Éditeur : Buchet-Chastel - Date de parution : Avril 2015 - 158 pages et un livre hérisson !
Thalia reçoit en cadeau pour des dix-huit ses premières injections pour vieillir. Dans ce monde futuriste, la jeunesse est une croix à porter car on ne peut espérer commencer sa vie qu'après cinquante ans. La vieillesse est sublimée et le pouvoir appartient aux personnes marquées par l'âge du temps. Un monde où l'espérance de vie est si élevées que les jeunes attendent de vieillir avec impatience.
Thalia se teint les cheveux en gris et travaille ses toutes petites rides et applique toutes les consignes de ses parents pour vieillir. Mais elle découvre une archive. Un reportage de notre époque où une femme d'une quarantaine d'années veut avoir recours à la chirurgie esthétique pour rajeunir . Déconsidérée à son travail à cause de son âge (elle ne colle plus à l'image de la jeune cadre dynamique), on la pousse vers la porte de la sortie. Contrairement à Thalia, certains jeunes se rebellent contre le système.
Si ce roman débute sur un ton léger, très vite, les réflexions et les questionnements résonnent étrangement avec ceux de notre époque même si les buts recherchés sont inversés. On découvre un monde où les personnes âgées ont peur de la jeunesse et d'être renversés par ces derniers. Très habilement, cette dystopie pointe du doigt les dérives de notre société, la souffrance (et ce qu'elle entraîne dans son sillon) d'être rejeté quand on ne correspond pas à l'image de l'air du temps.
Bien mené avec des pointes incisives, voilà de quoi donner à réfléchir, et au final un livre hérisson !
Loïs en est certain maintenant, depuis que les vieux ont pris le pouvoir, ils veulent cacher leur histoire, ils préfèrent oublier cette époque où les jeunes dirigeaient et faisaient les lois. Ils ont tellement peur que ça recommence qu'ils ont organisé la société pour nous maintenir dans l'ignorance. Nous n'avons aucune échappatoire et sommes obligés de suivre le chemin tracé. Les jeunes sont tellement conditionnés qu'ils ne cherchent même plus à comprendre. Ils avancent, aveuglés, et concentrés sur la prochaine ascension, ne sachant pas qu'ils font ainsi le lit du pouvoir en place. Loïs a décidé de ne pas accepter cette pensée unique et de tout faire pour informer les jeunes. Beaucoup trop sont en souffrance, meurent d'ennui, ou de pauvreté. Ils errent ainsi des décennies, pensant qu'il n'y a pas d'autre solution que de suivre le chemin imposé.
Le billet de Séverine
Lu de cette auteure : Les gosses
vendredi 17 avril 2015
jeudi 16 avril 2015
Fannie Flagg - La dernière réunion des filles de la station-service
Éditeur : Le Cherche Midi - Traduit de l'anglais ( Etats-Unis) par Jean-Luc Piningre- Date de parution : Avril 2015 - 461 pages pleines de vitalité !
A Point Clear une petit ville de l'Alabama, Sookie Poole âgée cinquante-neuf ans vient de marier ses ses filles en peu de temps. Mais point de repos car elle doit toujours obéir aux caprices sa mère Lenore et réparer ses extravagances. Depuis son enfance, sa mère s'est montrée toujours très et trop exigeante envers elle. Mais la vie de Sookie bascule. En ouvrant le courrier de sa mère, elle découvre qu'elle a été adoptée. Sa mère qui ne cesse de de louer les exploits de la famille Simmons et leur pedigree lui a toujours menti. Elle est née d'une mère au nom polonais et d'un père inconnu dans le Wisconsin et a soixante ans ! Son mari Earle lui conseille de chercher à en savoir plus sur sa mère biologique. Effondrée, se sentant " personne", en colère contre Lenore, Sookie ne sait pas quoi faire.
En parallèle, ce roman raconte l'arrivée de de la famille polonaise Jurdabralinski aux Etats-Unis et comment au fil des années, à force de travail, le père a ouvert une station-service. Mais malade, il doit se soigner et son fil s'engage dans l'armée avec la guerre. Fritzi l'aînée des filles décide qu'avec ses soeurs, elles peuvent s'occuper de la station-service et c'est un succès. Contaminée par le virus du vol, en pleine guerre, elle devient une WASP et entraîne ses soeurs avec elle.
