Éditeur : Zulma - Traduit de l'anglais par Renaud Morin - Date de parution : Août 2014 - 496 pages qui ne se lâchent pas !
Aimanté par le son de l'orgue provenant d'une chapelle du campus de Cambridge, Oscar un jeune aide soignant dans une maison de retraite va faire la rencontre de la belle Iris Bellwether et de celui qui joue ainsi à la perfection. Eden le frère d'Iris est un jeune homme talentueux, narcissique et arrogant. Frère et soeur sont issus d'une famille très aisée et sont très liés. Tous deux ont un cercle très fermé d'amis qui vénèrent Eden. Oscar et Iris entament une relation amoureuse qu'Eden voit d'un mauvais oeil. Passionné de musique baroque, il est persuadé du pouvoir guérisseur de la musique et de l'état de transe hypnotique qu'elle provoque. Et Oscar se retrouve au centre d'une expérience qu'Eden a organisé.
Eden dont la personnalité intrique Oscar est-il un génie ou un malade manipulateur? Oscar se sent souvent mal à l'aise : il n'a pas fait d'études et a déserté la maison familiale dont le son statut est à l'opposé de celui des Bellwether. Pourtant Oscar est introduit dans ce cercle de brillants étudiants. Fait surprenant, Iris lui demande de l'aider à démontrer la défaillance de la santé mentale de son frère. Et ces presque 500 pages se lisent d'un traite comme un thriller psychologique !
Aucun temps mort pour ce roman où l'on est est en permanence sur un fil entre la folie, l'irrationnel et les doutes. Ajoutez-y un psychologue âgé et condamné par la maladie, une analyse très fine des relations et du pouvoir qu'un individu peut prendre sur les autres, des événements inattendus, une ambiance qui vous ferre, bref il est impossible de ne pas succomber au charme de ce livre qui agite en permanence des questions dont on aimerait connaître les réponses ( comme qui manipule qui).
Et même si ce premier roman souffre de quelques petits défauts dont une fin qui n'est pas à la hauteur de l'ensemble, il n'empêche que je me suis régalée !
Beaucoup de billets sur ce roman donc je vous renvoie à Babelio et à Libfly
samedi 25 octobre 2014
mardi 21 octobre 2014
Laurent Mauvignier - Autour du monde
Éditeur : Éditions de Minuit - Date de parution : Septembre 2014 - 384 pages saisissantes !
Après Dans la foule, je continue avec Laurent Mauvignier et son nouveau roman. Comme Dans la foule, un événement qui s'est réellement produit est eu coeur de ce roman. Mais ici le tsunami de mars 2011 qui a dévasté une partie du Japon est le fil conducteur. Un voyage autour du monde en cette date précise où les personnages apprennent cette information par les médias.
Si le roman débute par deux victimes de cette catastrophe qui la vivent, les personnages suivants sont en mer du Nord pour une croisière. En quatorze lieux du globe, on pénètre dans des existences qui elle-aussi vont subir d'une façon intime des tremblements, des secousses. Au lieu de séparer l'ensemble en chapitres, ce livre est un ensemble où Laurent Mauvignier glisse avec aisance et fluidité des personnages présents à ceux qui vont être ceux du prochain tableau.
Des quotidiens qui dérapent, des hommes ou des femmes qui reçoivent l'information à des degrés différents. Certains sont effarés, d'autres y prêtent peu ( ou pas) d'attention ou d'autres encore n'y croient pas. Tous ne sont pas chez eux à ce moment précis. En vacances pour la plupart, voyage d'affaire ou déplacement humanitaire, quête personnelle et familiale, ou encore ils travaillent dans un autre pays "Monsieur Arroyo vit à Dubaï depuis trop longtemps, il n'est pas un touriste - à moins que le tourisme ce soit se sentir à côté des autres, en spectateur, en invisible?". Et si certains des tableaux peuvent apparaître courts ou d'une importance moindre, et bien "peu importe, ça sonne vrai , comme un riff de guitare" et intégrés dans l'ensemble, ils ont leur place.
