Éditeur : Gallimard - Traduit du danois par Alain Gnaedig - Date de parution : Janvier 2016 - 404 pages et un livre plus que touchant !
En décrivant trois moments importants l’adolescence, la quarantaine et enfin ses soixante-ans, le narrateur revient sur sa vie.
A dix-huit ans, il se passionne pour Marx "Le matin, mes yeux commençaient par se poser sur le prophète barbu tout la photo était punaisée sur le mur incliné à côté de celle de Jimy Hendrix" et il "n’a pas de temps à perdre" avec la littérature. En classe de terminale alors que sa mère décède d'un cancer, il se lie avec Erika la fille de sa professeur d’allemand qui lui a donné le goût et l'amour des livres. Pour elle, il se rend à Berlin mais leur histoire ne durera pas. Marié, c'est également un enseignant dévoué et passionné. Divorcé et devenu quarantenaire, sa fille Julie vient le voir régulièrement à Copenhague. Il sort avec Benedicte une collègue mais sans s’aventurer sur le terrain des engagements. L'arrivée d'un jeune garçon Serbe en classe de troisième le pousse en dehors de ses habitudes. Il l'héberge provisoirement et a une aventure avec sa mère. Les deux disparaîtront sans laisser d’adresse. Devenu grand-père, il ne veut pas fêter ses soixante ans et à la place part pour Rome. Au hasard d’une rue, il rencontre une jeune fille photographe de l’âge de sa fille avec laquelle il voyage dans le sud de l’Italie.
C’est le portait d’un homme assez solitaire tout en finesse et en pudeur qui nous est dépeint. Cet homme regarde par dessus son épaule avec une tendre mélancolie. Et toutes ces femmes, avec en premier lieu sa mère, ont influencé son existence, ses décisions ou ses non-choix. Mais jusqu'à quel point ? Bien sûr, il a des regrets (ce qui est normal) mais jamais il ne s’appesantit dessus.
Son engagement pour l’accessibilité à la culture pour tous, le cadre du petit bourgeois dans lequel il s’est senti enfermé et dont il a voulu sortir, le regard qu’il pose sur mon métier "Je suis un figurant qui voit passer chacun en route vers son histoire" en font un homme profondément attachant.
Un superbe roman tout en justesse avec beaucoup de délicatesse qui ne bouscule pas son lecteur mais l'enveloppe de douceur en nous racontant la vie, le couple, l'amour, la solitude, les petits et grands changements à travers le temps qui passe.
J'ai été plus que touchée !
Le présent est un lieu impossible que l'on ne peut pas fouler, parce qu'il avance sans cesse sous nos pieds. Il n'a de réalité que comme maillon dans une métamorphose permanente, un continuum où, en revanche, il ne perd jamais sa réalité.
Se souvenir, c'est raconter ce qui a été. Dans la langue, c'est toujours là. C'est présent en tant que ce qui a été, ce qui peut être raconté.
Les billet de Jérôme, Krol.
vendredi 29 juillet 2016
mercredi 27 juillet 2016
Grace Metalious - Peyton Place
Éditeur : 10-18 - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean Muray - Date de parution : Mai 2016 - 692 pages qu'on ne voit pas pas défiler
Etats-Unis, Nouvelle-Angleterre, 1940. Peyton Place est une de ces nombreuses villes bien tranquilles en apparence. C’est peut-être pour cette raison que Constance McKenzie s’y est installée officiellement en tant que veuve. Après avoir vécu à New-York où elle a entretenu une liaison avec un homme marié, elle est bien décidée à ce que personne ne ne sache la vérité sur la paternité de sa fille Allison. Cette dernière ignore tout du passé de sa mère. Allison aime passer du temps avec son amie Selena Cross dont le beau-père alcoolique est un homme violent. Elle habite les quartiers peu fréquentables de la ville rongés par la misère et la pauvreté. Selena a des responsabilités comme veiller sur son petit frère car leur mère a perdu plus ou moins la tête. Et Constance voit d’un mauvais œil l’amitié des deux filles.
