Éditeur : Philippe Rey - Traduit de l'italien par Nathalie Bauer - Date de parution : Février 2015 - 346 pages et un avis mitigé...
Dix ans après son départ, Fortuna revient à son village natal Roccachiara dans le nord de l'Italie. Elle appris qu'on a découvert un squelette et elle pense qu'il pourrait s'agir de celui de de meilleure amie à l'époque. Mais retourner aux sources c'est également revoir Onda sa mère qui ne l'a jamais aimée ni désirée.
J'aime les romans qui mettent en scène des générations de femmes. Et quand il s'agit de femmes qui possèdent des dons comme ceux d'utiliser les herbes pour soigner ou qui ont des prémonitions, je me réjouis à l'avance ! Ces femmes étaient mal vues, rejetées par les villageois qui souvent les appelaient des sorcières. Ici, les quatre femmes d'une même famille Clara, Elsa , Onda et Fortuna ont toujours vécues isolées.
Fortuna la narratrice raconte l'histoire de sa famille et des dons qu'elles possèdent. Elsa et Onda ont ce pouvoir ou cette malédiction de rentrer en communication avec les morts. Elevée par sa grand-mère Elsa, Fortuna n'a pas eu la chance de connaître l'amour maternel.
Une part de surnaturel flotte dans ce roman et ce point ne m'a pas gênée. Au contraire, il instaure un ambiance un peu mystérieuse. Les relations mère-fille, la construction de soi avec l'héritage familial : ces thèmes présents dans ce livre me tiennent à coeur.
Mais, une certaine lenteur dans le rythme et une tristesse que très peu d'évènements viennent égayer m'ont éloignée petit à petit de l'histoire. Bref, j'ai eu l'impression d'être passée à côté de cette lecture et n'avoir pas pu m'attacher à aucun des personnages.
Les billets de Nadael, Valérie, Séverine, Sylire
samedi 28 février 2015
lundi 23 février 2015
Marceline Loridan-Ivens, Judith Perrignon - Et tu n'es pas revenu
Éditeur : Grasset - Date de parution : Février 2015 - 99 pages à lire absolument !
Marceline Loridan-Ivens écrit à son père bien des années après qu'ils aient été tous les deux déportés. Avant Birkenau pour elle, Auschwitz pour lui, son père lui a dit à Drancy "toi tu reviendras peut-être parce que tu es jeune, moi je ne reviendrai pas." Nous sommes en avril 1944, Marceline a quinze ans.
Elle raconte le camp et ce qui l'accompagne : Mengele qui désigne celles dont la vie se terminera la jour même, la mort, le travail, les convois qui se succèdent. Son père arrivera à lui transmettre un papier et quelques mots écrits dessus, ils se verront quelques secondes. Mais seule Marceline survivra. Son retour en France est loin de l'image d'une fête de retrouvailles. Son oncle lui demande de ne rien dire.
Toujours hantée par la mort de son père, Marceline lui raconte sa vie d'après. La culpabilité d'être vivante alors que d'autres sont morts, la destruction de sa famille "Elle s'est disloquée." Et il y a cette phrase terrible : "Tu aurais dû revenir. J'ai toujours pensé qu'il y eût mieux valu pour la famille que ça soit toi plutôt que moi. Ils avaient besoin d'un mari, d'un père plus que d'une soeur."
Engagée auprès de son mari cinéaste, elle a vécu "puisque tu voulais que je vive. Mais vécu comme j'ai appris là-bas, en prenant les jours les uns après les autres". Et de faire constat terrible de notre époque où le démon de l'antisémitisme, de la haine se réveille.
Cette lettre d'amour à son père est un témoignage intense, magnifique et douloureux qui fend le coeur. A lire absolument !
Lu de Marceline Lorida-Ivens : Ma vie balagan
Marceline Loridan-Ivens écrit à son père bien des années après qu'ils aient été tous les deux déportés. Avant Birkenau pour elle, Auschwitz pour lui, son père lui a dit à Drancy "toi tu reviendras peut-être parce que tu es jeune, moi je ne reviendrai pas." Nous sommes en avril 1944, Marceline a quinze ans.
Elle raconte le camp et ce qui l'accompagne : Mengele qui désigne celles dont la vie se terminera la jour même, la mort, le travail, les convois qui se succèdent. Son père arrivera à lui transmettre un papier et quelques mots écrits dessus, ils se verront quelques secondes. Mais seule Marceline survivra. Son retour en France est loin de l'image d'une fête de retrouvailles. Son oncle lui demande de ne rien dire.
Toujours hantée par la mort de son père, Marceline lui raconte sa vie d'après. La culpabilité d'être vivante alors que d'autres sont morts, la destruction de sa famille "Elle s'est disloquée." Et il y a cette phrase terrible : "Tu aurais dû revenir. J'ai toujours pensé qu'il y eût mieux valu pour la famille que ça soit toi plutôt que moi. Ils avaient besoin d'un mari, d'un père plus que d'une soeur."
