Editeur : éditions Super 8 - Date de parution : Août 2015 - Traduit de l’anglais (Etats-unis) par Emilie Didier - 311 pages addictives.
Journaliste et également écrivain en panne, Adam Langer revoit par hasard un auteur qu'il avait interviewé quelques années auparavant : Conner Joyce auteur de polars à succès.. Les deux hommes ne sont pas que ce qu'on pourrait appeler des amis mais Conner choisit Adam comme confident. Conner a reçu une proposition contre un gros paquet d'argent : écrire un seul et unique livre pour un commanditaire. Ce dernier lui confie que des grand noms ont accepté avant lui : Salinger ou Thomas Pynchon par exemple. Evidemment Conner ne doit en parler à personne et écrire un livre à la hauteur de ce que on lui demande.
Premier coup de canif au contrat : il en parlé à Adam qui ressent une forme de jalousie.
Ce roman à tiroirs nous entraine dans une zone où la frontière entre réalité et fiction sont poreuses. L'appât du gain causera bien des torts en tout genre et les réflexions sur le rôle de l'écrivain et de ses attentes sont l'un des points forts de ce livre.
Très habilement mené, Adam Langer entretient une tension telle qu'on ne lâche pas ce livre. J'ai juste un bémol pour la fin mais je ne boude pas mon plaisir.
vendredi 4 mars 2016
jeudi 3 mars 2016
Delphine Roux - Kokoro
Editeur : Philippe Picquier - Date de parution : Août 2015 - 128 pages et une belle découverte !
A l'adolescence, Seki et son frère Koichi se sont retrouvée brutalement orphelins. Seki s'est nichée dans le travail et la performance. Mariée et mère de deux fillettes, elle mène une vie ordonnée où l'imprévu n'a pas sa place. Koichi est son opposé. Il se satisfait de peu, se réfugie dans ses souvenirs d'enfance et rend visite régulièrement à sa grand-mère à la maison de retraite. Quelquefois, Seki apparait dans la vie de son frère pour surveiller, faire des remarques qui glissent sur Koichi. Il continue de regarder de loin le monde comme en retrait. Mais Seki qui semblait forte sombre dans une dépression et Koichi va l'aider tout en surmontant ses propres peurs.
Narré par Koichi, ce roman découpé en courts chapitres se lit avec bonheur. La reconstruction, la relation frère-soeur, les faux bonheurs préfabriqués sont quelques uns des thèmes abordés. Un premier roman servi par une écriture où chaque mot est pesé avec un sens de la formulation qui m'a touchée et séduite. Pas de guimauve, un rythme enveloppant, de la finesse et beaucoup de délicatesse. Une belle découverte !
Dernièrement, j’ai été titularisé. La sécurité de l’emploi. Cette sécurité là.
A l'adolescence, Seki et son frère Koichi se sont retrouvée brutalement orphelins. Seki s'est nichée dans le travail et la performance. Mariée et mère de deux fillettes, elle mène une vie ordonnée où l'imprévu n'a pas sa place. Koichi est son opposé. Il se satisfait de peu, se réfugie dans ses souvenirs d'enfance et rend visite régulièrement à sa grand-mère à la maison de retraite. Quelquefois, Seki apparait dans la vie de son frère pour surveiller, faire des remarques qui glissent sur Koichi. Il continue de regarder de loin le monde comme en retrait. Mais Seki qui semblait forte sombre dans une dépression et Koichi va l'aider tout en surmontant ses propres peurs.
Narré par Koichi, ce roman découpé en courts chapitres se lit avec bonheur. La reconstruction, la relation frère-soeur, les faux bonheurs préfabriqués sont quelques uns des thèmes abordés. Un premier roman servi par une écriture où chaque mot est pesé avec un sens de la formulation qui m'a touchée et séduite. Pas de guimauve, un rythme enveloppant, de la finesse et beaucoup de délicatesse. Une belle découverte !
Dernièrement, j’ai été titularisé. La sécurité de l’emploi. Cette sécurité là.
mardi 1 mars 2016
Karine Silla - Autour du soleil
Editeur : Plon - Date de parution : Janvier 2016 - 280 pages qui laissent une trace durable.
Louise n’est pas heureuse dans sa vie. Un homme qu’elle a épousé sans amour, une enfant Marie de trois ans avec qui elle se sent comme une étrangère. Lors d’un trajet en train, elle rencontre un homme qui vit au Vietnam. Pourquoi ne pas se donner la chance de vivre le bonheur ? Ce qui pourrait être irréfléchi, insensé se produit. Elle décide de tout quitter pour suivre cet homme. Si au Vietnam, c’est une seconde naissance pour elle, jamais elle ne parle de sa fille à non nouvel époux. Un mensonge ou un secret. ce silence la ronge lentement.
