mardi 5 janvier 2016

Hubert Haddad - Corps désirable

Editeur : 168 pages - Date de parution : Août 2015 - 168 pages troublantes et dérangeantes! 

Journaliste d'investigation, Cédric Erg a coupé les ponts avec son passé et son père depuis bien des années. Sous son patronyme d’emprunt, il dénonce le lobby de l’industrie pharmaceutique avec laquelle son père a fait fortune. Avec Lorma une très belle femme, il vit le grand amour. Mais suite à un accident, il est entre la vie et la mort, et son corps est un tombeau. Des chirurgiens veulent tenter une première : greffer sa tête sur un autre corps. L’opération est une réussite et les différents risques comme celui du rejet sont écartés, mais Cédric vit mal avec ce corps qui n’est pas le sien et ressent cette impression d’être un usurpateur. Est-ce le cerveau qui commande tout ? Et la mémoire du corps ? Qui du corps ou de la tête est le greffon?

Avec une écriture travaillée et si délicieuse à lire, sans nous noyer sous des termes médicaux, Hubert Haddad ouvre de nombreuses portes d’où surgissent des questions. L’éthique, la morale, les progrès et/ou les dérives de la science, la folie surgissent à travers les lignes.
En peu de pages l’auteur non seulement installe un suspense mais décrit parfaitement les émotions avec beaucoup de subtilité. A lire incontestablement car ce roman est troublant, dérangeant et fascinant en même temps car il touche à l’identité de la personne. 

Même s'il parvenait à accepter sa transplantation, la symbiose promise avec son hôte inconnu lui semblait tout à fait révulsante et contre-nature. Mais qu'allait-il faire de cette réalité hybride et dédoublée maintenant, car il éprouvait de manière irrépressible une dualité charnelle et mentale, une impression de coexistence monstrueuse. 

Les billets de Le bruit des livres, Yv

Lu de cet auteur : Théorie de la vilaine petite fille - Vent printanier

dimanche 3 janvier 2016

Abnousse Shalmani - Khomeiny, Sade et moi

Editeur : Grasset - Date de parution : 2014 - 331 pages engagées ! 

1983, Téhéran. Si Abnousse Shalmani n’est qu’une fillette de six ans, elle refuse de porter le voile et de couvrir son corps. Et elle court les fesses à l’air dans la cour de récréation. C’est son premier refus aux lois dictées par les « barbus » dans un pays où les femmes n’ont aucune liberté (et sont considérées comme des « objets dangereux »). Deux ans plus tard, sa famille réussit à quitter l’Iran et à s’installer à Paris.

Par ce qu’elle a vécu en Iran, elle qui croit si fort en la République et en la laïcité tombera de haut en voyant des femmes se voiler par choix. Son père lui a transmis son amour des livres et si elle lit d’abord Victor Hugo et Zola, elle découvre la littérature libertine puis Sade. Cet auteur est un choc, une révélation pour elle.

Dans ce livre autobiographique qui alterne des épisodes de 1983 jusqu’en 2013, avec fougue et sans manier la langue de bois, Abnousse Shalmani défend et revendique la liberté de toutes les femmes à travers le monde (qui va du droit d'aller à l'école à celui d'être traitée sur un même pied d’égalité que les hommes) en l'émaillant de réflexions et d'exemples.
Et même si je n’ai pas adhéré à tous ses propos  (la symbolique de la coupe de monde de foot remportée par la France par exemple) ce qu’elle écrit sur les religions et la place de la femme ( et de son corps) sonne juste et percute.  Les impacts  du 11 septembre ou encore la montée du Front national : Abnousse Shalmani  n'a pas froid aux yeux et signe un livre engagé  !

C'est l'ignorance qui fait monter la température des acariâtres, c'est l'ignorance qui est la matière première des barbus. L'ignorance qui est perte de repère, qui est danger, qui est assassin. L'ignorance qui n'est jamais qu'une excuse pour taper plus fort, pour tourner le dos à l'Autre, pour rester enfermé dans des certitudes faciles. (...) Que chacun a toujours la tentation de piocher dans son ignorance pour clamer sa vérité.

Les billets de Delphine, Keisha

vendredi 1 janvier 2016

Bonjour 2016 !

Si je regarde dans le rétroviseur, j'ai été (et je suis encore) marquée par les événements qui ont eu lieu comme beaucoup de monde. Et sur le plan personnel, ça n'a pas été toujours facile ce qui explique en partie aussi ma grande pause. Mais l'amitié très forte de certaines personnes qui me sont chères a toujours été présente. Une amitié qui vous aide, vous donne du punch, vous soutient et ça, c’est immensément beau et précieux.

Côté lectures, j’ai eu beaucoup d’abandons (ils augmentent chaque année) mais aussi et heureusement, des livres m'ont fait sourire ou rire, d'autres m'ont interpellée et certains ont coulé sur moi sans m’atteindre (hélas). Et il y a les lectures de pur bonheur ! Celles-là restent gravées à jamais. Il me reste encore une petite quarantaine de chroniques à rapatrier mais je ne me mets aucune contrainte pour le blog.

Je vais continuer à appliquer la devise Carpe diem : prendre soin de moi et surtout de ma santé, profiter des miens, nager et croire toujours au pouvoir des mots.

Alors simplement, je vous souhaite de la gaieté, des fous rires, de la fantaisie pour balayer le terne, de l'amitié, de l’amour, de beaux échanges et de très belles lectures pour 2016!

Port de Commerce à Brest vu de la rade ( photo prise cet été)

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