samedi 30 avril 2016

Que de rencontres en avril !

Avril fut riche en rencontres !
Eric Fottorino habitué de Dialogues est venu parler de Trois jours avec Norman Jail, toujours aussi intéressant dans ses propos et il m’a impressionnée par sa mémoire ( car il se souvenait de moi).
Puis, j’ai rencontré l’autrice (*) Camille Laurens invitée pour son roman Celle que vous croyez. Deux écrivains  passionnants !

Dame Philisine (des Hauts de France), Gwénaelle et Fransoaz sont venues me voir à Brest : papotages, gourmandises et rires au programme !

Mai s'annonce joliment avec Maylis de Kerangal ( l’écouter est toujours un plaisir) et Sorj Chalandon que j’ai été raté à deux reprises.
Et sans oublier les 40 ans de Dialogues le 23 mai ! Au programme, un débat animé par Hervé Hamon sur « Qu’est-ce qu’une librairie ? Qu’en attend-on aujourd’hui ?" suivi d'un cocktail dînatoire offert par Dialogues à ses clients lecteurs avec la présence de très nombreux auteurs.

En juin, ça va être plus que génial et grandiose ( je vous en parlerai plus tard mais sachez qu’il y a du Miossec sur scène à Brest et la venue d'une très, très grande autrice).

Quand je vous dis que la vie est belle à Brest, vous me croyez ?

 (*) : merci  Cuné, ci-joint l'article


Bibi de dos à discuter avec Camille Laurens

Eric Fottorino toujours souriant !

vendredi 29 avril 2016

David Foenkinos - Le mystère Henri Pick

Éditeur : Gallimard - Date de parution : Avril 2016 - 286 pages plaisantes et agréables.

A Crozon (pointe du Finistère), Jean-Pierre Gourvec, bibliothécaire, décide de créer une bibliothèque des manuscrits refusés par les maisons d’édition. Seule obligation : les écrivains devront venir à Crozon déposer leur écrit en mains propres. Avant sa mort, il fait promettre à Magali son assistante de poursuivre son œuvre. Delphine Despero jeune éditrice chez Grasset à l’avenir prometteur se rend en vacances chez ses parents comme tous ans à Morgat (commune avoisinante de Crozon) accompagnée de son fiancé dont le premier livre publié vient d’être un échec cuisant. Quand elle entend parler de cette bibliothèque, sa curiosité la pousse à s‘y rendre. Et elle découvre un bijou signé par un certain Henri Pick.

Qui est ce Henri Pick ? Il ne faut pas chercher très loin, il s’agit de l’ancien patron d’une pizzéria (depuis convertie en crêperie) à Crozon mais qui est décédé. Sa veuve Madeleine a du mal à croire que son mari qui n’aimait pas lire (même le journal local) ait pu écrire un roman. Mais comme lui suggèrent Delphine et son compagnon chacun a des secrets. Le monde de l’édition s’agite, chez Grasset on se félicite par avance et bien entendu les journalistes ne sont pas en reste. Chacun veut en savoir plus sur Henri Pick. Le succès est phénoménal et les ventes explosent. Madeleine n’accorde qu’une seule interview et François Busnel de La Grande Librairie se déplace à Crozon. Mais seul Jean-Michel Rouche critique littéraire sur le déclin s’obstine à croire que Pick ne soit pas l’auteur. Et il mène l’enquête.

A la manière des jeux de dominos, le livre d’Henri Pick va interférer dans la vie de plusieurs personnes. A Crozon,  les touristes affluent et la bibliothèque ne désemplit pas car chacun (ou presque) possède un manuscrit au fond d’un tiroir. De sa fille Joséphine dépressive depuis que son mari  l’a quittée il y a des années à Magali la bibliothécaire, tous seront impactés par ce livre.

Je me suis laissée embarquer dans ce roman rondement mené avec le sourire aux lèvres. Avec  un petit côté malicieux agréable, David Foenkinos inclue des personnages contemporains (on retrouve donc des auteurs et des journalistes connus) et nous offre des  réflexion souvent saupoudrées d'humour sur l'écriture, le roman  et le monde de l'édition.
Une histoire plaisante et sympathique mais qui ne me laissera pas un souvenir impérissable.