"Ma vie, avec un mari et deux enfants, est bien rangée dans un monde où les sentiments sont clairs et où les gens qui s'aiment ne se mentent pas."A trente-cinq ans, Marie jeune femme active, mariée à Samuel et mère de deux filles apprend que sa mère l’a abandonnée. Son père lui avait toujours dit qu’elle était morte et le mari de Louise lui apprend cette vérité. Sa mère est désormais décédée et elle a un demi-frère. Elle préfère fuir ce qu’elle entend "Je n'étais plus la fille de sa femme. Il avait perdu des heures à faire suivre la mauvaise personne. Les âmes ne sont pas comme les vases que l'on recolle". Comment son père a pu lui mentir alors qu’il était au courant ? Pourtant, elle ne dit rien à Samuel. Ils partent en vacances dans le sud de la France chez Georges et sa compagne. Georges l’ancien professeur de fac de Samuel dont ce dernier est comme le fils spirituel. Pourtant Georges est père d’un garçon dont il ne parle jamais, plus ou moins brouillé avec lui, et ce dernier va s’inviter lors de ces vacances. Marie s'interroge bien évidemment sur sa mère mais aussi sur son père et sur son propre couple.
Si j’avais trouvé froid, impersonnel et sans grand intérêt le premier roman de Karine Silla (Monsieur est mot), celui-ci est magnétique malgré quelques défauts et des petites maladresses dans la construction (la partie consacrée aux vacances traîne un peu en longueur avec trop de personnages). Mais les émotions sont bien présentes, réelles, troublantes avec des réflexions qui surgissent entre les lignes.
Même s’il n’est pas parfait, ce roman sur la filiation, sur la construction de soi, sur nos rapports aux autres, sur les non-dits et/ou les mensonges, laisse une trace durable une fois terminé ( je l'ai lu il y a 2 ou 3 semaines).
Et ce point est suffisamment important à mes yeux pour que je parle de cette lecture. Sans oublier l'écriture de Karine Silla : sensible mais sans excès et solaire.
Quitte à me répéter, vraiment, ce livre possède quelque chose. Une auteure à suivre !
Louise n’est pas heureuse dans sa vie. Un homme qu’elle a épousé sans amour, une enfant Marie de trois ans avec qui elle se sent comme une étrangère. Lors d’un trajet en train, elle rencontre un homme qui vit au Vietnam. Pourquoi ne pas se donner la chance de vivre le bonheur ? Ce qui pourrait être irréfléchi, insensé se produit. Elle décide de tout quitter pour suivre cet homme. Si au Vietnam, c’est une seconde naissance pour elle, jamais elle ne parle de sa fille à non nouvel époux. Un mensonge ou un secret. ce silence la ronge lentement.
"Ma vie, avec un mari et deux enfants, est bien rangée dans un monde où les sentiments sont clairs et où les gens qui s'aiment ne se mentent pas."A trente-cinq ans, Marie jeune femme active, mariée à Samuel et mère de deux filles apprend que sa mère l’a abandonnée. Son père lui avait toujours dit qu’elle était morte et le mari de Louise lui apprend cette vérité. Sa mère est désormais décédée et elle a un demi-frère. Elle préfère fuir ce qu’elle entend "Je n'étais plus la fille de sa femme. Il avait perdu des heures à faire suivre la mauvaise personne. Les âmes ne sont pas comme les vases que l'on recolle". Comment son père a pu lui mentir alors qu’il était au courant ? Pourtant, elle ne dit rien à Samuel. Ils partent en vacances dans le sud de la France chez Georges et sa compagne. Georges l’ancien professeur de fac de Samuel dont ce dernier est comme le fils spirituel. Pourtant Georges est père d’un garçon dont il ne parle jamais, plus ou moins brouillé avec lui, et ce dernier va s’inviter lors de ces vacances. Marie s'interroge bien évidemment sur sa mère mais aussi sur son père et sur son propre couple.
Si j’avais trouvé froid, impersonnel et sans grand intérêt le premier roman de Karine Silla (Monsieur est mot), celui-ci est magnétique malgré quelques défauts et des petites maladresses dans la construction (la partie consacrée aux vacances traîne un peu en longueur avec trop de personnages). Mais les émotions sont bien présentes, réelles, troublantes avec des réflexions qui surgissent entre les lignes.
Même s’il n’est pas parfait, ce roman sur la filiation, sur la construction de soi, sur nos rapports aux autres, sur les non-dits et/ou les mensonges, laisse une trace durable une fois terminé ( je l'ai lu il y a 2 ou 3 semaines).
Et ce point est suffisamment important à mes yeux pour que je parle de cette lecture. Sans oublier l'écriture de Karine Silla : sensible mais sans excès et solaire.
Quitte à me répéter, vraiment, ce livre possède quelque chose. Une auteure à suivre !
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