jeudi 17 décembre 2015
William Boyd - Les vies multiples d'Amory Clay
Editeur : Seuil - Traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Isabelle Perrin - Date de parution : Octobre 2015 - 517 pages plaisantes
Qu’on se le dise tout de suite Amory Clay est un personnage de fiction malgré les photos qui jalonnent ce roman. En 1997, c’est une femme âgée qui se penche sur ses souvenirs et sa vie. Contaminée très jeune par le virus de la photographie, il s’agit d’une jeune fille qui veut en faire son métier. Mais en Angleterre et dans les années 20, ce n’est pas courant. Elle débute néanmoins par des portraits avec son oncle mais Amory attend autre chose de plus palpitant. Et dans les années 30, là voilà à Berlin presque sans le sou où elle entreprend de photographier ce qui se passe dans les maisons de passe. De retour à Londres, son exposition fait scandale mais sa carrière est lancée.
Et il s’agit d’une femme libre, déterminée. De l’Angleterre aux Etats- Unis, de la France au Vietnam, elle sera là à immortaliser par ses clichés l’Histoire et ses guerres. Une femme aux nombreuses conquêtes qui n’a peur d’avouer ses erreurs. On est loin de l’héroïne « parfaite » ou lisse, et c’est ce qui la rend attachante. Toujours aller de l’avant aurait pu être son credo.
William Boyd nous livre le portait d’une femme pionnière pour son époque : photographe, reporter de guerre et passionnée. Une lecture un peu trop romanesque à mon goût où de nombreux passages sont assez prévisibles mais qui est agréable à lire. Un roman qui rend néanmoins un bel hommage à toutes ces femmes photographes.
Le billet de Nicole plus enthousiaste que moi
Lu de cet auteur : L'attente de l'aube
mardi 15 décembre 2015
Henning Mankell - L'homme inquiet
Editeur : Points - Traduit du suédois par Anna Gibson - Date de parution : 2012 - 593 pages et un coup de coeur !
Je découvre enfin le légendaire Kurt Wallender avec sa dernière enquête. D'Henning Mankell, je n'avais jamais lu de roman policier et c'est un tort car ce livre est un coup de coeur. Le commissaire Kurt Wallender n’est plus un jeune homme et sa fille Linda est mère pour la première fois. Son compagnon travaille dans la finance et Wallender fait connaissance de ses parents : un ancien officier de la marine et une ancienne professeur d’allemand. Tous deux disparaissent tour à tour et la future belle-mère de sa fille est retrouvée morte.
Si nous sommes plongés dans une enquête où la guerre froide et l’espionnage réapparaissent, il y a beaucoup plus dans ce livre. On découvre à travers Wallander un homme rattrapé par le temps (il a soixante ans) qui se retourne sur son passé. Vie amoureuse, familiale et professionnelle avec des doutes et des interrogations.
Et c’est un commissaire dont le portait est terriblement humain et attachant. Henning Mankell aurait pu offrir une sortie étoilée à Wallender mais il a préféré une fin toute autre qui m’a serrée le coeur.
Un polar hautement maitrisé, de grande qualité et poignant !
Lu de cet auteur : Les chaussures italiennes - Un paradis trompeur
Je découvre enfin le légendaire Kurt Wallender avec sa dernière enquête. D'Henning Mankell, je n'avais jamais lu de roman policier et c'est un tort car ce livre est un coup de coeur. Le commissaire Kurt Wallender n’est plus un jeune homme et sa fille Linda est mère pour la première fois. Son compagnon travaille dans la finance et Wallender fait connaissance de ses parents : un ancien officier de la marine et une ancienne professeur d’allemand. Tous deux disparaissent tour à tour et la future belle-mère de sa fille est retrouvée morte.
Si nous sommes plongés dans une enquête où la guerre froide et l’espionnage réapparaissent, il y a beaucoup plus dans ce livre. On découvre à travers Wallander un homme rattrapé par le temps (il a soixante ans) qui se retourne sur son passé. Vie amoureuse, familiale et professionnelle avec des doutes et des interrogations.
Et c’est un commissaire dont le portait est terriblement humain et attachant. Henning Mankell aurait pu offrir une sortie étoilée à Wallender mais il a préféré une fin toute autre qui m’a serrée le coeur.
Un polar hautement maitrisé, de grande qualité et poignant !
Lu de cet auteur : Les chaussures italiennes - Un paradis trompeur
André Bucher - Déneiger le ciel
Editeur : Sabine Wespieser - Date de parution: Novembre 2015 - 160 belles pages !
« David en général, regrettait que la poésie et la magie n'interfèrent pas davantage dans nos actes. Il aimait regarder et lire. Pour lui, la poésie, c'étaient le feu et la lumière intensifiés sur les sentiments, les faits ordinaires. Un éclat particulier les transformait en biens rares et précieux. Il pensait souvent que malgré cette époque de jeunisme un peu pathétique, toute cette avidité, ce besoin effréné de célébrité ou de reconnaissance, il était encore possible d'accomplir de belles choses à l'écart est dans le silence, sans toutefois en tirer gloire. »
A la lecture de ces quelques lignes, je me suis tout de suite sentie en phase avec David et j’ai eu ce sentiment instinctif que ce livre ne pourrait que me plaire.
Nous sommes à la veille du 24 décembre, David qui s’occupe de déneiger les routes des petites communes en montagne ne pourra pas s’acquitter de sa tâche à cause d’un problème de tracteur A soixante ans, veuf depuis quelques années, il a toujours connu la montagne et c’est lui qui débloque les routes enneigées et permet aux habitants de différents hameaux de ne pas vivre isolés. Sauf qu’Antoine (qui est comme un fils pour lui) le prévient à la dernière minute de son arrivée. Il vient en stop et finira la route à pied. Mais à la nuit tombée, Antoine n’est toujours pas arrivé alors David s’emmitoufle et part à sa rencontre malgré le froid. Ces paysages, ces champs qu’il connait comme sa poche, couverts de neige et dans la nuit, le conduisent à l’introspection, à penser à ceux qui ont compté ou comptent pour lui, mais réveillent également des blessures. Tout au long des kilomètres qu’il va parcourir, il va aider hommes et bêtes.
Un roman où la nature est un personnage à part entière avec une écriture sans fioritures mais poétique, une très belle simplicité qui permet de faire ressortir avec beaucoup de délicatesse les émotions. Un livre dans lequel on se sent bien qui apporte de l’apaisement, du réconfort également. Impossible de ne pas penser à Marie-Hélène Lafon car on ressent chez André Bucher ce même amour de la terre, ce même respect pour les hommes et les femmes qui en vivent. Et les descriptions de ce pays montagneux m'ont remis en mémoire Les adolescents troglodytes d’Emmanuelle Pagano.
Cheminer dans l'obscurité se révélait toujours délicat, au début. Un peu inquiétant. Il fallait assimiler cette noirceur en tant que propriété physique, le temps que la rétine s'habituât. Après quelques minutes on s'adaptait et on parvenait à se mouvoir parmi cette tache aveugle, comme si l'on suivait un départ de piste dans un labyrinthe, qui s'ouvrait subitement.
Un livre repéré chez Cathulu
Inscription à :
Articles (Atom)