Tout simplement remarquable ! Et ici l'écriture habite les espaces, elle nous fait toucher du doigt l'intime comme l'universel.
Merci Cuné!
Après Dans la foule, je continue avec Laurent Mauvignier et son nouveau roman. Comme Dans la foule, un événement qui s'est réellement produit est eu coeur de ce roman. Mais ici le tsunami de mars 2011 qui a dévasté une partie du Japon est le fil conducteur. Un voyage autour du monde en cette date précise où les personnages apprennent cette information par les médias.
Si le roman débute par deux victimes de cette catastrophe qui la vivent, les personnages suivants sont en mer du Nord pour une croisière. En quatorze lieux du globe, on pénètre dans des existences qui elle-aussi vont subir d'une façon intime des tremblements, des secousses. Au lieu de séparer l'ensemble en chapitres, ce livre est un ensemble où Laurent Mauvignier glisse avec aisance et fluidité des personnages présents à ceux qui vont être ceux du prochain tableau.
Des quotidiens qui dérapent, des hommes ou des femmes qui reçoivent l'information à des degrés différents. Certains sont effarés, d'autres y prêtent peu ( ou pas) d'attention ou d'autres encore n'y croient pas. Tous ne sont pas chez eux à ce moment précis. En vacances pour la plupart, voyage d'affaire ou déplacement humanitaire, quête personnelle et familiale, ou encore ils travaillent dans un autre pays "Monsieur Arroyo vit à Dubaï depuis trop longtemps, il n'est pas un touriste - à moins que le tourisme ce soit se sentir à côté des autres, en spectateur, en invisible?". Et si certains des tableaux peuvent apparaître courts ou d'une importance moindre, et bien "peu importe, ça sonne vrai , comme un riff de guitare" et intégrés dans l'ensemble, ils ont leur place.
Tout simplement remarquable ! Et ici l'écriture habite les espaces, elle nous fait toucher du doigt l'intime comme l'universel.
Merci Cuné!
lundi 20 octobre 2014
Laurent Mauvignier - Dans la foule
Éditeur : Éditions de Minuit - Date de parution : 2009 - 427 pages indélébiles...
A Bruxelles en 1985, la finale lors de la coupe d'Europe des champions va tourner au drame. Ce match qui oppose Liverpool à la Juventus de Turin sera nommé plus tard et pour toujours le drame du Stade du Heysel. Laurent Mauvignier commence le récit avant le match, avant l'arrivée à Bruxelles de ses personnages. Jeff et Tonino venus de France, Geoff et ses deux frères aînés de Grande-Bretagne, Tana et Francesco des italiens qui viennent de se marier et qui sont en voyage de noces. Gabriel et Virginie de Bruxelles qui n'en reviennent toujours pas d'avoir des billets. Tous ressentent une effervescence d'assister à ce match si important et ce sentiment entre fierté et orgueil d'y être contrairement à d'autres. Une foule, une marée humaine se presse à Bruxelles. Certains sont là pour l'amour du foot d'autres y sont avec une rage et une violence.
Dès le départ, on sait que ce 29 mai 1985 restera graver dans les mémoires. Qu'il y aura des centaines de blessés, des gens piétinés, écrasés contre des barrières et un bilan de 38 morts. Un roman roman polyphonique où chacun prend la parole et l'on ressent l'excitation d'avant le match, la joie. Puis la peur et la cohue du drame Et puis il y a eu cette chose qui est arrivée, cette chose que l'Europe entière a vue en croyant ne pas la voir. Les cris étourdissants qui serrent, empoignent comme les corps les uns contre les autres, les pensées de chacun éparpillées, tétanisées devant l'ampleur de que qu'ils vivent. Pourront-ils se reconstruire après? Reprendre leur existence et gommer ce jour ? Et ce livre est terriblement oppressant car il nous immerge dans ce drame. Laurent Mauvignier dépeint ces vies définitivement modifiées, les consciences lestées de remords. Il n'endosse pas le rôle de juge en nous décrivant les holligans, les forces de l'ordre dépassées. Toutes les erreurs et défaillances ressurgissent dans ce livre qui met au premier plan l'humain.
