre de leurs rêves et de leurs espoirs. Je les revois. On parle toutes les langues ici. C'est une nouvelle Babel, mais tronquée, arasée, arrêtée dans son élan et fixée au sol. Une Babel après son anéantissement par le Dieu de la Genèse, une Babel de la désolation, du dispersement et du retour de chacun à sa langue originelle.
Beaucoup de billets sur ce livre aussi je vous us renvoie à Babelio et à Libfly.
Lu de cette auteure : Les heures silencieuses - Noces de neige - Nos vies désaccordées
Novembre 1954, Ellis Island va fermer ses portes définitivement dans quelques jours. Un lieu qui a vu des des millions d'hommes et de femmes venus chercher le rêve américain. Autant d'étrangers qui devaient y transiter avant le verdict final : admis sur le sol américain ou rejetés. John Mitchell le dernier gardien d'Ellis Island est encore sur l'île. Les bâtiments gardent la trace de ces migrants, jeunes ou plus âgés, fatigués mais espérant qu'ils pourront débuter une nouvelle vie.
Et John Mitchell se souvient et écrit dans son journal. De son arrivée sur l'île où il a passé en tout quarante années. De simple gardien, il est passé directeur. Le bonheur de trop courte durée avec sa femme Liz rencontrée sur l'île et qui y mourut. Puis sa relation ambiguë avec Nella une jeune sarde. Un homme dont la conscience n'est pas tranquille. Et il revient sur tous ces hommes et ces femmes avec les procédures établies par les services d'immigration : les questions posées, l'examen médical et l'appréhension de la sentence. Des familles qui seront déchirées, refoulées ou admises. Un directeur qui applique les règles et l'homme qui paraissait froid, distant nous apparait sous une autre facette. Celle d'un être humain avec ses émotions et ses failles et qui a commis des erreurs.
Gaëlle Josse nous offre un très beau livre sur l'exil et rend hommage à tous les migrants avec finesse et sensibilité. Sans pathos et en leur rendant une dignité souvent oubliée...
Oui, c'est par la mer que tout est arrivé, par ces bateaux remplis de miséreux tassés comme du bétail dans des entrepôts immondes d'où ils émergeaient, sidérés, engourdis et vacillants, à la rencontre de leurs rêves et de leurs espoirs. Je les revois. On parle toutes les langues ici. C'est une nouvelle Babel, mais tronquée, arasée, arrêtée dans son élan et fixée au sol. Une Babel après son anéantissement par le Dieu de la Genèse, une Babel de la désolation, du dispersement et du retour de chacun à sa langue originelle.
Beaucoup de billets sur ce livre aussi je vous us renvoie à Babelio et à Libfly.
Lu de cette auteure : Les heures silencieuses - Noces de neige - Nos vies désaccordées
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