Engagée auprès de son mari cinéaste, elle a vécu "puisque tu voulais que je vive. Mais vécu comme j'ai appris là-bas, en prenant les jours les uns après les autres". Et de faire constat terrible de notre époque où le démon de l'antisémitisme, de la haine se réveille.
Cette lettre d'amour à son père est un témoignage intense, magnifique et douloureux qui fend le coeur. A lire absolument !
Lu de Marceline Lorida-Ivens : Ma vie balagan
dimanche 22 février 2015
Caroline Vié - Dépendance Day
Éditeur : JC Lattes - Date de parution : Février 2015 - 210 pages sans œillères...
Il y a d'abord les prénoms que l'on donne dans cette famille. Morta est la fille de Clotho et la grand-mère se prénomme Lachésis. Une excentricité voulue qui se transmet de génération en génération. Mais une même maladie s'est insérée dans le transmission familiale. Elle frappe Lachésis puis Clotho "l’oubli, la folie, la perte de soi – ce que l’on appelle aujourd’hui Alzheimer".
Morta écrit des polars dans l'indifférence générale. Son père communiste et coureur de jupons à d'autres chats à fouetter. Sa mère qui rêvait de devenir danseuse étoile se raccroche toujours à cette utopie malgré les années passées. Une mère avec laquelle elle entretient une relation très proche. Les dés sont jetés et le verdict sans appel vient rapidement avec l'obligation pour sa mère de placer Lachésis. Sa mémoire défaille un peu, grignotée, puis totalement . Le parcours du combattant pour dénicher un centre derrière les discours menteurs. Puis la maladie jette son dévolu sur Cloto. Les oublis, les scènes quasi irréelles, les paroles incohérentes. Qu'est devenue sa mère si complice, celle qui l'appelait plusieurs fois par jour? A défaut d'oublier et de faire mentir la génétique, Morta est plus virulente dans ses livres. Comment penser avoir un enfant alors qu'elle est mariée ? A quoi se résument la vie et son avenir ? Elle se dit qu'elle sera la prochaine...
Caroline Vié livre sans tabou, quitte à bousculer, la maladie , ce que vit l'entourage et la peur qu'elle distille. Avec l'anéantissement de ces souvenirs qui nous ont façonnés, qui font de nous ce que nous sommes.
La face cachée d'Alzheimer est montrée telle qu'elle existe avec franchise, une dose d'humour noir d'où surgissent tendresse et amour. Un roman saisissant sans œillères, vous l'aurez compris, qui touche et émeut.
Alors ce n'était que ça la vie ? Un truc plaisant parfois, souvent désagréable, insignifiant surtout où surnagent des joies, des chagrins et une absence.(...). Une fois le bovarysme de l'hyperactivité envolée, il ne reste plus rien que le temps de penser.
Les billets de Nadael, Sévérine
Il y a d'abord les prénoms que l'on donne dans cette famille. Morta est la fille de Clotho et la grand-mère se prénomme Lachésis. Une excentricité voulue qui se transmet de génération en génération. Mais une même maladie s'est insérée dans le transmission familiale. Elle frappe Lachésis puis Clotho "l’oubli, la folie, la perte de soi – ce que l’on appelle aujourd’hui Alzheimer".
Morta écrit des polars dans l'indifférence générale. Son père communiste et coureur de jupons à d'autres chats à fouetter. Sa mère qui rêvait de devenir danseuse étoile se raccroche toujours à cette utopie malgré les années passées. Une mère avec laquelle elle entretient une relation très proche. Les dés sont jetés et le verdict sans appel vient rapidement avec l'obligation pour sa mère de placer Lachésis. Sa mémoire défaille un peu, grignotée, puis totalement . Le parcours du combattant pour dénicher un centre derrière les discours menteurs. Puis la maladie jette son dévolu sur Cloto. Les oublis, les scènes quasi irréelles, les paroles incohérentes. Qu'est devenue sa mère si complice, celle qui l'appelait plusieurs fois par jour? A défaut d'oublier et de faire mentir la génétique, Morta est plus virulente dans ses livres. Comment penser avoir un enfant alors qu'elle est mariée ? A quoi se résument la vie et son avenir ? Elle se dit qu'elle sera la prochaine...
Caroline Vié livre sans tabou, quitte à bousculer, la maladie , ce que vit l'entourage et la peur qu'elle distille. Avec l'anéantissement de ces souvenirs qui nous ont façonnés, qui font de nous ce que nous sommes.
La face cachée d'Alzheimer est montrée telle qu'elle existe avec franchise, une dose d'humour noir d'où surgissent tendresse et amour. Un roman saisissant sans œillères, vous l'aurez compris, qui touche et émeut.
Alors ce n'était que ça la vie ? Un truc plaisant parfois, souvent désagréable, insignifiant surtout où surnagent des joies, des chagrins et une absence.(...). Une fois le bovarysme de l'hyperactivité envolée, il ne reste plus rien que le temps de penser.
Les billets de Nadael, Sévérine
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