Une lecture qui bouscule et inoubliable par sa force à décrire l'intime...
Et dès qu'ils arrivent dans la lumière du dehors c'est comme s'ils couraient après leurs voix, leurs cris loin devant eux , devant leurs corps tuméfiés, je me dis, moi, tremblotant les jambes molles, les oreilles bourdonnent, quand j'entends ces mots dans ma tête, disant qu'ils sont devenus fous, et, quoi ? de l'autre côté ils reviennent d'où, et, merde, merde ! arrêtez ! arrêtez ! arrêtez vous ! qu'est-ce que c'est ? Ils déboulent par centaines, les uns sur les autres. Je voudrais parler et dire arrêtez-vous, expliquez-moi mais non, c'est là, devant, ça grossit encore – tout à coup je comprends que je n'ai rien vu. Le pire est à venir, impossible, impensable. Et toujours cette violence qui dévaste jusqu'à la possibilité de trouver les mots pour la dire,
Lu de cet auteur : Loin d'eux
A Bruxelles en 1985, la finale lors de la coupe d'Europe des champions va tourner au drame. Ce match qui oppose Liverpool à la Juventus de Turin sera nommé plus tard et pour toujours le drame du Stade du Heysel. Laurent Mauvignier commence le récit avant le match, avant l'arrivée à Bruxelles de ses personnages. Jeff et Tonino venus de France, Geoff et ses deux frères aînés de Grande-Bretagne, Tana et Francesco des italiens qui viennent de se marier et qui sont en voyage de noces. Gabriel et Virginie de Bruxelles qui n'en reviennent toujours pas d'avoir des billets. Tous ressentent une effervescence d'assister à ce match si important et ce sentiment entre fierté et orgueil d'y être contrairement à d'autres. Une foule, une marée humaine se presse à Bruxelles. Certains sont là pour l'amour du foot d'autres y sont avec une rage et une violence.
Dès le départ, on sait que ce 29 mai 1985 restera graver dans les mémoires. Qu'il y aura des centaines de blessés, des gens piétinés, écrasés contre des barrières et un bilan de 38 morts. Un roman roman polyphonique où chacun prend la parole et l'on ressent l'excitation d'avant le match, la joie. Puis la peur et la cohue du drame Et puis il y a eu cette chose qui est arrivée, cette chose que l'Europe entière a vue en croyant ne pas la voir. Les cris étourdissants qui serrent, empoignent comme les corps les uns contre les autres, les pensées de chacun éparpillées, tétanisées devant l'ampleur de que qu'ils vivent. Pourront-ils se reconstruire après? Reprendre leur existence et gommer ce jour ? Et ce livre est terriblement oppressant car il nous immerge dans ce drame. Laurent Mauvignier dépeint ces vies définitivement modifiées, les consciences lestées de remords. Il n'endosse pas le rôle de juge en nous décrivant les holligans, les forces de l'ordre dépassées. Toutes les erreurs et défaillances ressurgissent dans ce livre qui met au premier plan l'humain.
Une lecture qui bouscule et inoubliable par sa force à décrire l'intime...
Et dès qu'ils arrivent dans la lumière du dehors c'est comme s'ils couraient après leurs voix, leurs cris loin devant eux , devant leurs corps tuméfiés, je me dis, moi, tremblotant les jambes molles, les oreilles bourdonnent, quand j'entends ces mots dans ma tête, disant qu'ils sont devenus fous, et, quoi ? de l'autre côté ils reviennent d'où, et, merde, merde ! arrêtez ! arrêtez ! arrêtez vous ! qu'est-ce que c'est ? Ils déboulent par centaines, les uns sur les autres. Je voudrais parler et dire arrêtez-vous, expliquez-moi mais non, c'est là, devant, ça grossit encore – tout à coup je comprends que je n'ai rien vu. Le pire est à venir, impossible, impensable. Et toujours cette violence qui dévaste jusqu'à la possibilité de trouver les mots pour la dire,
Lu de cet auteur : Loin d'eux
Inscription à :
Articles (Atom)