Tout en suivant les questions légitimes de Sookie, ses différents ressentis (colère, acceptation) par rapport à son adoption et ses recherches, on découvre l'histoire de ces jeunes femmes qui aux Etats-Unis durant la Seconde Guerre mondiale furent les premières guerre à piloter des avions.
Un roman avec de l'humour, de la tendresse et des personnages aux caractères bien trempés où Fannie Flagg rend un bel hommage à ces femmes pilotes qui auront attendu 1977 pour être officiellement reconnues sous la présidence de Jimmy Carter. Sans oublier la reconstruction de soi, les origines qui peuvent vous réduire à un carcan ou vous ouvrir l'esprit.
Un livre plein de vitalité qui fait du bien, touchant et qui se lit tout seul !
Lu de cette auteure : Miss Alabama et ses petits secrets
A Point Clear une petit ville de l'Alabama, Sookie Poole âgée cinquante-neuf ans vient de marier ses ses filles en peu de temps. Mais point de repos car elle doit toujours obéir aux caprices sa mère Lenore et réparer ses extravagances. Depuis son enfance, sa mère s'est montrée toujours très et trop exigeante envers elle. Mais la vie de Sookie bascule. En ouvrant le courrier de sa mère, elle découvre qu'elle a été adoptée. Sa mère qui ne cesse de de louer les exploits de la famille Simmons et leur pedigree lui a toujours menti. Elle est née d'une mère au nom polonais et d'un père inconnu dans le Wisconsin et a soixante ans ! Son mari Earle lui conseille de chercher à en savoir plus sur sa mère biologique. Effondrée, se sentant " personne", en colère contre Lenore, Sookie ne sait pas quoi faire.
En parallèle, ce roman raconte l'arrivée de de la famille polonaise Jurdabralinski aux Etats-Unis et comment au fil des années, à force de travail, le père a ouvert une station-service. Mais malade, il doit se soigner et son fil s'engage dans l'armée avec la guerre. Fritzi l'aînée des filles décide qu'avec ses soeurs, elles peuvent s'occuper de la station-service et c'est un succès. Contaminée par le virus du vol, en pleine guerre, elle devient une WASP et entraîne ses soeurs avec elle.
Tout en suivant les questions légitimes de Sookie, ses différents ressentis (colère, acceptation) par rapport à son adoption et ses recherches, on découvre l'histoire de ces jeunes femmes qui aux Etats-Unis durant la Seconde Guerre mondiale furent les premières guerre à piloter des avions.
Un roman avec de l'humour, de la tendresse et des personnages aux caractères bien trempés où Fannie Flagg rend un bel hommage à ces femmes pilotes qui auront attendu 1977 pour être officiellement reconnues sous la présidence de Jimmy Carter. Sans oublier la reconstruction de soi, les origines qui peuvent vous réduire à un carcan ou vous ouvrir l'esprit.
Un livre plein de vitalité qui fait du bien, touchant et qui se lit tout seul !
Lu de cette auteure : Miss Alabama et ses petits secrets
mercredi 15 avril 2015
Francesca Melandri - Plus haut que la mer
Éditeur : Gallimard - Date de parution : Février 2015 - Traduit superbement de l'italien par Danièle Valin - 208 pages belle, fortes, sensibles et émouvantes !
Nous sommes à la fin des années 70 en Italie. Paolo et Louisa prennent place à bord du même bateau pour se se rendre une île jamais nommée. Ils en se connaissent pas mais leur but est identique. A la prison de haute sécurité se trouvent le mari de Louisa et le fils de Paolo. Le mari de Louisa un homme violent a commis deux meurtres dont un sur un surveillant de prison tandis que le fils de Paolo, membre actif des brigades rouges, a tué pour ses convictions.