Se déroulant sur plusieurs années, on suit Allison et Selena à l’adolescence avec leurs espoirs et leurs rêves jusqu’à l’âge adulte. Douce rêveuse, Allison admire le père qu’elle n’a pas connu et beaucoup de monde se demande pourquoi sa mère ne se remarie pas tandis que Selena attire les regards masculins (et pas que des garçons de son âge). Le conseil d’administration de la ville voudrait faire disparaitre les taudis, les notables souhaitent de bons mariages pour leur progéniture et chacune des deux églises prêche pour la bonne parole. Mais si ce roman paru en 1956 fit un scandale et fut jugé comme un "brûlot" c'est qu'il aborde d'autres thèmes : inceste, viol, avortement (à l’époque condamné) hypocrisies, mensonges, … Grace Metalious a osé écrire ce qui d’habitude était passé sous silence et à travers ses trois héroïnes, elle offre une liberté sexuelle aux femmes.
Etoffé par des personnages secondaires très bien détaillés également, ce roman possède un charme certain (avec des personnages creusés) et certains des sujets comme la les classes sociales défavorisées sont toujours d’actualité. La postface d’Ardis Cameron permet de nous situer dans le contexte de l’époque et de comprendre combien et pourquoi ce roman fit grand bruit.
Il ne faut pas être effrayé par le nombre de pages qui se tournent avec intérêt et avidité !
Mais, entre les habitants d'une grande ville et celui d'une petite, il y a une différence fondamentale : le premier est moins apte à inventorier le contenu du placard de son voisin. Il y a une différence aussi, dans une petite ville, entre un squelette dans un placard et un scandale. Le premier est examiné comme à travers des barreaux pour quelques curieux qui échangent leurs impressions à voix basse. Le second est livré sur la voie publique en pâture à la population toute entière et discuté à grands coups de gueule d'un toit à l'autre.
Etats-Unis, Nouvelle-Angleterre, 1940. Peyton Place est une de ces nombreuses villes bien tranquilles en apparence. C’est peut-être pour cette raison que Constance McKenzie s’y est installée officiellement en tant que veuve. Après avoir vécu à New-York où elle a entretenu une liaison avec un homme marié, elle est bien décidée à ce que personne ne ne sache la vérité sur la paternité de sa fille Allison. Cette dernière ignore tout du passé de sa mère. Allison aime passer du temps avec son amie Selena Cross dont le beau-père alcoolique est un homme violent. Elle habite les quartiers peu fréquentables de la ville rongés par la misère et la pauvreté. Selena a des responsabilités comme veiller sur son petit frère car leur mère a perdu plus ou moins la tête. Et Constance voit d’un mauvais œil l’amitié des deux filles.
Se déroulant sur plusieurs années, on suit Allison et Selena à l’adolescence avec leurs espoirs et leurs rêves jusqu’à l’âge adulte. Douce rêveuse, Allison admire le père qu’elle n’a pas connu et beaucoup de monde se demande pourquoi sa mère ne se remarie pas tandis que Selena attire les regards masculins (et pas que des garçons de son âge). Le conseil d’administration de la ville voudrait faire disparaitre les taudis, les notables souhaitent de bons mariages pour leur progéniture et chacune des deux églises prêche pour la bonne parole. Mais si ce roman paru en 1956 fit un scandale et fut jugé comme un "brûlot" c'est qu'il aborde d'autres thèmes : inceste, viol, avortement (à l’époque condamné) hypocrisies, mensonges, … Grace Metalious a osé écrire ce qui d’habitude était passé sous silence et à travers ses trois héroïnes, elle offre une liberté sexuelle aux femmes.
Etoffé par des personnages secondaires très bien détaillés également, ce roman possède un charme certain (avec des personnages creusés) et certains des sujets comme la les classes sociales défavorisées sont toujours d’actualité. La postface d’Ardis Cameron permet de nous situer dans le contexte de l’époque et de comprendre combien et pourquoi ce roman fit grand bruit.
Il ne faut pas être effrayé par le nombre de pages qui se tournent avec intérêt et avidité !