Les billets de Cuné, l'IrrégulièreLeiloona, Stéphie

Lu de cet auteur : La délicatesse ( mais pas de billet)

Une chose est certaine :  l'enthousiasme et la passion de Gourvec pour sa bibliothèque n'ont jamais faibli. Il recevait avec une attention particulière chaque lecteur, s'efforçant  d'être à l'écoute pour créer un chemin personnel à travers les livres proposés. Selon lui, la question n'était pas d'aimer ou de ne pas aimer lire, mais plutôt de savoir comment trouver le livre qui vous correspond. Chacun peut adorer la lecture, à condition d'avoir en main le bon roman, celui qui vous plaira, qui vous parlera, et dont on ne pourra pas se défaire. 

Les lecteurs se retrouvent toujours d'une manière ou d'une autre dans un livre. 
Lire est une excitation totale égotique. On cherche inconsciemment ce qui nous parle. Les auteurs peuvent écrire les histoires les plus farfelues ou les plus improbables, il se trouvera toujours des lecteurs pour leur dire : "C'est incroyable, vous avez écrit ma vie !"

jeudi 28 avril 2016

Chahdortt Djavann - Les putes voilées n'iront jamais au Paradis !

Editeur : Grasset- Date de parution : Abril 2016 - 205 pages uppercut !

Dans plusieurs  villes d’Iran, des  femmes ont été retrouvées étranglées avec leur tchador. Toutes ces femmes avaient en commun de se prostituer. Car oui, dans ce pays ultra-religieux où « les femmes sont les biens des hommes de leur famille et elles restent jusqu'à leur mort sous tutelle masculine », la prostitution existe  et est  une économie parallèle. Les risques vont jusqu'à la mort car « En Iran, homosexuels et prostituées sont condamnés à la peine de mort ». Les mollahs fixent les lois « qui écrasent les femmes, leurs dérobent leurs droits les plus élémentaires et les définissent comme des sous-hommes » et savent en tirer parti. Ainsi, les journaux mentionneront des femmes éliminées : « le mot "éliminées" évitait soigneusement le terme "assassinées" , qui pouvait heurter les plus farouches des fanatiques. L'assassinat est condamnable selon la charia, tandis que l'élimination de fessad* est le devoir de chaque musulman." (*: le fessad : mot persan d'origine arabe, signifie la corruption, la perversion, la débauche, ici la prostitution.)

Si Chahdortt Djavann donne la parole à ces femmes privées de mots et assassinées parce qu’elles se prostituaient ( (un fait qui s'est réellement produit), avec Zhara et Soudabeb, elle nous raconte la vie future de ces fillettes. Des enfants avec des rêves mais qui  trop tôt les verront anéantis parce qu’elles sont des filles et parce qu’elles sont belles.
Sans utiliser la langue de bois, avec un ton direct et parfois très cru, l’auteur dénonce l’hypocrisie, le sort réservé aux femmes et en particulier à celles qui se prostituent. Mais elle parle également à travers elles du désir, de l’envie et de la jouissance physique. Et ce avec beaucoup de sensualité comme un joli pied de nez aux mollahs.

Durant cette lecture, j’ai été écoeurée et scandalisée. Comment ne pas l’être ?
Un livre uppercut qui fait mal mais soulève un des pans du tchador en Iran.

Le billet de Joëlle
Sur ce blog également : Je viens d'ailleurs

La vie humaine est tarifée par les mollahs. Prix fixe. Non négociable. Celle d'une bonne musulmane vaut la moitié de celle d'un bon musulman. Ne cherchez pas comprendre, c'est comme ça. Une vie d'homme a deux fois plus de valeur que celle d'une femme, de même que son témoignage équivaut aux témoignages de deux femmes… 

Le tchador s'entrouve à nouveau, le temps d'un clin d'œil. La Peugeot freine et s'arrête à sa hauteur. Le tchador s'empresse et monte à l'arrière. Voilà à quoi peut ressembler la prostitution dans une des villes les plus religieuse et traditionnelles d'Iran. Ces femmes en tchador doivent être totalement invisibles – comme il se doit – et provocantes : ne pas se faire remarquer par les agents de la morale islamique et attirer les éventuels client. Tâche ardue et contradictoire. Elle porte le hijab le plus sévère et parviennent à se prostituer sans montrer la plus infime parcelle de leur corps. Du grand art !
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