Louisa est une paysanne qui élève seule ses cinq enfants depuis de nombreuse années. Paolo a renoncé à son poste de professeur de philosophie rongé par les actes terroristes de son fils et cette conviction d'avoir sans le vouloir amené son fils sur ce terrain par des idées d'égalité sociale. Il ne peut pas pardonner à son fils ni comprendre ses actes. La visite aux détenus se déroule avec avant ses nombrable contrôles " De la prison spéciale, elle (Luisa) ne percevait que le silence, dense et carnivore comme le souffle d'un prédateur". Ce jour là, seuls Paolo et Louisa sont venus. Le temps change, le mistral se lève et la mer démontée ne permet pas un retour à terre. Paolo et Louisa sont donc contraints de passer la nuit sur l'île. Le gardien Pierfrancesco est désigné pour les surveiller jusqu'au lendemain. Surpris, Paolo et Louisa obéissent et ne disent pas un mot. Les voilà en compagnie d'un gardien de prison qui vit sur l'île avec femme et enfants. Lui non plus n'est pas très à l'aise. Pierfrancesco est un homme changé par la violence du pouvoir de son travail. Tous dînent chez Pierfrancesco et durant la nuit, Paolo et Louisa vont petit à petit parler des leurs, de ce qu'ils ressentent. Tous deux se comprennent à demi-mots, et un geste, un regard amènent le réconfort mutuel, une douceur.
Francesca Melandri nous fait pénétrer dans un monde à part coupé de tout par la mer. A travers les trois personnages, elle rend compte de vies. Celle des détenus, celle des familles et des victimes, celle des gardiens et de leurs familles. Un roman où l'atmosphère est palpable, la tension laisse place à un répit qui va permettre à chacun de s'alléger d'un poids.
Tout est subtilement décrit et c'est ce qui fait une des forces de ce roman beau, fort, sensible et émouvant !
Le billet de Dominique
Nous sommes à la fin des années 70 en Italie. Paolo et Louisa prennent place à bord du même bateau pour se se rendre une île jamais nommée. Ils en se connaissent pas mais leur but est identique. A la prison de haute sécurité se trouvent le mari de Louisa et le fils de Paolo. Le mari de Louisa un homme violent a commis deux meurtres dont un sur un surveillant de prison tandis que le fils de Paolo, membre actif des brigades rouges, a tué pour ses convictions.
Louisa est une paysanne qui élève seule ses cinq enfants depuis de nombreuse années. Paolo a renoncé à son poste de professeur de philosophie rongé par les actes terroristes de son fils et cette conviction d'avoir sans le vouloir amené son fils sur ce terrain par des idées d'égalité sociale. Il ne peut pas pardonner à son fils ni comprendre ses actes. La visite aux détenus se déroule avec avant ses nombrable contrôles " De la prison spéciale, elle (Luisa) ne percevait que le silence, dense et carnivore comme le souffle d'un prédateur". Ce jour là, seuls Paolo et Louisa sont venus. Le temps change, le mistral se lève et la mer démontée ne permet pas un retour à terre. Paolo et Louisa sont donc contraints de passer la nuit sur l'île. Le gardien Pierfrancesco est désigné pour les surveiller jusqu'au lendemain. Surpris, Paolo et Louisa obéissent et ne disent pas un mot. Les voilà en compagnie d'un gardien de prison qui vit sur l'île avec femme et enfants. Lui non plus n'est pas très à l'aise. Pierfrancesco est un homme changé par la violence du pouvoir de son travail. Tous dînent chez Pierfrancesco et durant la nuit, Paolo et Louisa vont petit à petit parler des leurs, de ce qu'ils ressentent. Tous deux se comprennent à demi-mots, et un geste, un regard amènent le réconfort mutuel, une douceur.
Francesca Melandri nous fait pénétrer dans un monde à part coupé de tout par la mer. A travers les trois personnages, elle rend compte de vies. Celle des détenus, celle des familles et des victimes, celle des gardiens et de leurs familles. Un roman où l'atmosphère est palpable, la tension laisse place à un répit qui va permettre à chacun de s'alléger d'un poids.
Tout est subtilement décrit et c'est ce qui fait une des forces de ce roman beau, fort, sensible et émouvant !
Le billet de Dominique
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