samedi 12 novembre 2016

Rencontres d'Eric Vuillard et de Laurent Mauvignier chez Dialogues

Dialogues nous concocte de belles rencontres au café de la librairie. Fin octobre, Eric Vuillard est venu parler de son nouveau livre 14 Juillet. Et la semaine dernière, c’était au tour de Laurent Mauvignier (auquel je suis fidèle) pour Continuer. J’avais enregistré les questions-réponses mais damned mon portable a eu un petit souci… Donc je vais retranscrire de mémoire et brièvement ces deux rencontres.

Ecrivain et cinéaste, Eric Vuillard dans son nouveau livre s’intéresse au 14 juillet du point de vue de la foule. Il a beaucoup lu sur le sujet et il s’est intéressé à cette émeute populaire sans chef et victorieuse (chose peu fréquente dans l’Histoire). Pour lui, citer les noms (il s’est plongé dans les archives) des gens du peuple était important car ce sont des noms de famille de gens ordinaires.
Eric Vuillard est passionnant et passionné !

Eric Vuillard


Laurent Mauvignier dans son précédent livre Autour du monde parlait du voyage et de la mondialisation. Il avait envie de renouer avec des personnages sur un temps plus long. Ici, le voyage dure plus de trois mois et l’introspection, le paysage sont présents. Ecrire une histoire entre deux générations lui tenait à cœur.  Il n’est jamais allé au Kirghizistan (il s’est renseigné sur ce pays) et pour lui ce qui compte c’est que le lecteur ait le sentiment d’y être. Ce qui l‘intéresse, c’est de parler de l’intimité de ses personnages. Les moments d écriture (principalement la nuit) sont aussi des moments où il n ‘écrit pas et où il accueille les personnages, les situations, les émotions. Pour lui, ce sont les images qui font les personnages (il a visualisé le personnage de Sybille dans son peignoir). Il dépose dans ses romans des situations anecdotiques vécues qu’il appelle ses petits cailloux.
Laurent Mauvignier est un auteur très accessible dont on sent la sensibilité et l'envie d'explorer l'humain.
Une rencontre remplie d'émotions !
Laurent Mauvignier


Merci Laurence, merci Dialogues!

vendredi 11 novembre 2016

Hugo Boris - Police

Editeur : Grasset- Date de parution : Août 2016 - 198 pages et un avis très, très mitigé. 

Trois policiers et une mission qui sort de l’ordinaire en fin de journée. Conduire au centre de rétention de Roissy un homme pour une expulsion du territoire. Dans la voiture, Virginie qui a repris du service après son congé maternité outrepasse ses fonctions et ouvre l’enveloppe contenant le dossier de l'homme. Elle lit que dans son pays le Tadjikistan, il a été torturé. Il est calme et ne dit rien assis à l’arrière. Ses deux autres collègues policiers Erik et Aristide sont plongés dans leurs pensées.

"Il n’y a pas marqué assistante sociale, ni avocate, ni infirmière. Il y a marqué police" sur son uniforme et pourtant Virginie doute de ce qu’ils font. A la rigueur mais la suite, ces trois policiers qui sont prêts à laisser partir cet homme : je n’y ai pas cru un seul instant. Certes, Hugo Boris dépeint parfaitement le quotidien de ces policiers.
La fatigue, le travail peu gratifiant qui colle à la peau où "l’on se prend de plein fouet, sans filtre, tous les problèmes dans lesquels se débat ce pauvre monde". En plus,  on  a l'impression d'être dans cette voiture de police, de ressentir l'atmosphère .
Pour moi, ce sont les seuls points positifs de ce livre. Et je trouve dommage que l'auteur n'ait pas développé le personnage du clandestin.

Le billet de Laure qui renvoie à plein d'autres liens.

Lu de cet auteur : Trois grands fauves

jeudi 10 novembre 2016

Nickolas Butler - Des hommes de peu de foi

Éditeur : Autrement - Traduit de l'anglais ( Etats-Unis) par Mireille Vignol - Date de paeution : Août 2016 - 532 pages sympathiques.

Eté 1962, Nelson treize ans, enfant solitaire,  passe une semaine dans un camp de scouts dans le nord du Wisconsin. Il devient très vite le souffre-douleur des autres scouts et des monteurs loin des valeurs inculqués (la loyauté, le courage, l’entraide). Mais être celui qui sonne du clairon et obtenir des insignes lui suffit car il est quelqu’un de foncièrement bon et d’honnête. 1996, Nelson dirige désormais le camp de Chippewa après avoir combattu au Vietnam. Et son ami Jonathan y emmène son fils Trevor âgé de seize ans. Jonathan veut que son fils qu’il trouve coincé et trop sérieux (il est amoureux au point de d’envisager l’avenir avec sa copine Rachel) profite de la vie. En compagnie de Nelson, il l'entraîne avant le début du camp  dans un club de tripteaseuses. 2019, Nelson est un homme âgé à la santé déclinant toujours responsable du camp. Il a dû céder sur certains points comme Internet pour ne pas mettre la clé sous le porte. Rachel la veuve de Trevor  passe la semaine avec son fils venu à contrecœur.

Ici, Nickolas Butler  ne fait pas l’apologie du scoutisme dans ce roman. Plus subtilement à travers trois générations, il revient sur les valeurs importantes à nos yeux que l’on veut transmettre à nos enfants. Il décrit des pères imparfaits (défaillants, cyniques ou misogynes, menteurs ou trompeurs) ayant été scouts dans leur jeunesse. Le camp lui-même n’est pas exempt de violence et les plus faibles sont persécutés par les plus forts. Nelson et Trevor sont deux personnages loyaux qui tous les s’engageront dans l’armée et y laisseront un lourd tribu comme si c'était la possibilité pour eux. Rachel le seul personnage féminin le plus développé m'a touchée (elle incarne parfaitement la mère seule qui élève son ado de fils du mieux qu'elle peut). Les questions qu’est-ce un bon père, un bon mari, un bon fils et un bon patriote sont abordées mais jamais sans que l’auteur ne fasse la morale et le tout avec une écriture fluide.

Un roman sympathique  plein d’humanité (seul petit bémol : quelques longueurs dans la première partie) avec un petit goût de nostalgie. 

Être un Eagle Scout c'est un peu comme un tambour-major de la fanfare du lycée ou délégué de promo. Totalement inutile.

Les billets d'Eva, HélèneJostein, Sandrine

Lu de cet auteur : Retour à Little Wing
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