Mais, entre les habitants d'une grande ville et celui d'une petite, il y a une différence fondamentale : le premier est moins apte à inventorier le contenu du placard de son voisin. Il y a une différence aussi, dans une petite ville, entre un squelette dans un placard et un scandale. Le premier est examiné comme à travers des barreaux pour quelques curieux qui échangent leurs impressions à voix basse. Le second est livré sur la voie publique en pâture à la population toute entière et discuté à grands coups de gueule d'un toit à l'autre.
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| Ma participation au challenge organisé par Brize |
lundi 25 juillet 2016
Viola Veloce - Meurtres à la pause-déjeuner
Éditeur : Liana Levi - Traduit de l'italien par Franchita Gonzalez Batlle - Date de parution : Juin 2016 - 248 pages sympathiques.
En revenant de sa pause-déjeuner, Francesca découvre le corps d’une de ses collègues pendue dans les toilettes de son travail. La vie de Francesca la trentaine passée à Milan se partage entre son travail au département Planification et Contrôle et ses parents chez qui elle dîne trè souvent et une rancœur envers son ex-futur mari (qui accepterait de se faire plaquer la veille de son mariage ? ).
Même si elle n’appréciait pas vraiment sa collègue, Francesca est chamboulée. Et quand un second meurtre se produit dans son service, l’ambiance devient pesante. Quand le présumé meurtrier est lui-même assassiné, la psychose est proche.
Ajoutez-y des parents surprotecteurs avec une mère qui rêve d’un mariage pour sa fille ( et de l la"caser" à tout prix), un directeur obnubilé par le pouvoir, des personnes syndicalisées jusqu'au-boutistes. Mais Francesca a une idée derrière la tête car ses trois défunts collègues avaient un point commun. Le tout est agrémenté d'humour piquant et l'intrigue sert à donner une vision très juste de l'entreprise et des rapports dans la hiérarchie.
Un roman bien sympathique !
Je ne comprends toujours pas pourquoi tous les cas désespérés de la maison échouent dans notre bureau. C'est un peu comme un service de soins palliatifs; après avoir essayé de vous caser partout on vous envoie ici. Il suffit de savoir un peu compter. Et si vous ne savez pas, vous restez quand même, au bain-marie perpétuel comme une crème qui ne prend pas, parce qu'une vieille loi interdit de vous licencier, bien que la direction souhaite vous remplacer par un consultant extérieur extérieur de vingt-cinq ans.
En revenant de sa pause-déjeuner, Francesca découvre le corps d’une de ses collègues pendue dans les toilettes de son travail. La vie de Francesca la trentaine passée à Milan se partage entre son travail au département Planification et Contrôle et ses parents chez qui elle dîne trè souvent et une rancœur envers son ex-futur mari (qui accepterait de se faire plaquer la veille de son mariage ? ).
Même si elle n’appréciait pas vraiment sa collègue, Francesca est chamboulée. Et quand un second meurtre se produit dans son service, l’ambiance devient pesante. Quand le présumé meurtrier est lui-même assassiné, la psychose est proche.
Ajoutez-y des parents surprotecteurs avec une mère qui rêve d’un mariage pour sa fille ( et de l la"caser" à tout prix), un directeur obnubilé par le pouvoir, des personnes syndicalisées jusqu'au-boutistes. Mais Francesca a une idée derrière la tête car ses trois défunts collègues avaient un point commun. Le tout est agrémenté d'humour piquant et l'intrigue sert à donner une vision très juste de l'entreprise et des rapports dans la hiérarchie.
Un roman bien sympathique !
Je ne comprends toujours pas pourquoi tous les cas désespérés de la maison échouent dans notre bureau. C'est un peu comme un service de soins palliatifs; après avoir essayé de vous caser partout on vous envoie ici. Il suffit de savoir un peu compter. Et si vous ne savez pas, vous restez quand même, au bain-marie perpétuel comme une crème qui ne prend pas, parce qu'une vieille loi interdit de vous licencier, bien que la direction souhaite vous remplacer par un consultant extérieur extérieur de vingt-cinq ans.
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